Dans le cadre de la Directive cadre sur l’eau (DCE), pour faciliter l’évaluation des effets des échanges "eau de surface / eau souterraine" (ESO/ESU) sur la qualité des eaux, l’Agence de l’eau Artois-Picardie et le BRGM se sont associés afin de caractériser au mieux ces échanges à l’échelle du bassin, au travers d’une approche multicritère innovante.
18 octobre 2021
Les bords de Somme depuis les marais de Longpré-les-Corps-Saints (Picardie, 2009). Les bords de Somme depuis les marais de Longpré-les-Corps-Saints (Picardie, 2009).

Les bords de Somme depuis les marais de Longpré-les-Corps-Saints (Picardie, 2009).

© Stéphane Bouilland - Fotolia

Le besoin

Pour répondre aux besoins de la DCE visant à vérifier la non-dégradation de l’état d’une eau de surface (ESU) par celui des eaux souterraines (ESO), il est nécessaire de disposer d’une bonne connaissance préalable des zones favorisant potentiellement des échanges entre ces deux milieux. En Artois-Picardie, de nombreuses études menées ces dernières années ont permis d’acquérir des données relatives à cette connaissance, toutefois aucune capitalisation ni valorisation de cette connaissance n’avait jusqu’alors été réellement entreprise.

Résultats de l’inventaire bibliographique et de l’approche géomatique/géostatistique sur la masse d’eau FRAR36 de la Lys rivière. Résultats de l’inventaire bibliographique et de l’approche géomatique/géostatistique sur la masse d’eau FRAR36 de la Lys rivière.

Résultats de l’inventaire bibliographique et de l’approche géomatique/géostatistique sur la masse d’eau FRAR36 de la Lys rivière.

© BRGM

Les résultats

Différentes approches ont été mises en œuvre dans le cadre de cette synthèse des connaissances :

  • un inventaire bibliographique et la construction d’une base de données géoréférencées associée, aboutissant à la caractérisation d’échanges "ESO/ESU" sur plus de 2 000 tronçons de cours d’eau ;
  • le développement et la mise en œuvre d’une approche multicritère innovante combinant géomatique et géostatistique pour déterminer les zones où le potentiel d’interaction ESO/ESU est le plus fort ;
  • l’identification d’indicateurs hydrogéochimiques les plus pertinents pour cibler les tronçons de cours d’eau bénéficiant du plus fort soutien par les eaux souterraines.

Au final, plusieurs zones ont été identifiées comme très favorables aux échanges ESO/ESU, en particulier les vallées crayeuses, la nappe côtière du Marquenterre en bordure littorale ouest, les sables pissards sillonnés par les watergangs en bordure littorale nord, les sables du Thanétien (partie affleurante hors bassin d’Orchies et hors zone sous couverture des Argiles de Flandres).

L’utilisation

Ces conclusions ont été confrontées aux résultats de l’état des lieux 2019 sur l’état écologique et chimique des eaux de surface, dans le but de localiser des zones dites "à enjeux". Plusieurs cours d’eau, présentant une qualité des eaux dégradée semblant générée par les eaux souterraines, ont été identifiés : la Lys amont et moyenne, la Souchez, la Scarpe rivière amont, la Selle/Escaut et le Scardon. Ces zones feront l’objet d’investigations complémentaires afin de mieux caractériser les échanges ESO/ESU.

Les bords de Somme depuis les marais de Longpré-les-Corps-Saints (Picardie, 2009). Les bords de Somme depuis les marais de Longpré-les-Corps-Saints (Picardie, 2009).

La lutte pour la reconquête de la qualité des eaux, menée par l’agence de l’eau Artois-Picardie, vient de se doter d’un nouvel outil. La connaissance des zones à haut potentiel d’échange entre les eaux de surface et souterraines est indispensable pour la protection de la ressource. Le travail mené par le BRGM permettra de zoner les secteurs à enjeux et d’adapter les solutions à apporter aux risques de transfert potentiel de polluants.

Frédéric HOTTIN, chargé d’étude, Agence de l’eau Artois-Picardie

Les partenaires

  • Agence de l’eau Artois-Picardie