République Dominicaine : une cartographie géothématique

Les géologues du BRGM ont participé au projet de cartographie géothématique mené en République Dominicaine. Ils ont ainsi réalisé un quart de la couverture géologique totale du territoire dominicain.
15 juillet 2011
Drapeau européen.

Drapeau européen.

© Conseil de l'Europe 

Le développement d’un pays s’appuie sur la connaissance des ressources dont il dispose, et en particulier de ses ressources minérales. Quant à son aménagement, pour la population locale ou l’extension de ses possibilités d’accueil touristique, cela suppose également d’en bien connaître le sous-sol et les aléas naturels dont certains peuvent avoir des conséquences catastrophiques.

C’est dans cette perspective que le BRGM a participé au projet de cartographie géothématique mené en République Dominicaine, au sein d’un consortium piloté par l’équivalent espagnol du BRGM, l’IGME (Institut géologique et minier), et associant également le bureau d’études espagnol InYPSA. Ce projet démarré en 2002 et terminé à la mi-2011, s’inscrit dans le cadre des programmes SYSMIn financés par l’Union européenne.

Des géologues du BRGM mobilisés en permanence

L’une des tâches pour l’équipe du BRGM a consisté à réaliser la couverture géologique à 1/50 000 du territoire dominicain qui occupe les deux-tiers orientaux de l’île d’Hispaniola. Pour les levés de terrain, il a été question de s’appuyer sur des mesures géophysiques (magnétisme et radiométrie), ainsi que sur l’interprétation d’images satellitaires et des Modèles numériques de terrain. Pour ce faire, quatre géologues des Services « Ressources minérales » et « Géologie » du BRGM ont été impliqués en permanence, appuyés par l’intervention ponctuelle d’autres spécialistes.

Une mutualisation des données géologiques

Cela s’est traduit par la réalisation par l’équipe du BRGM de 42 feuilles au 1/50 000, soit un quart de la couverture géologique totale du pays. Les normes cartographiques employées sont inspirées de celles de l’IGME pour l’Espagne et les notices de cartes sont rédigées en espagnol. Toutes les données homogénéisées ont été rassemblées dans un Système d’information géographique (SIG) installé dans les bureaux de la Direction générale des Mines, dans la capitale Santo-Domingo (Saint-Domingue).

Des réserves minières conséquentes

La République Dominicaine est un acteur minier important. Son territoire recèle en effet l’un des plus gros gisements d’or épithermal au monde, avec la mine de Pueblo Viejo, en cours de développement, dont les réserves sont évaluées à 700 tonnes d’or (23 Moz). Il renferme également des métaux de base de type amas sulfurés (mine de cuivre-or de Cerro Maimon), des réserves de nickel latéritique et des pierres semi-précieuses (ambre et larimar). Un inventaire minier systématique du pays a donc été réalisé via une campagne de géochimie « stream sediment » et alluvionnaire à large maille. Les résultats ont été synthétisés sur des cartes à l’échelle 1/100 000.

Réaliser un micro-zonage sismique

Parallèlement, une extension du projet SYSMIn a été programmée par les autorités du pays et de l’UE, suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a affecté le sud-ouest de l’île d’Hispaniola (mouvement de la faille Enriquillo-Plantain-Garden) et détruit la capitale d’Haïti, Port-au-Prince, en faisant environ 300 000 morts. Il s’est agi, toujours dans le cadre du même consortium, de réaliser un micro-zonage sismique à l’échelle 1/25 000 pour la ville de Santiago de Los Caballeros, deuxième plus grande ville de République Dominicaine (un million d’habitants), située dans la vallée du Cibao, en zone fortement sismique (à proximité de la faille septentrionale).

Une grande diversité de roches

À noter, en outre, que l’île d’Hispaniola, localisée à la jonction entre les plaques Caraïbe et nord-Américaine, présente un grand intérêt scientifique pour l’étude de la tectonique des plaques. Elle a enregistré l’histoire géologique de la Caraïbe depuis le Jurassique supérieur jusqu’à nos jours. Sa géologie se caractérise par la diversité de ses roches volcaniques, sédimentaires et intrusives. Grâce aux levés cartographiques, le BRGM donc pu procéder à de nombreuses descriptions, datations et interprétations, lesquelles ont donné lieu à des publications scientifiques.

Des résultats présentés aux acteurs locaux

Enfin, ce projet a comporté un important volet de transfert de compétences, notamment en métallogénie, en gîtologie et en économie minérale, auprès de la Direction générale des Mines de la République Dominicaine, bénéficiaire du projet SYSMIn. L’ensemble des résultats de ce projet pluriannuel a été présenté lors de conférences de restitution en présence de tous les acteurs locaux concernés.