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Glissement de terrain de Salazie à La Réunion. © BRGM - René Carayol

Un modèle global d’anticipation des mouvements de terrain

15.03.2016
À La Réunion, théâtre de mouvements de terrain de très grande ampleur, le BRGM a développé un outil de modélisation capable, à partir de la pluviométrie, de prédire les niveaux de déplacement des sols.

Morphologies créées par l’érosion après de gigantesques effondrements, les cirques de La Réunion (Salazie, Cilaos et Mafate) n’ont depuis lors cessé de glisser.

"À Salazie, explique Bertrand Aunay, chef de projet "hydrogéologie et risques naturels", deux grands glissements habités constituent même, par leur ampleur et les facteurs qui les contrôlent, un phénomène très exceptionnel."

Ainsi, en aval d’Hell-Bourg, 300 à 350 millions de m3 de sol se sont déplacés de dix mètres au cours des dix dernières années !

Le projet MvTerre a permis de modéliser les mouvements de terrain d’Ilet-à-Vidot (cirque de Salazie, La Réunion). © René Carayol

Le projet MvTerre a permis de modéliser les mouvements de terrain d’Ilet-à-Vidot (cirque de Salazie, La Réunion). © René Carayol

"Les désordres engendrés sont considérables, poursuit B. Aunay, en particulier sur le bâti et les infrastructures routières, avec d’importantes conséquences économiques. Sur le plan humain, même si le risque d’emballement du phénomène est minime, sauf très localement, on dénombre en quarante ans une dizaine de victimes."

Détection, suivi et modélisation

Après le projet de recherche MvTerre (2002-2008), qui a produit des cartes géologiques des secteurs les plus touchés, MvTerre-2 (2010-2014) s’est intéressé à la détection, au suivi et à la modélisation de ces mouvements de terrain de grande ampleur.

Conduit par le BRGM, en   partenariat avec l’Europe, la Deal Réunion, la région et le laboratoire géosciences Réunion, le projet, particulièrement focalisé sur le cirquede Salazie, s’est appuyé sur l’implantation de divers types d’équipements permettant à la fois de suivre les déplacements de terrain (10 GPS  permanents et 150 bornes géodésiques) et les circulations d’eau (suivi de 3 piézomètres et de 7 sources ou rivières). Des techniques géophysiques d’investigation et de télédétection par satellite ont également été mobilisées.

"L’un des grands enseignements de ces travaux, explique B. Aunay, est la mise en évidence du rôle capital de l’hydrogéologie. Les eaux souterraines sont en effet le véritable moteur des glissements, même si l’érosion y a sa part."

Les travaux - qui se poursuivent - ont débouché sur l’élaboration d’un outil de modélisation globale avec une fonction de transfert qui permet, à partir de la pluviométrie et des niveaux d’eau souterraine (en entrée), de décrire précisément les déplacements (en sortie), et donc de  prédire ceux-ci en fonction des conditions de pluie.

Prochaine étape, évaluer les phénomènes d’emballement locaux. Pour l’heure, plusieurs outils de sensibilisation ont accompagné la démarche, notamment un film grand public et des outils pédagogiques à destination des scolaires.

Glissements de terrain de grande ampleur à La Réunion

Dans le cadre du projet MvTerre 2 sur les mouvements de terrain à La Réunion, le BRGM et ses partenaires présentent un film pour mieux comprendre le fonctionnement des glissements de terrain, et informer les populations des risques potentiels. © BRGM

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