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La Pointe Lézarde, un site d'exploitation de la géothermie très prometteur, au Nord de la baie de Bouillante (Guadeloupe, 2002). © BRGM - Bernard Sanjuan

Impacts géotechniques et hydrauliques de l’élévation du niveau marin dans le contexte urbain côtier de la région de Pointe-à-Pitre

01.09.2013
L’élévation du niveau de la mer lié au changement climatique aura, entre autres, pour conséquence la stagnation d’eau de mer dans les plaines côtières, entraînant la mauvaise tenue des matériaux formant les sols. Les infrastructures littorales sont ainsi susceptibles d’être endommagées.

De nombreuses zones basses urbanisées sont concernées, notamment la zone de Pointe-à-Pitre / Jarry qui concentre un grand nombre d’enjeux divers. Une modélisation de différentes zones ennoyées d’ici 2100 a pu être réalisée à partir d’un Modèle Numérique de Terrain. La réalisation d’une carte géologique homogène a permis de reconnaître les ensembles lithologiques et géotechniques les plus sensibles à l’élévation future du niveau marin. Enfin, l’étude a mis en évidence que les désordres généraux sont principalement liés à une élévation du toit de la nappe ou à une  mise en présence de structures avec l’eau salée. Les points les plus vulnérables ont été cartographiés.

Le réseau électrique HTB en bordure de la Rivière Salée. © BRGM

Contexte

Cette étude, financée par la DEAL et le BRGM a été réalisée dans le contexte de l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique.

Objectifs

Cette étude a pour objectif de présenter les conséquences géotechniques et hydrauliques de l’élévation du niveau marin lié au changement climatique à l’horizon 2100 dans la zone de Pointe-à-Pitre et sa périphérie. Elle doit permettre d’identifier les problèmes susceptibles de se poser et a pour ambition de sensibiliser les élus.

Programme des travaux

Le projet se décline en cinq étapes :

  • synthèse des différents scenarii et hypothèses d’élévation du niveau de la mer à l’horizon 2100 ;
  • délimitation et caractérisation des zones lithologiques homogènes au sein des secteurs à potentiel économique important ;
  • enquête auprès des différents maîtres d’ouvrage et des opérateurs de réseaux afin d’inventorier les éventuels problèmes déjà existants ;
  • caractérisation du degré de prise en compte de l’élévation de la mer dans les projets de construction actuels ;
  • formulation de recommandation pour affiner le diagnostic et réduire les effets dommageables de l’élévation du niveau de la mer.

Résultats

A partir d’une étude bibliographique, l’élévation du niveau de la mer dans la région pointoise a été estimée à 50 cm d’ici à 2060 et à 80 cm à l’horizon 2100.

A l’aide d’un Modèle Numérique de Terrain (MNT) local et de la connaissance de la géométrie de la nappe, il a été possible de déterminer les zones qui seront systématiquement ennoyées d’ici 2100 : il s’agit des terres basses situées le long de la Rivière-Salée.

D’un point de vue géologique, les ensembles lithologiques les plus sensibles à l’élévation du niveau marin sont les remblais calcaires, et plus particulièrement ceux initialement installés sur des terrains secs.

Un questionnaire a été établi et envoyé aux opérateurs de réseaux, ainsi qu’aux maîtres d’ouvrage, pour connaître les éventuels désordres déjà constatés ou redoutés et les mesures déjà mises en œuvre. Les réponses ont été jugées insuffisantes. En conséquence, une recherche bibliographique de portée internationale et visant les mêmes objectifs a été menée. Cependant, peu de travaux traitant du sujet ont été identifiés. Par ailleurs, le travail d’enquête conduit sur le terrain a permis de déterminer, sur 34 sites, la vulnérabilité associée en fonction de l’altitude de l’enjeu par rapport au niveau actuel de la mer.

Globalement, il semble que, dans la zone d’étude, les installations les plus sensibles ou dangereuses (sites ICPE, SEVESO, postes électriques ou de production, réservoirs AEP, etc.) ne sont pas menacées par la montée des eaux. En effet, celles-ci se localisent soit sur des terrains peu sensibles et à altitude suffisante, soit sur des terrains remblayés et surélevés permettant de les placer bien au-dessus du toit de la nappe d’eau souterraine.

Un "Guide des bonnes pratiques", destiné aux maîtres d’ouvrage, avait été envisagé initialement. Le manque d’éléments collectés n’a pas permis sa rédaction. Cependant, des recommandations sont proposées. Leur mise en œuvre dépend des enjeux, des contextes et des moyens financiers.

(1) Superposition de quatre interpolations pour un niveau de nappe extrapolé mettant en évidence les zones immergées vers 2100 (élévation du niveau marin de 80 cm) – zones roses = sites immergés
(2) MNT classé mettant en évidence les zones à moins de 50 cm d'altitude (rose et jaune) et celles entre 50 et 80 cm d'altitude (orange clair)

PARTENAIRES

  • DEAL
  • Communes des Abymes, de Pointe-à-Pitre et de Baie-Mahault, EDF, Générale des Eaux, Office de l’Eau, Cap Excellence, IMS-RN, Routes de Guadeloupe

RAPPORT PUBLIC

  • BRGM/RP-60857-FR - Impacts géotechniques et hydrauliques de l'élévation du niveau de la mer due au changement climatique dans le contexte urbain côtier de la zone pointoise (Guadeloupe). Rapport final - Télécharger le rapport
BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34