Entre 2016 et 2019, le BRGM a mis en œuvre, à la demande du ministère de la Culture et de l’Environnement polynésien, un programme visant à doter la Polynésie française d’outils de gestion et d’exploitation des ressources en eaux souterraines performants, de façon à satisfaire les besoins quantitatifs et qualitatifs du Pays dans un contexte de changement climatique.
12 octobre 2021
Source Vaima (Tahiti, 2017).

Source Vaima (Tahiti, 2017).

© BRGM

Le besoin

En Polynésie française, le recours aux eaux souterraines est important mais leur disponibilité est variable en fonction de la morphologie des îles. Abondantes sur les îles hautes, les ressources se limitent à une lentille d’eau plus ou moins saumâtre sur les atolls. En outre, l’insularité rend ces ressources vulnérables et les pressions exercées sont également grandissantes du fait d’une augmentation des besoins. Afin d’offrir à la Polynésie française des conditions de développement durable respectueuses de ces ressources, un programme complet, incluant hydrogéologie, développement de système d’information et économie de l’eau, a été mené par le BRGM.

Les résultats

Les investigations hydrogéologiques détaillées sur une île haute, une île mixte et un atoll à Tahiti (sur deux bassins versants), Moorea, Ua Pou et Rangiroa ont permis de proposer des solutions pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable de quatre des cinq zones étudiées. Les communes concernées disposent donc désormais des éléments de connaissance nécessaires pour engager des recherches opérationnelles.

Sur le plan règlementaire, le BRGM a participé aux démarches de révision de la procédure d’occupation du domaine public fluvial, a émis des recommandations en matière de gestion intégrée des ressources après avoir étudié la situation dans plusieurs pays de la zone Pacifique et a évalué les retombées financières liées à la généralisation d’une redevance d’exhaure.

Par le biais de sessions de formation, le programme a également contribué au transfert de connaissances extérieures adaptées aux réalités locales. Les sessions dédiées aux outils numériques mis en place (référentiel des points d’eau et portail internet VAITEA) ont notamment permis aux agents de la Polynésie française et des communes d’acquérir des compétences pour en assurer l’alimentation et l’animation.

A court terme, ces outils de gestion et de communication devraient contribuer à l’émergence et à la structuration d’une communauté « eaux souterraines » et, in fine, apporter une contribution significative à la Politique de l’Eau en Polynésie française, dont ils constitueront le socle.

Prélèvement en vue du dosage des CFC dans les eaux souterraines de la vallée de la Punaruu (Tahiti, 2018).

Sampling for CFCs in groundwater in the Punaruu Valley (Tahiti, 2018).

© BRGM

L’utilisation

Les approches pluridisciplinaires mises en œuvre dans le cadre de ce programme se sont avérées robustes et pourraient être reproduites pour l’étude de nouvelles îles. Le recours aux techniques modernes d’investigation de type géophysique aéroportée est également recommandé si la Polynésie française souhaite s’engager dans des reconnaissances à plus grande échelle.

Les partenaires

  • Ministère de la Culture et de l’Environnement (MCE)