Le système karstique du Lez, le fleuve qui coule à proximité de Montpellier, et dont la source alimente en eau potable la majeure partie de la population de la capitale héraultaise, a fait l’objet durant trois ans d’études poussées par le BRGM afin de permettre in fine aux autorités d’en assurer une meilleure exploitation : qualité, vulnérabilité et caractérisation des impacts du changement climatique, conséquences des pompages, risque de crue… Un bon exemple de gestion multiusage de l’eau.
28 octobre 2013
 Modèle géologique et hydrogéologique de la zone du Lez

Modèle géologique et hydrogéologique de la zone du Lez. 

© BRGM 

Impliquant les UMR Hydrosciences, G-EAU, TETIS, la société Biotope et le CERFACS de Toulouse, ce projet coordonné par le BRGM pour l’Agglomération de Montpellier a étudié en profondeur le système karstique du Lez, à savoir l’ensemble du réservoir souterrain dont la source alimente en eau potable la majeure partie de la population de Montpellier. 

Il vise à mieux connaître la structure et le fonctionnement hydrogéologique de cette importante ressource en eau souterraine au moyen d’approches de terrain et de modélisations, en abordant une très large palette de problématiques. Un exemple typique de gestion multiusage de l’eau. 

Le projet a débuté en juin 2009 pour une durée de trois ans. Objectifs précis ? Parfaire les connaissances du milieu souterrain d’un point de vue géologique et hydrogéologique, évaluer la ressource en eau exploitable, sa qualité et sa vulnérabilité et caractériser les impacts du changement climatique, ou encore mieux mesurer le risque d’inondation. L’équipe de projet devait aussi produire un inventaire de la biodiversité souterraine de l’aquifère. Avec pour finir, l’étude des effets de la gestion active actuelle de l’aquifère karstique, sur la diminution des crues à partir de modèles couplés hydrologie et hydrogéologie. Les premiers résultats sont arrivés. 

Modélisation géologique de l’aquifère du Lez 

Une modélisation 3D de la zone a été réalisée à l’aide du logiciel GeoModeller : huit coupes géologiques ainsi que les données de 635 forages ont été utilisées pour une visualisation spectaculaire et précise de cette structure géologique complexe qu’est l’aquifère karstique du Lez. 

L’évolution chimique des eaux du Lez 

Il était nécessaire de caractériser les origines géochimiques des écoulements d’eau. Des prélèvements ont été faits sur des forages et les sources appartenant au système karstique du Lez, mais aussi sur des systèmes karstiques voisins ainsi qu’à d’autres systèmes régionaux. 

Il en résulte trois "pôles de mélange" : un pôle "Crétacé", un autre dit "du Brestalou" correspondant à un cours d’eau temporaire, et enfin un pôle "profond", minéralisé, en provenance du Jurassique moyen. La chimie des eaux du Lez évolue donc en fonction de la contribution relative des eaux en provenance de ces trois pôles géochimiques. 

La source du Lez
  • 340000.00
    habitants sont alimentés en eau potable par la source du Lez

Modèle géologique et hydrogéologique de la zone du Lez 

Le niveau d’eau à la source du Lez a été modélisé au moyen du code Tempo, développé au BRGM. Ce modèle a permis de simuler l’impact du changement climatique sur la source à l’horizon 2050, et de tester des scénarios de pompages pour optimiser la gestion de ce réservoir exceptionnel. 

Biodiversité souterraine 

Le karst qui alimente la source du Lez présente une biodiversité souterraine passionnante : la prospection a permis de récolter vivantes des espèces de gastéropodes qui n’étaient connues que sous la forme de coquilles (environ la moitié des espèces décrites n’a jamais été observée vivante !). Les différentes espèces semblent préférer des eaux transitant rapidement de la surface, et drainant la matière organique de surface. 

Modélisation des crues 

Enfin, l’étude et la modélisation des principales crues à Lavalette, et la caractérisation du fonctionnement de l’aquifère grâce aux mesures réalisées à la source du Lez, ont permis de mettre en place un outil d’aide à l’élaboration de la couleur de vigilance crues à 24 h tenant compte de l’état de saturation initial du karst. Sur la base de l’ensemble de ces données, il sera désormais possible de définir des scénarios de gestion de la ressource.