Après un recensement des différents fronts de taille abandonnés, n’ayant pas fait l’objet de mesures de sécurisation et/ou de remise en conformité, le BRGM a développé une méthodologie générique de caractérisation et de hiérarchisation des risques. Ce sont ainsi 40 sites « orphelins » qui ont pu bénéficier de cette analyse et de recommandations en matière de sécurisation et de gestion des risques.
6 octobre 2021
Exemples d’urbanisation récente au droit d’anciennes carrières (Grands-Fonds, Guadeloupe, 2020).

Exemples d’urbanisation récente au droit d’anciennes carrières (Grands-Fonds, Guadeloupe, 2020).

© BRGM

Le besoin

En Guadeloupe, et plus particulièrement dans le secteur des Grands-Fonds en Grande-Terre, de nombreuses carrières (licites ou non) sont abandonnées et n’ont pas fait l’objet de mesures de sécurisation ou de remise en état conforme. Ces carrières sont dites « orphelines », parce qu’aucun propriétaire n’est clairement identifié.

Les services de l’Etat ont ainsi sollicité le BRGM pour la réalisation d’une étude sur la sécurisation des fronts de taille des carrières orphelines de roches carbonatées en Grande-Terre. En effet, on retrouve dans les Grands-Fonds de nombreux escarpements (de tailles variables) parfois oubliés ou masqués par la végétation. Or, en raison de l’urbanisation croissante du secteur, certains d’entre eux peuvent être intégrés à de futurs aménagements et menacer de futurs logements.

Les résultats

La première étape de cette étude a consisté à recenser les différents fronts de taille abandonnés, antérieurs à 1999 et n’ayant pas fait l’objet de mesures de sécurisation et/ou de remise en état conforme. Une base de données, regroupant 75 sites pour lesquels un front de taille est avéré, décrit et géolocalisé, a ainsi été constituée.

La seconde étape a consisté à développer une méthodologie générique et facilement applicable à la caractérisation et à la classification des différents sites et à proposer une première hiérarchisation des risques. Cette méthodologie repose sur la qualification de plusieurs critères facilement appréciables relatifs aux enjeux (typologie, distance au front de taille) et aux caractéristiques géométriques du front de taille (hauteur, présence de gradins, description). Sept scénarios « de référence » ont été définis couvrant les différents phénomènes possibles, à un horizon temporel d’une centaine d’années (« long terme ») :

  • S0 – Chute de pierres et de petits blocs ;
  • S1 – "Desquamation" des formations friables - départ d’écailles superficielles ;
  • S2a – Chute de blocs (formations plus massives) ;
  • S2b – Remobilisation de blocs dans la pente en amont de l’escarpement ;
  • S3 – "Desquamation" des formations carbonatées friables : départ de plaques sur des épaisseurs et/ou superficies plus importantes que pour S1 ;
  • S4 – Départ de blocs situés à l’amont sur un versant végétalisé ;
  • S5 – Rupture de compartiments massifs armant les fronts de taille ou au sein de niveaux plus déstructurés.

Enfin, quarante sites ont fait l’objet d’une analyse plus fine et de recommandations en matière de sécurisation et de gestion des risques. Les informations disponibles (classification, scénarios de références, informations complémentaires) sont présentées sous la forme de fiches récapitulatives accompagnées de photographies.

    L’utilisation

    La méthodologie développée dans le cadre de cette étude permet de proposer des grands principes de stratégies de sécurisation adaptées aux différentes typologies de fronts de taille et aux différents scénarios. Elle ne se substitue pas à une étude cartographique détaillée de l’aléa et des risques associés, et le cas échéant, à une étude de dimensionnement précise des parades adaptées, mais permet de fournir, de façon générique, de premiers éléments de caractérisation et d’interprétation de l’aléa chute de blocs aux services techniques des communes et aux services de l’Etat.

    Les partenaires

    • DEAL Guadeloupe
    • Communes de Pointe-à-Pitre, Le Gosier, Sainte-Anne, Le Moule, Morne-à-l’Eau et Les Abymes