RISVAL : le risque sismique en milieu transfrontalier franco-italien

Initié à l’été 2017, le projet Interreg RISVAL, financé par le programme européen ALCOTRA et coordonné par la région Piémont (Italie), a pris fin le 31 décembre 2020. Le BRGM y a pris une part active aux côtés de partenaires français et italiens, avec une contribution centrée sur la mise en place d’outils pour améliorer l’efficacité de la gestion de crise.
21 janvier 2021
Logo du projet RISVAL

Logo du projet RISVAL.

© Interreg ALCOTRA

Enjeux et besoins

Le territoire transfrontalier entre l’Italie et la France est caractérisé par un aléa sismique modéré, se traduisant par une activité sismique régulière mais le plus souvent de faible ampleur. Malgré la relative rareté des séismes destructeurs survenant sur ce territoire, l’occurrence d’une telle catastrophe n’est pas à exclure, ce qui pose la question de notre capacité collective à l’affronter. Se préparer à faire face à un tel événement dont les conséquences pour la population, l’économie et l’environnement seraient dramatiques de part et d’autre de la frontière, est une mission essentielle de l’ensemble des acteurs régionaux concourant à la gestion du risque sismique. 

Cette préparation est d’autant plus importante dans le contexte de sismicité modérée qui est celui de l’arc Alpin, que les périodes de retour des séismes destructeurs limitent l’expérience des services concernés, et ne favorisent pas la mise en place d’outils et de procédures adaptés. 

Qu’il s’agisse d’intervenir de manière préventive en « temps de paix » dans le but de réduire la vulnérabilité de certaines constructions, ou au contraire d’agir dans l’urgence suite à la survenue d’un séisme afin de définir les modalités d’usages des ouvrages en fonction de leur degré d’endommagement, il est nécessaire de mettre en place des outils et des procédures efficaces et partagées. 

En particulier, une attention particulière a été portée aux problématiques : 

  • de continuité/compatibilité des approches retenues pour le temps de paix d’une part, et pour celui de la gestion de crise d’autre part, en veillant à leur bonne articulation ; 
  • du besoin des autorités de pouvoir prioriser leurs actions, tant pour le renforcement que pour le diagnostic d’urgence. 

Par ailleurs, l'expérience acquise au cours des récents séismes destructeurs survenus en Italie, ainsi qu’en France avec le séisme du Teil :  

  • confirme que le retour à des conditions normales est fortement influencé par la vitesse avec laquelle les autorités disposent d’informations relatives à la praticabilité des structures résidentielles, des infrastructures critiques et de certains ouvrages, 
  • souligne l’importance dans ce processus des expertises locales immédiatement en prise avec le terrain, en support et complémentarité de l’intervention d’experts en génie-civil formés au diagnostic d’urgence. 

Résultats et utilisation

Dans ce contexte, l'objectif principal du projet RISVAL a été d’impliquer les autorités régionales et locales dans la mise en place d’outils qui répondent à leurs besoins vis-à-vis de la gestion du risque sismique. 

Ce faisant, et en pleine cohérence avec les objectifs du programme de coopération transfrontalière européenne entre la France et l'Italie ALCOTRA, le projet visait également à inculquer une culture du risque sismique non seulement aux autorités et à leurs personnels techniques, mais également au grand public (professionnels, public scolaire), au moyen d’ateliers et d’actions de communication adaptées. Des outils et des méthodologies innovantes ont également été mis en place et testés au niveau de zones pilotes. 

Le projet RISVAL a donné lieu à de nombreux résultats, parmi lesquels : 

  • réalisation de deux ateliers transfrontaliers d’échange d’expérience, réunissant des scientifiques, des autorités locales et des services de secours français et italiens ; 
  • conduite d’actions de sensibilisation du grand public au risque sismique ; 
  • des méthodologies. 
Participants à l’atelier RISVAL « Outils de réponse rapide pour l’appui à la gestion opérationnelle de crises sismiques »

Participants à l’atelier RISVAL « Outils de réponse rapide pour l’appui à la gestion opérationnelle de crises sismiques » (Nice, 2018).

© BRGM

Rôle du BRGM

Au sein du projet RISVAL, le BRGM a concentré son action sur la mise en place d’outils d’appui à la gestion de crise, pour appuyer les autorités dans la gestion de la survenue d’un séisme majeur : 

  • En collaboration avec l’Entente Valabre, de la préfecture et de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) des Alpes Maritimes, le BRGM a organisé un atelier de travail réunissant, en plus des partenaires du projet RISVAL, les principaux services responsables de la gestion des crises sismiques (notamment survenant sur le territoire transfrontalier ALCOTRA). Les 26 et 27 septembre 2018, une quarantaine de participants se sont ainsi réunis au palais préfectoral de Nice pour partager leurs expériences, en tirant les enseignements de la dramatique séquence sismique qui a ébranlé le centre de l’Italie en 2016. Spécifiquement consacré à la problématique de la gestion opérationnelle des séismes sous l’angle de la problématique de la prise en compte de la dimension de la crise, cet atelier est intervenu après un premier atelier organisé dans le cadre du projet RISVAL en décembre 2017 en Italie, consacré à la confrontation des pratiques françaises et italiennes en matière de gestion du risque sismique. 
  • En collaboration avec GéoAzur et l’Entente-Valabre, mise en place d’un outil d’estimation rapide des pertes consécutives aux séismes survenant dans le sud-est de la France, et l’émission automatique de bulletins « SEISAid » destinés aux autorités. Afin de faciliter l’usage de ces communiqués par la protection civile, et de faciliter leur intégration au sein des dispositifs opérationnels, un modèle de « fiche procédure » a par ailleurs été proposé. Cette fiche procédure peut être adaptée autant que de besoin, et annexée aux documents de planification de crise telles que les dispositions spécifiques « Séisme » du dispositif ORSEC. 
  • En collaboration avec l’Entente Valabre, l’Association française du génie parasismique (AFPS) et la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) du ministère de l’Intérieur, le BRGM a contribué à l’adaptation au contexte Français de l’outil ERIKUS, développé en Italie conjointement par la région Piémont, ARPA Piémont et la protection civile nationale pour venir en support des missions de diagnostic bâtimentaire d’urgence. L’objectif est de doter les services de secours et les experts AFPS d’un outil partagé qui prenne en compte les spécificités liées aux rôles, missions et responsabilités de chacun, pour les aider dans la collecte, l’analyse et la restitution des audits postsismiques. En la matière, l’expérience acquise en novembre 2019 suite au séisme du Teil (Ardèche) a souligné l’importance du développement de tels outils. 
Principe de restitution ciblée des indicateurs de dommage, aux utilisateurs opérationnels

Principe de restitution ciblée des indicateurs de dommage, aux utilisateurs opérationnels (services de secours et de protection-civile).

© BRGM

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