En Namibie, depuis juillet 2021, le BRGM apporte un appui scientifique et technique à l’Etat de Namibie dans sa lutte contre la sécheresse. Développement des compétences locales, impact du changement climatique et outil de gestion de l’eau sont au programme de ce projet.
17 novembre 2021
La région d’Omusati est partiellement irriguée par un canal provenant de la rivière Kunene (Omusati, 2018).

La région d’Omusati est partiellement irriguée par un canal provenant de la rivière Kunene (Omusati, 2018).

© BRGM - Alexis Gutierrez

Enjeux et besoins

Dans l’objectif de mieux préparer la Namibie à la gestion des sécheresses de plus en plus critiques du fait de l’augmentation de la démographie et du niveau de vie de la population, un effort doit être porté sur la formation des cadres tout autant que sur l’amélioration de la connaissance de la ressource. La gestion de cette dernière dépend du niveau de connaissance des aquifères acquises par les opérations de terrain et les grands projets d’investigation, mais également du niveau de compréhension et de l’appropriation de ces connaissances par les agents des Administrations qui ont la responsabilité de leur gestion ou de leur exploitation. L’Agence Française de Développment (AFD) finance le projet.

Un pays régulièrement confronté à la sécheresse

La Namibie est le pays le plus sec d’Afrique australe. Les précipitations en Namibie sont faibles, à forte variabilité spatio-temporelle et inégalement distribuées à travers le pays. La précipitation annuelle moyenne diminue de plus de 600 mm/an dans la région du Zambèze (Caprivi) dans l’extrême nord-est, à moins de 50 mm/an dans le sud et l’ouest.  Les précipitations moyennes nationales sont approximativement de 270 millimètres.

La Namibie se retrouve régulièrement en situation de crise sécheresse. La population de Namibie est d’environ 2,5  millions d’habitants. Avec une superficie de 825,615 km2 (1,3 fois la superficie de la France) , la densité de population est de 3 hab./km2, mais ce chiffre masque une distribution très irrégulière. Pour des raisons historiques, les populations rurales (57% de la population) sont concentrées dans certaines régions, en particulier dans le nord (Owamboland).

L’alimentation en eau de la Namibie est majoritairement assurée par la dérivation des eaux de surface dans des barrages. Toutefois, à l’échelle du pays, le recours aux eaux souterraines n’est pas négligeable (estimé à 43% par Namwater). Certaines régions y font intensément appel. D’autres y recourent lorsque les ressources superficielles viennent à manquer. La gestion des sécheresses est ainsi dictée par des critères de seuils sur les niveaux des barrages.

Résultats attendus

Deux ministères namibiens (Le ministère de l’Agriculture, de l’Eau et de la Réforme des Territoires - MAWRL et le ministère de l’Environnement, du Tourisme et de la Forêt - METF) ont montré leur intérêt pour un programme de formation sur les 6 premiers mois du projet. Sept modules de formation, d’une semaine chacun, seront dispensés aux agents de ces ministères dans les disciplines de l’hydrogéologie. Ces agents namibiens participeront ensuite, avec l’aide des experts du BRGM, à la réalisation des tâches 2 et 3, respectivement consacrées à l’étude de l’impact du changement climatique sur la recharge en eau, dans les régions Omusati et Kunene, et la réalisation d’une carte de planification de la ressource en eau de ces régions.

La rivière Kunene qui forme la frontière nord de la Namibie, avec l’Angola (Ruacana, 2018).

La rivière Kunene qui forme la frontière nord de la Namibie, avec l’Angola (Ruacana, 2018).

© BRGM - Alexis Gutierrez

Rôle du BRGM

Élaboration d'une carte de planification des ressources en eau

Le BRGM propose de contribuer à la réflexion en cours sur la planification et la gestion des épisodes de sécheresse en développant une carte de planification des ressources en eau pour les provinces d’Omusati et de Kunene auxquelles le gouvernement namibien porte une attention particulière en raison de son fort peuplement et ses activités agricoles et pastorales. Ces régions, aux contextes hydrologique et hydrogéologique très variés, se prêtent bien à une démonstration de ce qu’une carte de planification peut apporter. Les enjeux (forte densité de population, usages divers de la ressource en eau, besoins exprimés d’une ressource en eau de qualité) nous ont été rappelés par les autorités locales lors d’une première mission d’évaluation en 2018.

Le travail proposé se distingue des études et cartographies classiquement réalisées dans le domaine des eaux souterraines qui sont généralement très techniques et mono-thématiques, et ne constituent pas un outil d’aide à la décision efficace. Ces travaux n’intègrent pas tous les aspects indispensables pour planifier et gérer la ressource. Il est, en effet, nécessaire pour les décideurs de disposer d’outils simples et pertinents, répondant à leurs interrogations principales : où se trouvent la ressource en eau souterraine et la ressource en eau de surface ? Sont-elles facilement disponibles ? Nécessitent-elles un traitement avant usage ? Leur exploitation est-elle durable ou économiquement viable ? Une carte de planification des ressources en eau propose de visualiser de manière simple la synthèse des informations existantes sur ces sujets.

Partenaires

  • MAWLR (Ministry of Agriculture, Water and Land Reform)
  • METF (Ministry of Environment, Tourism and Forestry)
  • Et divers acteurs tels que Namwater, Geological Survey of Namibia, Regional councils, University of Namibia.