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Les marmites de géants de Saint-Germain-Joux (Ain, 2007). © BRGM - François Michel

Pressions industrielles et impacts sur les eaux souterraines du Bassin Rhône-Méditerranée

16.07.2015
La présente étude vise à évaluer l’impact des activités industrielles passées et actuelles sur la qualité des eaux souterraines en déployant une approche méthodologique homogène et cohérente sur l’ensemble du bassin Rhône-Méditerranée.

Les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, comptent les zones les plus industrialisées du bassin Rhône-Méditerranée. Parmi ces dernières, cinquante-sept zones ont été étudiées, représentant cinq cent treize sites IC-SP, instrumentés par environ quatre mille cinq cent "qualitomètres" couvrant cinquante-quatre masses d’eau souterraine (MESO).

Le traitement statistique des données sur la qualité des eaux souterraines au droit des zones étudiées a permis d’identifier les substances pour lesquelles un fort pourcentage de points d’eau montrent des dépassements des critères de qualité. 

Afin de qualifier la nature de l’impact par MESO, neuf classes d’impact ont été proposées, liées aux couples "sites potentiellement responsables - substance ou sous-groupes de substances marqueurs d’une dégradation".  419 sites identifiés comme potentiellement responsables se sont vus attribuer une ou plusieurs classes d’impact liées à la présence d’au minimum deux à trois substances.

Ces résultats ont été exploités pour renseigner notamment l’état des lieux des masses d’eaux souterraines au regard des dégradations d’origine industrielle sur le bassin Rhône-Méditerranée.

Cartographie thématique « Pressions industrielles (BASIAS) – Polluant Composés Organiques Halogénés Volatils » © BRGM

Cartographie thématique "Pressions industrielles (BASIAS) - Polluant Composés Organiques Halogénés Volatils". © BRGM

Contexte

La directive fille (Directive pour la protection des eaux souterraines 2006/118/CE) impose de s’intéresser aux "panaches de pollution" résultant de sources ponctuelles et de vérifier qu’ils ne s’étendent pas et ne dégradent pas l'état chimique des masses d’eau. (2000/60/CE).

Objectif

La présente étude vise à évaluer l’impact des activités industrielles passées et actuelles sur la qualité des eaux souterraines en déployant une approche méthodologique homogène et cohérente sur l’ensemble du bassin Rhône-Méditerranée. Cette étude a également pour objectif d’apporter les éléments d’information utiles à la réalisation de l’état des lieux des masses d’eaux souterraines, dans le cadre de l’application de la DCE.

 
Contexte La directive fille (Directive pour la protection des eaux souterraines 2006/118/CE) impose de s’intéresser aux « panaches de pollution » résultant de sources ponctuelles et de vérifier qu’ils ne s’étendent pas et ne dégradent pas l'état chimique des masses d’eau. (2000/60/CE).  Objectif La présente étude vise à évaluer l’impact des activités industrielles passées et actuelles sur la qualité des eaux souterraines en déployant une approche méthodologique homogène et cohérente sur l’ensemble du bassin Rhône-Méditerranée. Cette étude a également pour objectif d’apporter les éléments d’information utiles à la réalisation de l’état des lieux des masses d’eaux souterraines, dans le cadre de l’application de la DCE.

Carte des bassins industriels étudiés sur le bassin Rhône-Méditerranée.

Programme des travaux

L’approche déployée sur le bassin Rhône-Méditerranée comporte cinq phases principales : 

  • Phase 1 : Inventaire des pressions ponctuelles, identification puis délimitation de zones d’étude, appelées « bassins industriels », et collecte des données associées ;
  • Phase 2 : Qualification de l’état des eaux souterraines ;
  • Phase 3 : Qualification de la pression industrielle ;
  • Phase 4 : Synthèse de l’impact à l’échelle du bassin industriel ;
  • Phase 5 : Synthèse à l’échelle du bassin Rhône-Méditerranée.

Il est à noter que les services de l’État ont été impliqués à chacune des étapes clefs du processus. En cours d’étude, un certain nombre d’inflexions méthodologiques se sont révélées nécessaires, afin de renforcer la robustesse des diagnostics et de mieux répondre aux exigences des utilisateurs finaux des résultats. Ces optimisations ont porté sur : la sélection et délimitation des bassins industriels, l’outil de traitement statistique des données qualité des eaux souterraines, ainsi que la méthode de qualification de l’impact.

Cette étude a concerné l’ensemble des régions constituant le bassin Rhône-Méditerranée.  

Résultats obtenus

Cinquante-sept bassins industriels ont été étudiés dans l’emprise de l’action. Les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les plus industrialisées, comportent un nombre important de bassins concernés. A contrario, la région Languedoc-Roussillon, au faible tissu industriel, comporte un nombre réduit de bassins. Ces cinquante-sept bassins représentent cinq cent treize sites IC-SP, instrumentés par environ quatre mille cinq cents «qualitomètres», et couvrent cinquante-quatre masses d’eau souterraine (MESO). 

Le traitement statistique des données qualité des eaux au droit des zones étudiées, disponibles sous ADES, a permis d’identifier les substances pour lesquelles un fort pourcentage de points d’eau présentent des dépassements des critères de qualité des eaux. Il s’agit essentiellement des composés organiques halogénés volatiles (COHV) (incluant notamment les solvants chlorés), des dérivés du benzène (benzène, toluène, xylène et dérivés chlorés du benzène), des hydrocarbures à chaînes aliphatiques et à chaînes aromatiques, des hydrocarbures aromatiques cycliques (HAP), des métaux s.l. (arsenic et plomb principalement), et des produits phytosanitaires (fongicides et pesticides). D’autres substances ont été répertoriées, telles que les sulfates, les chlorures, le chlorure d’ammonium, les solvants polaires, etc. Sur l’ensemble du bassin Rhône-Méditerranée, on observe des dépassements récents en métaux, en hydrocarbures, en COHV et en dérivés du benzène dans environ 65% des bassins industriels. 

La qualification des pressions a permis d’identifier quatre cent dix-neuf sites potentiellement responsables d’un impact sur les ESO. Le nombre de sites potentiellement responsables identifiés dans chaque région est significatif du caractère plus ou moins "industriel" de celle-ci. Afin de qualifier la nature de l’impact par MESO, neufs classes d’impact ont été associées  aux couples "sites potentiellement responsables - substance ou sous-groupes de substances marqueurs d’une dégradation". Ainsi, environ mille classements en situation d’impact ont été attribués sur l’ensemble du bassin Rhône-Méditerranée.  Cela signifie qu’en moyenne, sur l’ensemble des quatre cent dix-neuf  sites identifiés, deux à trois substances ont fait l’objet d’une classe d’impact par site potentiellement responsable. Pour la grande majorité des sites, les classes d’impact proposées les plus pénalisantes sont les classes C3 et C2 (35% des sites) et B2 (16% des sites). 

Matrice de classes d’impact

Matrice de classes d’impact.

Elles correspondent aux sites pour lesquelles une pression sur les ESO est avérée (C2 et C3) ou incertaine (B2). Les classes d’impact A1 et A2 représentent de 4 à 5 % des sites où la pression est maitrisée ou absente. Enfin, les classes d’impact A3, B1, B3, C1 s’avèrent peu ou pas usitées.

Les résultats ont été utilisés par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse dans le contexte de la Directive Cadre sur l’Eau. Ils ont permis de renseigner, notamment, l’état des lieux des masses d’eaux souterraines au regard des dégradations d’origine industrielle sur le bassin Rhône-Méditerranée. Onze MESO ont été identifiées à Risque de Non Atteinte des Objectifs Environnementaux (RNAOE), au regard des pressions ponctuelles d’origine industrielle. Les éléments de l’étude ont aussi été pris en compte par la Délégation de bassin dans l’élaboration du Programme de Mesures (PDM) et du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE). Notamment, dans le PDM, les DREAL ont identifié des mesures types pour chaque couple "site-substance" et les ont inscrites pour chaque site industriel concerné.

Partenaires 

Agence de l’eau Rhône Méditerranée  Corse, DREAL de Bassin Rhône-Alpes et Unités territoriales du bassin Rhône Méditerranée.

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34