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Les submersions historiques ayant affecté les Territoires à Risque d’Inondation (TRI) métropolitains

06.10.2014
En France métropolitaine, les submersions marines historiques sont peu connues, faute de réelles études rétrospectives sur le sujet.

A la demande du Ministère chargé de l’Écologie, Direction générale de la Prévention des Risques (DGPR), le BRGM a réalisé une étude consacrée aux submersions marines historiques en s’appuyant sur des exemples affectant les trois façades maritimes (Manche, Atlantique, Méditerranée) en relation avec les TRI (Territoire à risque important d’inondation) de ces zones.

Les résultats de ces études permettent une meilleure appréciation de l’aléa submersion marine et de l’évolution des risques associés, en lien notamment avec l’évolution de l’occupation des sols.

Outre l’amélioration de la caractérisation des risques qu’apporte cette analyse, des recherches documentaires complémentaires sur l’ensemble des façades maritimes françaises pourraient être utiles, notamment dans les démarches visant à la sensibilisation des populations et des élus.

Contexte et Objectifs

En France métropolitaine, les submersions marines historiques sont peu connues, faute de réelles études rétrospectives sur le sujet.

A la demande du Ministère chargé de l’Écologie, Direction générale de la Prévention des Risques (DGPR), le BRGM a réalisé une étude consacrée aux submersions marines historiques, en s’appuyant sur des exemples affectant les trois façades maritimes (Manche, Atlantique, Méditerranée) en relation avec les TRI (Territoire à risque important d’inondation) de ces zones.

Méthode

Les événements suivants ont été sélectionnés :

  • Façade maritime Atlantique :
    • Tempête du 4/5 décembre 1896,
    • Tempête du 9 janvier 1924.
  • Façade maritime Manche :
    • Tempête du 22 octobre 1820,
    • Tempête du 28 octobre 1909.
  • Façade maritime Méditerranée :
    • Tempête du 31 octobre 1906,
    • Tempête du 21 mars 1928.

Exemple de reconstitution de submersion marine historique

Exemple de reconstitution de submersion marine historique (submersion du 4-6 décembre 1896 dans le secteur de Penmarch, Finistère). © BRGM

Résultats

Les submersions liées à ces tempêtes ont eu des ampleurs et des extensions variables.

Pour certaines, la pénétration de la mer a été constatée jusqu’à plusieurs kilomètres du rivage : dans ce cas, les surfaces impactées sont immenses (1909, 1924). Sur les façades à marées, il apparait que les submersions se sont produites systématiquement lors d’une période de fort coefficient de  marée, supérieur ou égal à 95.

En fonction des dates de ces événements et des enjeux affectés, les documents d’archives retrouvés apparaissent d’une précision et d’une richesse variables. Ainsi, à titre d’exemple, les submersions et impacts de la tempête du 22 octobre 1820 sur le littoral de la Manche ont été visiblement sévères et étendus. Mais les documents restent avares de précisions et  ne permettent pas de préciser toute l’ampleur du phénomène, rendant sa cartographie peu précise. Dans cet exemple, des recherches documentaires complémentaires seraient à envisager. En revanche, pour d’autres événements ayant eu des répercussions dans des secteurs plus urbanisés et plus peuplés avec de forts enjeux, les documents d’époque permettent généralement une analyse plus complète du phénomène ; sa restitution cartographique devient alors plus précise (e.g. submersion à Nice, le 31 octobre 1926).

D’une manière générale, les dégâts induits par ces tempêtes apparaissent assez importants, notamment lorsque des zones péri-urbaines ou urbaines ont été affectées. Ces dommages sont à mettre en relation étroite avec l’évolution de la densité de structures bâties sur le littoral côtier au cours du temps. Dans des secteurs comme Cherbourg, Saint-Malo, l’Ile Tudy ou Cros-de Cagnes, la configuration du littoral a très fortement évolué entre la date à laquelle s’est produite la submersion  et aujourd’hui (implantation de murets, perrés, digues et remblais, etc.). Par ailleurs, certains territoires qui, aux dates des submersions, étaient à vocation strictement agricole, sont devenus aujourd’hui fortement lotis (Penmarch, Grandcamp-Maisy, etc.).

Aussi, les cartes de restitution des submersions marines historiques proposées dans cette étude peuvent-elles présenter quelques incertitudes sur leur extension à terre et sur la hauteur d’inondation. La superposition des cartes de ces submersions historiques sur celles du bâti et de l’occupation du sol contemporains montre en général que si de tels événements se produisaient aujourd’hui, les conséquences humaines et économiques seraient bien supérieures à celles qui ont prévalu à  l’époque.

La poursuite d’une recherche documentaire systématique, associée à une analyse visant à caractériser l’ampleur et l’extension de ces submersions marines historiques sur l’ensemble des façades maritimes françaises, paraît nécessaire à plus d’un titre. Elle permettrait notamment :

  • pour chaque événement historique, de mieux prendre en compte l’emprise spatiale et le nombre de sites et de communes impactés ;
  • pour chaque site, de recenser la totalité des submersions historiques (au-delà du XIXème et XXème siècle), permettant de mieux cerner sa sensibilité et sa vulnérabilité à cet aléa et la fréquence des submersions ;
  • d’identifier des submersions marines de grande période de retour.

En plus d’une meilleure appréciation de l’aléa, pareils résultats pourraient être utiles dans les démarches visant à la sensibilisation des  populations et des élus.

PARTENAIRE

  • Ministère chargé de l’Ecologie, Direction générale de la Prévention des Risques (DGPR)

RAPPORT PUBLIC