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Les destructions suite au cyclone Gamède en février 2007 sur l'île de La Réunion : les aménagements côtiers entièrement détruits par la houle sur le littoral de Saint-Paul (La Réunion, 2007). © BRGM - Ywen de La Torre

Risques côtiers, entre érosion et submersion

15.07.2011
Le BRGM s’investit dans de nombreux projets liés aux risques côtiers, afin d’en comprendre les mécanismes d’érosion et de submersion sous les effets des changements climatiques globaux. Au-delà de ces recherches, le BRGM contribue également au soutien aux politiques publiques.

Drapeau de l'EuropeComment anticiper les événements extrêmes et les impacts des changements climatiques sur le littoral ? L’enjeu est d’importance lorsque l’on songe à la densité de population vivant à proximité des côtes, dont l’attractivité ne cesse de croître. Or les risques sont essentiellement de deux natures : l’érosion côtière (perte de terre) et la submersion.

L’analyse des événements extrêmes : observation puis modélisation

Il s’agit d’en mieux comprendre les mécanismes, notamment sous l’effet des changements climatiques globaux, mais aussi d’apporter un appui aux politiques publiques. Autant d’objectifs que le BRGM poursuit au travers d’un grand nombre de programmes européens et nationaux, voire régionaux. Dans ce contexte, l’un de ses axes de recherche porte sur l’analyse des événements extrêmes, sur la base d’observations puis de la mise au point de modèles. Par exemple, suite à la tempête Xynthia, le BRGM a mené une série d’observations (projet LAC) : sur l’évolution morphologique du littoral vendéen en termes d’érosion, sur les niveaux d’inondation maximum atteints et sur les dégâts induits, l’objectif in fine étant de comprendre les phénomènes qui se sont produits au plus fort de cette tempête.

Acquisition de données télémétriques sur le terrain, après le passage de la tempête Xynthia (2010). © BRGM

Des projets de modélisations pour évaluer les risques

Mais les observations ne valent pas qu’au moment où se produit un événement d’exception : dans le cadre du projet européen Micore (7ème PCRD) par exemple, le BRGM procède régulièrement à des relevés topographiques de plage afin de disposer d’une base de données de référence. En termes de modèles, celui-ci a achevé fin 2010 le projet de service public Arai II dont une partie était consacrée à la submersion : il a notamment été possible de modéliser la submersion due à des houles cycloniques et celle due à des tsunamis provoqués par des scénarios d’effondrements de falaises (archipel des Marquises).

L’impact des changements climatiques sur les vagues

Un second axe des travaux porte plus particulièrement sur l’impact des changements climatiques. Typiquement, dans le cadre d’une thèse en collaboration avec Météo-France, l’équipe du BRGM étudie, par modélisation, l’impact des changements climatiques sur les différents paramètres caractéristiques des vagues (hauteur, direction, période…), ces derniers ayant un rôle majeur dans les processus d’érosion et de submersion. À ce jour, les vagues pour la période 1958-2001 ont été simulées dans le Golfe de Gascogne, et les tendances d’évolution ont été dégagées. L’étape suivante, déjà bien engagée, consiste à réaliser la même simulation mais sur la période 2061-2100, avec différents scénarios d’émissions du GIEC.

Modélisation de l’amplitude d’un tsunami déclenché par un éboulement de falaise sur le littoral d’Iva Oa (Archipel des Marquises). © BRGM

Des projets sur l’évolution du niveau marin

Autres exemples d’étude d’impact des changements climatiques : dans le cadre du projet ANR Miseeva, l’influence de la montée du niveau marin sur la submersion due aux tempêtes est étudiée, tandis que le projet ANR Cecile analyse à l’échelle globale et régionale les évolutions des niveaux des mers et des littoraux, dont les phénomènes d’érosion.

Un soutien aux politiques publiques

Au-delà de ces recherches, le BRGM contribue au soutien aux politiques publiques, notamment dans le cadre de structures telles que le groupe de travail RNACC (Risques naturels, assurances et changement climatique) où son implication a prolongé l’étude réalisée en 2009 sur les coûts potentiels des changements climatiques dans les zones côtières, en Languedoc-Roussillon. En 2010, les résultats ont ainsi été complétés par une quantification des incertitudes sur l’élévation du niveau marin, les données topographiques, les processus géomorphologiques … qui entachaient l’estimation des coûts. À terme, l’objectif est bien de mettre au point des outils d’aide à la décision qui soient utiles aux acteurs publics (ministères, collectivités territoriales, aménageurs…).

 

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34