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Un aquifère karstique en République Dominicaine (Bayahibe, République Dominicaine, 2008). © BRGM - Christophe Rigollet

Etat des nappes d'eau souterraine au 1er juin 2019

Notes d'information - 18.06.2019
L’évolution du niveau des nappes phréatiques traduit le début de la période de vidange (baisse). Les niveaux traduisent une recharge 2018-2019 peu abondante, du fait des précipitations faibles et parfois tardives durant l’automne et l’hiver.

Résumé de la situation

Les hautes eaux 2019 ont été enregistrées entre début février et début mai. Durant le mois de mai 2019, le début de la vidange se confirme sur l’ensemble des nappes, avec des niveaux généralement en baisse ou stables. Localement, les pluies conséquentes ont stoppé la vidange : de légères augmentations de niveaux ont été enregistrées avant que les tendances ne repartent à la baisse. Seule exception, la Corse a subi de fortes précipitations et ses nappes alluviales sont en hausse. A noter que certains secteurs n’ont pas enregistré de recharge pendant la période hivernale, notamment en Bourgogne-France-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes.

Les niveaux traduisent une recharge 2018-2019 peu abondante, du fait des précipitations faibles et parfois tardives durant l’automne et l’hiver. Les niveaux des nappes se situent généralement autour ou en-dessous des niveaux moyens des mois de mai. Les nappes des alluvions côtières de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse sont les seules à se retrouver au-dessus des moyennes de mai. Un nombre marqué de réservoirs affiche des niveaux peu satisfaisants, modérément bas à bas. Les nappes des alluvions du sud de l’Alsace, de Bourgogne, du Rhône amont ainsi que la nappe des calcaires du Berry présentent des niveaux peu favorables, parfois proches des minimas enregistrés pour un mois de mai.

Enfin, les niveaux sont globalement inférieurs à ceux de l’année précédente à cette même époque, où la situation générale était satisfaisante en sortie d’hiver.

Carte de France de la situation des nappes au 1er juin 2019

Tendances d’évolution

L’évolution du niveau des nappes traduit le début de la période de vidange (baisse), les pluies s’infiltrant dans le sol étant normalement entièrement reprises par la végétation. Les hautes eaux 2019 ont été atteintes entre début février en Languedoc-Roussillon à début mai en Artois-Picardie. Certains secteurs n’ont toutefois pas enregistré de recharge pendant la période hivernale, notamment en Bourgogne-France-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes. Les nappes sont généralement en baisse à cette époque de l’année mais quelques tendances inhabituelles ont été enregistrées durant mai 2019.

Au nord, les épisodes pluviométriques durant la première décade de mai ont permis de ralentir le début de la vidange des nappes. De légères recharges ont été enregistrées en début de mois, avant que les tendances ne repartent à la baisse en Normandie, Hauts-de-France, Ile-de-France, Champagne et Lorraine (nappe de la craie, nappe des calcaires du Lutétien et sables de l’Yprésien, nappe des formations tertiaires de la Brie au Tardenois, nappe des calcaires jurassiques du Gâtinais). Les apports n’ont cependant pas été suffisants pour que les niveaux mensuels moyens s’orientent à la hausse.

Les pluies excédentaires sur les reliefs des Alpes du nord et des Pyrénées ont permis de stabiliser les niveaux des nappes alluviales de l’Adour et du Gave, de Bourgogne-France-Comté et du Rhône amont.

Enfin, les pluviométries importantes sur la Corse ont engendré une recharge des nappes alluviales : les tendances se sont inversées vers la hausse.

En juin, les tendances devraient être orientées vers la baisse sur l’ensemble des nappes du territoire. Cependant, les fortes précipitations attendues début juin pourraient avoir un effet bénéfique localement, notamment sur les nappes les plus réactives.

Situation par rapport aux moyennes des mois de mai

La recharge n’a pas été satisfaisante, du fait d’un déficit pluviométrique durant l’automne et l’hiver 2018-2019. Les pluies du printemps n’ont pas permis de compenser ce déficit mais ont cependant limité l’impact du début de la vidange. Ainsi, la situation s’améliore légèrement en mai 2019 : les niveaux sont bas ou autour de la moyenne voire modérément hauts au sud-est.

Parmi les nappes qui présentent les situations les plus favorables en cette période, avec des niveaux autour de la moyenne, on peut citer :

  • Les nappes alluviales de Corse qui se sont rechargées grâce aux précipitations de mai et dont les niveaux sont majoritairement en hausse et modérément hauts.
  • Les nappes alluviales côtières de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, dont les niveaux n’ont que peu bougé durant le mois de mai. Les épisodes de recharge d’avril ont eu un effet bénéfique jusqu’à aujourd’hui expliquant des niveaux modérément hauts.
  • Les nappes du Bassin parisien, pour lesquelles la recharge s’est terminée courant avril à début mai et dont les niveaux sont comparables à la moyenne mensuelle.

Plusieurs secteurs présentent des situations moins favorables, avec des niveaux bas par rapport aux moyennes des mois de mai, on peut citer par exemple :

  • Les nappes des alluvions et cailloutis de Bourgogne et des alluvions et des couloirs fluvioglaciaires du Rhône amont, qui ont eu une recharge très faible voire absente et qui débutent leur période de vidange avec des niveaux modérément bas à très bas. Certains ouvrages atteignent les minima connus pour un mois de mai.
  • La nappe sud de la plaine d’Alsace, dont les niveaux, globalement stables ou en baisse, sont inférieurs aux moyennes de saison, de modérément bas à bas. La nappe du Sundgau oriental reste très bas, avec un niveau encore jamais atteint pour un mois de mai depuis 1955.
  • La nappe des calcaires jurassiques du Berry, qui observe des tendances en baisse et des niveaux bas à très bas. La recharge sur ce secteur a été tardive et peu marquée mais les pluies de mai ont permis d’améliorer légèrement la situation.

En cas d’absence de pluies suffisantes engendrant une sécheresse des sols et une demande en eau accrue, la situation pourrait devenir rapidement peu satisfaisante sur ces secteurs. Des épisodes pluviométriques importants sont prévus début juin. Ils pourraient empêcher une dégradation de l’état des nappes.

POUR ALLER PLUS LOIN

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