La seconde phase de cette étude de vulnérabilité a permis d’identifier 135 sous-secteurs sur l’ensemble du linéaire étudié (52 dans le Gard et 83 en Lozère). Pour chacun de ces secteurs, l’analyse menée par le BRGM a permis de définir un niveau d’exposition ainsi que des recommandations de gestion comprenant un chiffrage des solutions proposées.
14 septembre 2022
Glissement rocheux, RN106 Lozère. Glissement rocheux, RN106 Lozère.

Glissement rocheux, RN106 Lozère. 

© BRGM

Le besoin

Dans le cadre de son Programme d’Amélioration d’Itinéraire (PAI) sur la RN 106, la Direction Interdépartementale des Routes Méditerranée (DIR MED) a sollicité le BRGM afin de réaliser une étude de vulnérabilité sur un linéaire de 42 km de la RN 106 compris entre les P.R. 48+000 et 67+000 dans le Gard et les P.R. 0+000 et 23+000 en Lozère. Cette route, qui relie les deux départements entre Alès et le col de Jalcreste, en longeant le Gardon d’Alès, constitue en effet un enjeu routier majeur pour relier les Cévennes au Sud-Est de la France.

Les résultats

Une première phase de l’étude avait consisté à exploiter les différentes études réalisées sur la RN106 depuis plus de 40 ans (DIR-MED, CEI, Cerema). En parallèle de cette étude documentaire, des visites de terrain avaient permis de proposer une sectorisation de la zone d’étude en 54 secteurs homogènes (en termes de géomorphologie et typologie de mouvement de terrain).

La seconde phase d’étude a permis de subdiviser ces 54 secteurs en différents sous-secteurs d’exposition homogène afin de représenter au mieux les spécificités locales et les aléas associés, et ainsi de faire des propositions de gestion adaptées. Au final, le linéaire a donc été divisé en 135 sous-secteurs au sein desquels le niveau d’exposition est homogène.

Pour chacun des sous-secteurs, une description morphologique précise du talus et du versant ainsi qu’un inventaire des évènements recensés et des parades existantes ont été réalisés. L’aléa a ensuite été identifié et caractérisé. Pour les chutes de blocs, la propagation des aléas a été évaluée « à dire d’expert » et/ou modélisée grâce à l’outil ELANA, développé au BRGM et qui permet de cartographier la propagation des chutes de blocs.

A partir de ces informations, 290 propositions de gestion (nature des travaux de sécurisation et définition des priorités d’action) ont pu être définies sur chaque sous-secteur dans le but de gérer au mieux l’aléa tout au long du secteur d’étude (98 dans le Gard et 192 en Lozère). Ces propositions ont ensuite été priorisées en fonction de l’urgence de leur mise en œuvre et classées de A1 (103 actions urgentes) à A3 (58 actions). Pour chaque proposition, une première estimation des coûts de travaux de protection à mettre en œuvre a été faite, sur la base des prix du marché. Cette estimation inclut notamment les frais d’installation et d’exploitation des chantiers. Pour les trois niveaux de priorité, le coût global des actions proposées se montent ainsi, en première approche, à :

  • 1,8 M€ pour les actions de priorité A1 ;
  • 3,6 M€ pour les actions de priorité A2 ;
  • 1,3 M€ pour les actions de priorité A3.
Carte d’exposition des enjeux et propositions d’actions de protection, RN106 Lozère. Carte d’exposition des enjeux et propositions d’actions de protection, RN106 Lozère.

Carte d’exposition des enjeux et propositions d’actions de protection, RN106 Lozère. 

© BRGM

L’utilisation

L’ensemble des informations produites dans le cadre de l’étude a été synthétisé, pour chaque sous-secteur, dans des fiches de 6 pages. Ces fiches reprenent également les estimations de coûts des actions de gestion à mettre en place. Ce coût a également été détaillé par département. Tous ces éléments constituent désormais sur ce secteur, pour la DIR MED, une base de données utiles à la mise en œuvre d’un plan de gestion adapté prenant en compte les risques gravitaires le long de la RN 106.

Les partenaires

  • DIRMED : CEI La grande combe et SIR Mende Montpellier
  • Cerema