Caractérisation des sources non captées, utilisées et consommées par la population en Guadeloupe

L’Agence Régionale de Santé Guadeloupe, dans le cadre de sa mission de prévention des risques sanitaires et du Plan National Chlordécone, a sollicité le BRGM afin de réaliser une étude sur les eaux de sources non captées pour l’alimentation en eau potable et cependant consommées par la population afin notamment de l’informer sur les risques liés à leur usage.
8 septembre 2020
Source Madeleine-Blanchette

Source Madeleine-Blanchette en bordure littorale, Baillif (Guadeloupe, 2013).

© BRGM - Laure Ducreux

Le besoin

La Guadeloupe compte de nombreuses sources, parmi lesquelles certaines sont captées pour l’alimentation en eau potable des populations et sont donc soumises à la règlementation européenne. En revanche, de nombreuses sources non captées ne font l’objet d’aucun contrôle sanitaire alors qu’elles sont utilisées par la population pour la consommation ou à des fins domestiques. La valeur historique forte de certaines sources ou encore les coupures récurrentes sur le réseau d’eau potable expliquent l’utilisation de ces eaux, dont la qualité est méconnue.

Dans ce contexte, l’ARS a sollicité le BRGM afin de réaliser une étude de caractérisation des sources et ainsi déterminer les risques sanitaires liés à leur usage afin de sensibiliser la population à ces risques et mettre en place une stratégie de préservation de la santé de la population.

Les résultats

Un travail de recensement des sources à l’échelle du territoire a permis d’identifier 85 sources actives, puis d’en définir 20 prioritaires, fonction notamment de leur fréquentation. A partir de prélèvements réalisés en périodes de basses et hautes eaux, le spectre analytique effectué a permis de mettre en évidence :

  • au sud-est de Basse-Terre, un impact lié aux pollutions agricoles (utilisation historique de pesticides organochlorés dont la chlordécone) ;
  • au nord de Basse-Terre, la présence ponctuelle et notable de métaux (fer, aluminium manganèse) attribuée au fond géochimique ou à l’activité industrielle ;
  • à la Désirade et en bordure littorale, des dépassements pour le chlorure et le sodium en lien avec l’intrusion saline ;
  • pour la quasi-totalité des sources, une contamination bactériologique en lien avec les eaux d’assainissement.
Source Matouba Eaux Vives

Source Matouba Eaux Vives (Saint-Claude, Guadeloupe, 2013).

© BRGM Laure Ducreux

L'utilisation

Pour chaque source ayant fait l’objet d’une caractérisation, une fiche d’identité a été générée, qui détaille notamment sa localisation, les pressions recensées ou encore les résultats obtenus et plus particulièrement les contaminations mises en exergue (dépassement de limites et de références qualité selon l’arrêté du 11 janvier 2007 modifié). Ces fiches ont vocation à informer les acteurs de l’eau et le grand public sur la qualité des sources analysées. Afin d’assurer leur large diffusion, elles ont également été bancarisées dans la BSS.

Le partenaire

  • Agence Régionale de Santé de Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy 
Source Madeleine-Blanchette

L’étude nous a apporté des résultats immédiatement exploitables qui ont permis de connaître le niveau de pollution des sources d’eau de substitution, impropres à la consommation. Désormais, les communes doivent se saisir de ces données afin de communiquer auprès de la population le risque sanitaire que ces eaux représentent. Nous avons lancé avec le BRGM une autre étude début 2020 qui complètera nos connaissances profondes des sources au bord de route de la Guadeloupe.

Didier Roux, Responsable du service santé environnement – Agence Régionale de Santé de Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy