Le séisme du Teil de novembre 2019 est le séisme le plus destructeur en France métropolitaine depuis le séisme d’Arette en 1967. A l’époque, la reconstruction avait duré 7 ans et mobilisé des moyens importants aux niveaux national et local. Depuis, le contexte en termes de norme de construction et de régime assuranciel a beaucoup changé, de même que les outils d’aménagement et d’urbanisme. Il est donc apparu intéressant de tracer et d’analyser les étapes de la reconstruction afin d’étudier la dynamique de cette phase post-catastrophe et d’identifier les outils mobilisés afin de renforcer à terme la résilience du territoire impacté.
1 septembre 2022
Confortement d’une maison endommagée par le séisme du Teil (commune de Viviers, 2020). Confortement d’une maison endommagée par le séisme du Teil (commune de Viviers, 2020).

Confortement d’une maison endommagée par le séisme du Teil (commune de Viviers, 2020).

© BRGM - Nicolas Taillefer

Le besoin

Le Teil est une commune moyenne (8 700 habitants) qui a été très fortement impactée par le séisme du 11 novembre 2019 (850 arrêtés d’interdiction pour environ 2 700 bâtiments que compte la commune). L’observation du processus de retour à la normale sur la commune du Teil, la plus touchée par le séisme, permettra de tirer des enseignements utiles à l’amélioration de la résilience des territoires au risque sismique.

Les résultats

En 2021, le BRGM a ainsi proposé, avec le soutien de la DGPR, de mettre en place un cadre d’observation de la phase de reconstruction suite au séisme de novembre 2019, centré sur la commune du Teil. L’objectif était d’amorcer la récolte de données et de faire, dans les années qui suivront, des mises à jour régulières afin de nourrir une analyse détaillée de la reconstruction de la commune. Cette analyse permettra, à terme, d’identifier les facteurs qui favorisent ou limitent la résilience d’un territoire face au risque sismique, dans le contexte métropolitain.

Suite au séisme, le déploiement du dispositif « Urgence » de l’AFPS a permis de récolter des données de terrain précieuses sur l’état d’endommagement des bâtiments. La mission post-sismique menée par l’AFPS a également permis de collecter d’importantes informations sur les acteurs ainsi que les stratégies de relèvement.

Deux ans après le séisme, la reconstruction de la commune est lancée, via notamment le cadre institutionnel d’un plan partenarial d’aménagement (PPA) pour coordonner les acteurs et les différentes actions qui contribuent, non seulement au relèvement du territoire, mais également à l’amélioration du cadre de vie. En effet, le séisme a touché un territoire vulnérable sur le plan socio-économique, et déjà engagé dans une réflexion de rénovation urbaine. La mobilisation des acteurs autour du PPA permet à la fois de construire sur une continuité stratégique, mais aussi de saisir les opportunités de reconstruction comme des leviers pour accélérer la transformation urbaine de la commune. La mise au point d’un observatoire de la reconstruction s’appuie donc sur les actions et jalons proposés dans ce plan.

Concernant le parc bâti, un travail de collecte d’informations détaillées a été entrepris afin de quantifier l’ampleur du phénomène et son évolution dans le temps. Un état de référence du parc de bâtiments a été établi afin de déterminer le nombre de bâtiments et leurs principales caractéristiques. Enfin, concernant l’organisation des acteurs intervenant dans la reconstruction, les travaux réalisés en 2021 ont permis de mettre en évidence le rôle crucial des experts d’assurance dans le processus, mais aussi de mieux comprendre le contexte institutionnel.

L’utilisation

L’action se poursuit en 2022, notamment par l’identification des outils administratif et urbanistique contribuant à la reconstruction et la mesure de la perception des populations, mais également par la démonstration d’outils quantitatifs pour l’observation de la reconstruction (évaluation de l’évolution de la vulnérabilité du territoire en tenant compte des travaux). L’action se poursuivra ces prochaines années, avec, en particulier, la mise à jour annuelle des données par des visites de terrain et des consultations en local ou encore le suivi de l’évolution des indicateurs comparée aux projections du PPA.

Les partenaires

  • Direction générale de la prévention des risques (DGPR) au ministère de la transition écologique,
  • Commune du Teil, collectif des sinistrés, préfecture de l’Ardèche,
  • Association française du génie parasismique (AFPS),
  • Laboratoires LAGAM de l’Université de Paul Valéry de Montpellier et PACTE de l’Université de Grenoble Alpes