Les besoins en eau sont en augmentation sur le territoire du Causse Méjean ; une meilleure connaissance des ressources en eau et la mise en place d’une gestion équilibrée de celles-ci, tant du point de vue quantitatif que qualitatif, constitue donc un enjeu majeur de ces prochaines années sur le territoire du Parc national des Cévennes (PnC). Un partenariat entre l’Etablissement Public Parc national des Cévennes et le BRGM a ainsi été noué afin de conduire une étude hydrogéologique sur le Causse Méjean.
13 octobre 2021
Traçage dans l’aven de la Barelle (Lozère, 2018). Traçage dans l’aven de la Barelle (Lozère, 2018).

Traçage dans l’aven de la Barelle (Lozère, 2018). 

© Philippe Crochet

Le besoin

Afin de répondre aux besoins du PnC en matière de gestion des ressources en eau du Causse, l’objectif de l’étude réalisée par le BRGM a été d’acquérir de nouvelles connaissances sur le fonctionnement, la structure, l’importance et la localisation des réserves en eau des systèmes karstiques du Causse Méjean, en s’appuyant sur un suivi des débits des sources principales, la réalisation de traçages, mais également sur la géologie, la géomorphologie et la géochimie de la zone d’étude.

Les résultats

La cartographie du toit ou mur des formations aquifères et des formations imperméables, complétée par la réalisation de profils géologiques le long du Tarn, du Tarnon et de la Jonte, apportent un éclairage nouveau pour la compréhension des circulations souterraines jusqu’aux exutoires.

Le comportement hydrodynamique des principaux systèmes karstiques a été caractérisé : le système karstique des Ardennes constitue ainsi la ressource en eau majeure du Causse Méjean (volume dynamique représentatif des réserves dans la zone noyée estimé à 6 Mm3, associé aux débits moyens les plus élevés observés sur le Causse : 1 m3/s). L’essentiel de la surface du Causse Méjean est drainée par le système des Ardennes (87 km2), suivi par le système de Castelbouc (78 km2). L’analyse de l’extension des bassins d’alimentation de chaque système, issue notamment de l’interprétation des 22 traçages mis en œuvre, a permis de produire une carte des principaux axes de drainage karstique à l’échelle du Causse.

Une carte des modalités d’infiltration, déduite de l’analyse des formations superficielles, a été réalisée afin de guider l’analyse de la vulnérabilité à la pollution des sources principales. Le croisement de la cartographie de la vulnérabilité intrinsèque de l’aquifère (PaPRIKa) et d’une analyse spatialisée des pressions anthropiques a permis de caractériser, pour chaque système étudié, le risque de pollution de la ressource, en ciblant les secteurs pouvant être à l’origine de désordres qualitatifs selon le type de pression (agricole, domestique, liée aux transports, etc.).

Relève de données à Castelbouc (Lozère, 2018). Relève de données à Castelbouc (Lozère, 2018).

Relève de données à Castelbouc (Lozère, 2018).

© Parc national des Cévennes - Y. Manche

L’utilisation

Cette étude pluridisciplinaire a permis d’identifier les potentialités aquifères du Causse Méjean, et fourni des outils et connaissances nécessaires aux gestionnaires de l’eau (Parc, syndicats d’eau, communes notamment) pour mettre en œuvre une gestion durable des ressources en eau souterraine. Le projet a également produit des retombées pédagogiques puisque, grâce à un partenariat avec le Comité Départemental de Spéléologie de la Lozère et le lycée de Mende, il a servi de support à un projet d’étude des eaux souterraines. Les résultats ont également fait l’objet de communications grand public et d’une formation pour les enseignants du second degré.

Traçage dans l’aven de la Barelle (Lozère, 2018). Traçage dans l’aven de la Barelle (Lozère, 2018).

Les eaux souterraines, peu exploitées, étaient jusqu’alors relativement méconnues sur ce territoire, alors qu’elles contribuent à l’alimentation des cours d’eau. Le causse Méjean alimente essentiellement le Tarn, cours d'eau très utilisé pour les loisirs (gorges du Tarn) donc sa protection est essentielle. Parallèlement, les eaux souterraines pourraient constituer une alternative ou un complément aux eaux superficielles qui répondent aujourd’hui à la majorité des usages en eau potable.

Yannick Manche, Parc national des Cévennes

Les partenaires

  • Etablissement Public Parc National des Cévennes
  • Comité Départemental de Spéléologie de la Lozère
  • Agence de l’Eau Adour Garonne
  • Région Occitanie