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Bâtiments de Port-au-Prince détruits lors du séisme qui a ravagé Haïti en janvier 2010 (2010). © BRGM - Jean-Marc Mompelat

Des microzonages sismiques en Haïti

25.08.2015
À Port-au-Prince, capitale de la République d’Haïti touchée par un séisme dévastateur le 12 janvier 2010, le BRGM a achevé en 2013 la réalisation d’un microzonage sismique. Objectif de la démarche, également engagée dans les villes du nord de l’île depuis 2012 : catégoriser les zones urbaines en fonction de leur niveau de danger afin d’accompagner la reconstruction et la planification de l’aménagement du territoire.

Réduire   la    vulnérabilité des  zones urbaines exposées aux tremblements de  terre ; identifier les zones où des effets de  site importants peuvent survenir et prendre en compte les mouvements de terrain et la liquéfaction des sols, pour aboutir à une catégorisation par  secteurs géologiques et/ou topographiques homogènes en fonction de leur niveau de danger... telle est l’ambition des microzonages sismiques.

Cette démarche est  familière au  BRGM, qui  en a développé la méthodologie aux Antilles françaises, en République dominicaine, ou  encore en Iran  (projet sur financement de la Banque mondiale, en 2009).

Construction parasismique d'un bâtiment public (ministère du Commerce) dans le cadre de la reconstruction de la zone de Port-au-Prince affectée par le séisme du 12 janvier 2010.

"Notre intervention sur  la zone métropolitaine de Port-au-Prince, explique Didier Bertil, co-responsable du projet à la direction Risques et Prévention du BRGM, s’est déroulée entre 2011 et 2013, dans  le cadre d’un accord  de coopération entre le BRGM et l’État haïtien, au travers de deux institutions du ministère des  Travaux publics, des  Transports et des  Communications  (MTPTC) qui sont le Laboratoire national du  bâtiment et des travaux publics (LNBTP) et le Bureau des mines et de l’énergie (BME). Ce projet a été financé par le Trésor public d’Haïti via le ministère de la Planification et de la Coopération externe. Outre des travaux visant la réalisation du microzonage de la zone urbaine, soit environ 80 km2, le projet comportait un large volet de formation et de transfert de technologies à destination des géologues, géophysiciens, et géotechniciens locaux".

D'importantes campagnes de mesures

La carte géologique d’Haïti au 1/250 000 (1988) et les connaissances du BRGM sur le contexte sismo-tectonique régional constituant les  seules sources d’information initiale des équipes franco-haïtiennes, un travail très lourd d’acquisitions de données de base a été conduit.

Mesure géophysique MASW face à la cité administrative de Cap-Haïtien (par le LNBTP avec présence de la presse locale).

Après la collecte des informations existantes et leur géoréférencement au sein d’un Système d’information géographique (SIG), une cartographie géologique à 1/25 000 impliquant de nombreuses reconnaissances de terrain a été réalisée, tandis que se déroulaient d’importantes campagnes de mesures géophysiques et géotechniques.

"De nombreuses observations de terrain ont également été faites afin de déterminer la relation entre les dommages constatés, le type de constructions affectées et la nature des sols. Ces éléments sont déterminants dans  la démarche de microzonage qui, au final, a pour  objet  de déterminer, en fonction de la réponse des sols à l’événement sismique, le mode de construction : quels matériaux, quelle  profondeur de fondations… et le type de bâtiments : hôpital, école, entrepôt… qui peuvent ou non,  être implantés dans telle ou telle zone".

Vers l'autonomie des équipes Haïtiennes

Une démarche similaire à celle conduite à Port-au-Prince a été  engagée au  nord d’Haïti, la ville de Cap-Haïtien (40 km2) et quatre autres communes (Ouanaminthe, Fort  Liberté, Port-de-Paix et Saint-Louis-du-Nord). Financé par  le programme des Nations Unies pour le développement dans le cadre de son « Plan Nord », cette extension de la collaboration entre le BRGM et le MTPTC doit s’achever début 2015.

Dans cette zone non touchée par  le séisme de 2010 mais potentiellement très exposée, l’objectif est le même que dans la capitale : fournir aux pouvoirs publics, aux aménageurs, aux ingénieurs structure, aux architectes… le  microzonage sismique des zones à risque, utilisable pour la reconstruction de zones détruites en cas de séisme et, de manière préventive, les éléments de décision pour une politique d’aménagement du territoire prenant en compte les risques naturels.

Microzonage sismique de Cap-Haïtien. Carte d'aléa liquéfaction.

"Nous avons contribué à élargir substantiellement les connaissances et les compétences techniques de nos partenaires haïtiens du LNBTP et du BME, ainsi que d’autres scientifiques locaux, y compris pour la transposition locale de la réglementation parasismique nationale. Leurs équipes sont désormais en mesure de conduire de manière autonome des études de microzonage sismique dans d’autres parties du pays, aidées en cela par les équipements de mesures géophysiques spécifiquement acquis  pour  le LNBTP dans le cadre de ce projet".

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34