Un système d’information géologique et minier pour le Niger

Le rôle du BRGM dans sa contribution au projet SYSMIN, a été de donner au Niger les moyens de promouvoir son potentiel minier, en mettant en place un système d’information géologique (SIG) et en proposant un appui institutionnel. Ainsi, plus de 200 Nigériens ont été formés.
15 juillet 2011
Drapeau européen

Drapeau européen. 

© Conseil de l'Europe 

Le Niger, l’un des pays les plus pauvres de la planète, est dépourvu des moyens financiers nécessaires au suivi de l’activité minière. C’est dans ce contexte que l’Union européenne, via le projet SYSMIN, a décidé de financer (aide non remboursable de 35 M€) un Programme de renforcement et de diversification du secteur minier (PRDSM), avec une contribution du gouvernement de la République du Niger. 

Doter le pays d’infrastructures géologiques 

Le programme PRDSM vise notamment à doter le pays d’infrastructures géologiques (outils de base pour la carte géologique, systèmes d’information, etc.), le but étant de lui donner les moyens de promouvoir son potentiel minier : in fine, il s’agit de rendre les structures minières du ministère des Mines et de l’Énergie (MME) suffisamment opérationnelles, complémentaires et adaptées aux besoins des utilisateurs (publics et privés). Le BRGM a été chargé de deux des sept volets de ce PRSDM : l’un sur la mise en place d’un système d’information géologique (SIG) et l’autre sur le renforcement institutionnel.

Gérer l’information géologique et minière 

Au plan scientifique, le premier constat a été le sous-équipement du ministère, que ce soit au plan matériel ou humain (manque de formation des personnels), pour gérer l’information géoscientifique, et en particulier l’information géologique et minière. Or, un système capable de gérer cette information et de la diffuser, tant vers les investisseurs que vers les utilisateurs internes à l’administration, apparaissait comme une impérieuse nécessité. Le BRGM l’a réalisé en s’appuyant sur son expérience en la matière mais en l’adaptant aux conditions spécifiques du Niger. Il fallait en effet des technologies adaptées, en termes de complexité, de puissance de calcul et de coût. Par exemple, le BRGM a opté autant que possible pour des outils logiciels libres. Il a également été tenu compte de ce qui existe déjà dans le pays, pour bénéficier des savoir-faire maîtrisés sur place. 

Une formation délivrée sur un an 

Ce travail s’est accompagné d’un très gros programme de formation. Celui-ci s’est adressé pour partie aux ingénieurs du ministère. En outre, le BRGM a recruté et formé une équipe de nigériens sortant de l’université. Neuf personnes ont ainsi reçu un enseignement conséquent sur place pendant près d’un an (jusqu’à mi-2009), constitué pour moitié de cours théoriques et pour moitié de tutorat. Après cette période, l’équipe a commencé à mettre en œuvre le système de manière autonome, même si un accompagnement s’est poursuivi pendant un an et demi. Il s’agissait notamment de faire en sorte que l’équipe et le système soient connus et reconnus dans le pays, via le développement de partenariats (universités, entreprises, institutions…) et d’actions de transfert de compétences et d’assurer ainsi la pérennité du système d’information. 

Apporter un appui institutionnel 

Par ailleurs, la mission du BRGM a consisté à apporter un appui institutionnel. L’un des problèmes, au niveau des acteurs économiques et politiques nigériens, est qu’ils ne sont pas à parité de fonctionnement et de compétences avec les opérateurs miniers. Les causes sont multiples, mais sont liées de manière globale aux manques de moyens financiers, lesquels induisent des différenciations d’accès aux outils, aux formations de haut niveau, voire à l’information même. Le projet a permis d’acquérir des moyens informatiques, d’informatiser le ministère (avec un réseau, des serveurs…) et de dispenser une formation « de masse ». 

Une volonté de prolonger le programme 

Maintenant que ces deux volets du PRSDM sont achevés avec succès, l’un des objectifs de l’Union européenne est de prolonger le programme et notamment de renforcer l’appui institutionnel sur la cartographie géologique, les aspects environnementaux, juridiques et fiscaux, etc. Pour le BRGM, ce programme a aussi été l’occasion de reprendre une coopération historique (trente années de présence en continu), mais qui s’était interrompue pendant dix ans.