PYRMOVE - Mouvements de terrain dans les Pyrénées
Transcription
Dès 2016, les acteurs territoriaux, côté français, côté espagnol, se sont réunis pour imaginer un projet autour des mouvements de terrain dans les Pyrénées. Il n'y avait pas eu d'analyse et d'approche sur cette thématique-là. Et on a bâti tous ensemble un programme, ce fameux projet PyrMove, qui va traiter des déclencheurs des mouvements de terrain en cas de pluie intense et étudier les glissements de versants intéressant les infrastructures. Le problème des glissements de terrain ici, dans la Vallée d'Aran est un problème très important qui se répète régulièrement et donc l'étude et la mise en place d'un système d'alerte précoce sont essentielles pour la sécurité de la population. L'idée était de promouvoir l'étude des risques liés aux mouvements de terrain comme risques spécifiques. Ce risque est très présent dans les Pyrénées. C'est un risque qui est aussi très étudié. C'est un risque très souvent associé aux pluies. Un objectif du projet était de dire : "C'est un risque à regarder différemment d'un risque d'inondation." Le 2e objectif du projet était l'étude de différents sites pour en étudier le risque et proposer des méthodes pour le réduire. L'Institut Cartographique et Géologique de Catalogne s'est impliqué dans les actions de communication dans les actions de projet, mais pour la partie technique, nous nous sommes surtout concentrés sur la caractérisation des épisodes régionaux de glissements de terrain et de grands mouvements de versants. Et ces glissements de terrain affectent les routes, entravent le passage des services d'urgence et d'évacuation, etc. Il est donc important de savoir quand ils vont se produire, et quand ils se produisent, que les corps d'urgence et les services de premiers secours aient cette capacité de savoir ce qu'ils vont trouver pour pouvoir atteindre les sites. Pour appréhender de façon globale l'évolution des glissements de terrain, ces grands glissements, il faut établir des suivis de déformation, de déplacements, le suivi des niveaux d'eau, qui est toujours le moteur de ces mouvements pour être capables de déterminer, à terme, des seuils qui mettent en évidence des accélérations brutales et qui permettraient d'envisager des décisions en termes de protection des populations. Il y a eu 3 sites. Il y a eu 2 sites en France, le site de Viella, sur lequel est situé un village, qui est étudié dans le cadre d'un collège d'experts par l'État français. Il y a plusieurs travaux : un travail d'expertise pour le compte du préfet afin de l'informer sur le développement, l'évolution du mouvement de terrain qui a été amorcé dans la période récente, en 2013, par les grandes crues du Bastan de juin, et un travail plus scientifique, un travail d'instrumentation, de pose de capteurs inclinométriques, piézométriques, de suivi dans le temps des mouvements. Et ça, ça donne lieu à des travaux de recherche en collaboration avec le BRGM et les services de RTM de l'ONF. Le 2e site est le site de Gourette, choisi en raison des risques associés, particulièrement avec la présence d'une station de ski et d'une route. On a installé une dizaine de bornes GPS. On a également installé 5 forages de suivi de niveaux des eaux souterraines et également un pluviomètre, de manière à suivre les précipitations. Le but de cette instrumentation est d'acquérir sur du long terme des données pour suivre l'activité des glissements de terrain. Le minimum d'acquisition est 5 ans. Le 3e site est un site en Andorre, qui est le site de Canillo. C'est un glissement répertorié comme un des plus grands des Pyrénées, qui menace un canal d'arrivée d'eau à la centrale électrique fournissant l'Andorre. Nous sommes présents dans toutes les actions, sauf la dernière, l'action des MORLEs et nous avons collaboré en apportant les connaissances locales de la région. Par exemple, comme nous sommes l'une des zones de l'étude du mouvement de Canillo, situé en Andorre, il est évident que toutes les connaissances générées par le projet constituent une contribution précieuse tant pour les actions de la protection civile que pour les connaissances géologiques du mouvement lui-même. Un point supplémentaire du projet est évidemment la coopération transfrontalière et, en fin de compte, nous sommes un petit pays et collaborer avec des gens qui font face à la même problématique et qui sont voisins permet toujours d'avoir plus d'informations et le transfert des connaissances. Aujourd'hui, accueillis par la communauté du Val d'Aran, on a présenté des outils d'éducation, c'est-à-dire des logiciels, des progiciels qui peuvent permettre à une collectivité de montrer à sa population, à ses différents dirigeants, comment ces phénomènes se produisent, ses instigateurs, que ce soit un séisme, de l'eau, des crues, etc., et de voir la grande jonction entre les différents événements catastrophiques des hautes vallées. Ce projet a développé un ensemble d'outils pour obtenir des cartes de susceptibilité de glissement de terrain. Ces cartes nous permettent d'identifier quelles zones du territoire sont les plus susceptibles de provoquer des glissements de terrain. Ainsi qu'un simulateur de MORLEs, qui sont des événements de glissements multiples. Aujourd'hui, nous avons fait un workshop, un atelier, où nous avons montré aux administrations et aux techniciens comment utiliser ces outils. Nous avions un groupe de personnes en présentiel ainsi qu'un autre en distanciel avec traduction simultanée de l'espagnol vers le français. Au cours du projet, l'un des engagements du partenariat consistait à publier et à sensibiliser le grand public aux dangers que représentent les grands mouvements de versants. Pour renforcer cette idée, nous avons pensé créer une monographie, un livre, qui est l'un des résultats du projet, et nous espérons que ce livre sera un livre de chevet pour les autorités et les responsables de la gestion du territoire. Toutes les études qui ont été faites dans le cadre du projet PyrMove et les techniques qui ont été développées sont rapidement applicables. Ce qui est important maintenant, c'est de pouvoir trouver le financement pour que ces connaissances, obtenues au niveau théorique et pratique, puissent se traduire dans la réalité d'une gestion de la prévention réelle. Ce projet a été fructueux en développement méthodologique, scientifique et transfert d'outils aux collectivités. On espère des continuations dans le cadre des prochains appels à projets pour ancrer la thématique dans le territoire pyrénéen. Sous-titrage : lylo by TransPerfect
Dans les Pyrénées, la gestion des glissements de terrain est un enjeu fort pour la sécurité des personnes et des biens sur le massif et pour l’équilibre économique des communes. Au cours des 80 dernières années, au moins 150 personnes sont mortes de glissements de terrain et les dommages économiques dépassent 300 millions d'euros.
Améliorer la gestion des crises liées aux mouvements de terrain
Le projet PYRMOVE, coordonné par l’Université Polytechnique de Barcelone (UPC) et impliquant en France le BRGM et le CEREMA (ainsi que le RTM, l’Université de Pau et la Protection Civile en partenaires associés) vise à développer et implémenter des outils transfrontaliers de prévision et de gestion du risque de mouvements de terrain.
Ces outils sont développés dans le but de promouvoir une gestion efficiente de crises éventuelles, comme par exemple en 2018 lorsqu’une coulée de boue a entrainé l’obstruction de la route d’accès à la station de ski des Monts d’Olmes et conduit au blocage de 2000 personnes et à l’arrêt de la station, la rupture de la départementale de Gourette également en 2018, ou encore en 2015 avec le glissement de Gazost isolant un hameau.
Les outils seront utilisés dans plusieurs zones des Pyrénées à deux échelles (subrégionale et locale). Ils doivent permettre d’orienter les stratégies de gestion optimisées et harmonisées, reproductibles à l’échelle des Pyrénées.
Ce projet va permettre d’acquérir de la connaissance et de mener des expérimentations sur les glissements de terrain de Gourette entrainant la route départementale et d’accès à la station, et de Viella qui menace tout un village.
Les actions du programme sont réparties selon 3 thématiques :
- la connaissance des aléas,
- l’aide à la gestion des crises,
- l'information et la communication.
Le territoire d’étude concerne l’ensemble du massif des Pyrénées. Pour la France, les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine sont concernées.
Rôle du BRGM
Le BRGM va contribuer aux actions principales suivantes :
- Faire une synthèse des évènements qui se sont produits dans le passé et mener une retro-analyse des conditions de déclenchement ;
- Etudier le risque associé à 2 des 3 grands glissements de terrain étudiés : Gourette (64) et Viella (65) comprenant mission de terrain, traitement par imagerie satellite, instrumentation ;
- Proposer des solutions pour réduire les risques grâce à la mise au point de systèmes de surveillance et d'alerte, pour favoriser la prévention vis-à-vis des phénomènes considérés.
Financement et partenaires
Logo Interreg POCTEFA, projet PYRMOVE.
© Interreg POCTEFA
Ce projet a été retenu avec succès au dernier appel à projet POCTEFA 2014-2020 sur l’objectif 5, axe 2. Le projet est programmé du 1er janvier 2020 au 31 mai 2022. Le montant global du projet avec les partenaires est de 2 010 576 € pour la part éligible.
Les partenaires de ce projet sont :
- Pour la France : le BRGM, le CEREMA.
- Pour l’Espagne : l’UPC, l’Institut Cartogràfic i Geològic de Catalunya (ICGC).
- Pour l’Andorre : l’Institut d’Estudis Andorrans.
Le Commissariat de Massif des Pyrénées est partenaire financier du projet.
Articulation avec le projet ADAPYR
Le projet PYRMOVE traite des aspects opérationnels de gestion de crise en cas d’évènements et fermeture d’un accès. Dans le cadre du projet ADAPYR, ce sont les aspects planification à moyen et long terme au regard des changements globaux (climatiques, aléas, vulnérabilités, évolution de la demande touristique, etc…) en contexte d’incertitude sur les variables du changement qui sont traités.