Le BRGM développe des méthodes de suivi, outils analytiques et moyens de mesure alternatifs aux dispositifs classiques de surveillance environnementale. C'est le cas du projet Masques, dédié aux eaux souterraines.
1 septembre 2012
Système d'exposition d'échantillonneurs passifs de type POCIS Système d'exposition d'échantillonneurs passifs de type POCIS

Système d'exposition d'échantillonneurs passifs de type POCIS en rivière (2017).

© BRGM - Anne Togola

La Directive cadre européenne sur l’eau, qui vise le bon état écologique des eaux à l'horizon 2015, requiert un suivi régulier de l'état chimique des masses d'eau.

La pratique couramment utilisée par les réseaux de surveillance repose sur un échantillonnage ponctuel couplé à des analyses en laboratoire, mais un tel dispositif, pour produire des résultats pertinents, est contraignant et coûteux.

Des échantillonneurs passifs pour une mesure plus représentative de la qualité chimique de l’eau

Depuis plusieurs années, le BRGM s'intéresse à une autre approche, fondée sur l'utilisation d'échantillonneurs passifs. Cette technique, basée sur l’accumulation des polluants sur un dispositif immergé, a pour avantage de fournir une image plus représentative de la qualité chimique de l’eau en estimant une concentration moyenne en polluants au cours du temps d’exposition.

Mais si ce principe est largement appliqué aux eaux de surface, il demeurait jusqu'alors peu étudié pour les eaux souterraines. L'un des objectifs du programme Metro est donc de tester les potentialités de différents types d’échantillonneurs passifs spécifiques de familles de polluants (métaux, pesticides, HAP...).

Masques : “Méthodes alternatives pour le suivi de la qualité des eaux souterraines”

Masques, pour “Méthodes alternatives pour le suivi de la qualité des eaux souterraines”, est un projet commandité par le Conseil général du Loiret, qui réunit le BRGM et le laboratoire Isto (CNRS-Université d'Orléans), avec le soutien du pôle Dream “Eaux et milieux”.

Il vise à tester in situ des échantillonneurs passifs de type Pocis (capteur capable d'adsorber et accumuler un large spectre de molécules, notamment certains pesticides) ainsi que des méthodes de tests analytiques rapides et économiques, les tests Elisa.

Deux sites d'alimentation en eau potable ont été étudiés, le système karstique du Val d'Orléans (source du Loiret) et les sources des Trois Fontaines (Est du Loiret).

Capteurs intégratifs Pocis pour le suivi des polluants à des concentrations très faibles

Le travail effectué a permis de confirmer l'intérêt du couplage des deux méthodes. Ainsi les capteurs Pocis ont montré leur efficacité dans le suivi des polluants à des concentrations même très faibles, en cumulant des quantités infinitésimales pendant leur période d'implantation.

Ils s'avèrent un bon outil qualitatif et semi-quantitatif (évolution d'un contaminant, mise en évidence d'un polluant émergent) pour le suivi d'un milieu karstique - où les variations de qualité de l'eau peuvent être très rapides -, sous réserve d'être remplacés de manière régulière.

Tests analytiques rapides Elisa, pour le suivi d’un très grand nombre d’échantillons

Quant aux tests Elisa, fondés sur une technique biochimique de reconnaissance immuno-enzymatique, bien que ne permettant l'analyse que d'une molécule (ou groupe de molécules) à la fois, ils ont l'avantage de pouvoir traiter un très grand nombre d'échantillons à la fois et d'être faciles d'emploi et peu coûteux.

Une certaine marge d'erreur existe toutefois pour les très faibles quantités d'une molécule donnée, mais la possibilité de multiplier les tests compense cet aléa.