Fête de la science 2019 : retour en images

Le BRGM participait à Science en direct 2019, un dispositif exceptionnel, gratuit et ouvert à tous, déployé au Forum des Halles à Paris les 5 et 6 octobre 2019, pour lancer la 28e édition de la Fête de la science.
25 octobre 2019

Visite d'une cavité souterraine en réalité virtuelle

Visite d'une cavité souterraine en réalité virtuelle avec Fred Courant de L'Esprit Sorcier, sur le stand du BRGM à Science en direct. 

© L'Esprit Sorcier 

Alors moi, j'ai quitté le Forum des Halles. Je suis sur le stand du BRGM avec Sylvain. T'es là ? Oui. Bonjour, Fred. Je suis là. Tu sais, on va emmener tout le monde en balade dans une grotte.  

C'est pas une grotte, mais une carrière souterraine. Là, t'es en train de visiter une carrière qui a été creusée pour construire la ville d'Orléans. T'es à 10 m sous le centre-ville d'Orléans.  

Je suis à 10 m sous Orléans ?  

C'est ça.  

OK. Donc je peux avancer, comme ça, et quand j'avance dans la grotte, j'ai toute sorte d'informations qui me racontent l'histoire... Je trouve les traces des carriers. On peut se balader. Je crois que c'est un endroit où on a cultivé aussi.  

Il y a eu des cultures de salades, ça a servi d'abri pendant la guerre pour abriter les populations des bombardements. Et donc là, tu peux remonter toute l'histoire de cette carrière en quelques minutes de visite.  

Je suis un peu dans le noir. Ça me donne un petit peu le vertige. C'est quoi ? Raconte-nous comment tu as réalisé, comment vous avez réalisé au BRGM cette simulation, cette immersion ?  

Alors ça, c'est le modèle 3D qui est à la base de cette immersion. Il a été réalisé à partir de centaines de photos prises dans une vraie carrière.  

Donc vous êtes descendus prendre des photos.  

C'est pas une carrière qui a été inventée de zéro, elle existe vraiment. Et avec des logiciels adaptés, on a reconstitué un modèle 3D, et puis, on a ajouté toutes les informations sur l'histoire dedans.  

C'est extrêmement ludique, c'est pour le grand public, mais vous l'avez fait dans quel but ?  

Effectivement, là, c'est à des fins de sensibilisation. En pratique, on travaille sur tout ce qui est risque d'effondrement. Donc là, en centre-ville, ça a un intérêt particulier. Pour ça, on utilise un autre outil, qui est à côté de moi, le scanner que tu dois pas voir car tu es dans ton casque.  

Attends. Je vais remonter en surface.  

Voilà. C'est mieux.  

En tout cas, belle balade. Si vous êtes là, venez en profiter. Là, nous, on s'amuse avec, mais vous, vous travaillez avec.  

Voilà. Nous, notre travail, c'est d'évaluer les risques d'effondrement de ces carrières et d'utiliser la 3D pour ça.  

Donc là, ça a été spécifiquement fait à Orléans pour étudier, voir s'il y avait, en plein centre-ville, des risques d'effondrement ?  

Le modèle 3D nous permet de repositionner cette carrière par rapport aux bâtiments qui sont au-dessus et on va voir s'il y a des zones de la carrière qui risquent de s'effondrer au droit des maisons au-dessus.  

Ça, c'est une des grandes missions du BRGM en France, c'est pas la seule, c'est de repérer les cavités naturelles ou artificielles qui peuvent présenter des risques pour l'habitat.  

C'est une des nombreuses missions du BRGM. On gère une base de données nationale des cavités souterraines qui compte plus de 180 000 cavités aujourd'hui.  

Combien ?  

Plus de 180 000 sur toute la France.  

Il y a des régions qui sont plus sensibilisées ? Ça peut intéresser notre public. Justement, vous êtes là pour les repérer.  

Il y a des cavités à peu près partout. On va en avoir sous les grandes villes pour des raisons historiques.  

Car on a creusé des carrières.  

Exactement. On a creusé pour construire les villes. Là, on a des beaux immeubles haussmanniens derrière nous.  

On sait que Paris...  

C'est de la pierre qui venait initialement de sous Paris, puis après, on est allés la chercher en Picardie au fur et à mesure que la ville grandissait.  

Historiquement, dans toutes les villes, on peut trouver...  

À peu près dans toutes les villes. Il y en a sur lesquelles on en a particulièrement. Il y a évidemment Paris, on peut citer Lille aussi, Strasbourg. Sur Strasbourg, on avait des souterrains qui étaient utilisés par les brasseries pour le stockage et la fabrication de la bière.  

Dans ces cas-là, vous pouvez partir de traces historiques, en fouillant dans les archives, pour retrouver ces carrières, mais quand c'est naturel, comment vous faites ?  

Quand c'est naturel et qu'on n'a pas de trou dans le sol, là, on a des méthodes qu'on appelle géophysiques pour les détecter depuis la surface.  

Pour faire simple, c'est quoi ?  

On pose un appareil au sol qui va faire une mesure du champ de pesanteur terrestre.  

On rappelle, c'est ce qui nous attire.  

C'est la gravité. On va avoir une influence de la cavité souterraine sur la valeur de la gravité.  

Quand il y a moins de matières, on a moins de gravité ? Nous, on la sent pas, mais vous, vos appareils le détectent.  

On fait une mesure très fine de la gravité et on la répète sur toute une zone, et comme ça, on détecte des zones d'anomalie de gravité qui nous font suspecter une cavité. 

Et ça, c'est quoi ?  

Ça, c'est un petit scanner. Là, on est dans le cas où on peut descendre nous-mêmes dans la cavité. Maintenant, depuis quelques années, on s'est équipés de cet appareil.  

Tu fais quoi ? Tu le prends à la main ?  

Alors je vais le détacher. Hop ! Sans le faire tomber. Je peux te confier le micro ?  

Et vous faites quoi avec ?  

On se promène avec ce scanner à la main. Ça nous permet d'avoir un modèle 3D de la cavité au fur et à mesure qu'on se promène dedans.  

Et de pouvoir reconstituer après des images.  

Voilà. De reconstituer la géométrie vraiment de la grotte ou de la carrière et de la replacer par rapport à l'environnement de surface pour voir sa profondeur, son volume... Et gérer les risques par rapport à ça.  

Et les équipes du BRGM se promènent partout en France avec ça ?  

Alors oui, on a deux appareils, maintenant, au BRGM, qui naviguent sur toute la France. On est deux à faire ça au BRGM. On se promène sous terre dans toutes les régions de France.  

Vous passez votre vie en souterrain.  

On finit par se dépigmenter au bout d'un moment.  

Non, ça va. T'as l'air en pleine forme encore. Merci pour ces explications. Je dis au public qui est là, au Forum des Halles, de venir ici. C'est vraiment très impressionnant de se promener dans ces cavités. Si vous avez l'occasion de rencontrer le BRGM dans différents endroits en France, demandez-leur de faire un petit tour avec ce casque virtuel. C'est intéressant. Merci beaucoup.  

Merci.  

Vrai ou faux : Comment expliquer l'extinction des dinosaures ?

Depuis le début des années 1980, les scientifiques débattent pour trouver l’origine de la disparition des dinosaures. 

Gigantesque impact d’astéroïde (plus de 10 km) au Mexique, colossales éruptions volcaniques en Inde (2,5 millions de km3)… Au-delà de ces événements catastrophiques qui marquent les esprits, il existe aussi d’autres évolutions environnementales sur une autre échelle de temps comme les variations du niveau marin. En effet celui-ci a fortement diminué vers la fin du Crétacé. Tout comme la température globale. Et les dinosaures ne sont pas les seuls à avoir disparu. 

© L'Esprit Sorcier 

Ils sont immenses, mais pas toujours, ils sont terrifiants, mais aussi tout mimis. On fait un vrai/faux sur la disparition ou non des dinosaures.  

Je peux aller dans le public ?  

Oui, s'il te plaît. Jingle. Nous accueillons Frédéric Simien du BRGM pour jouer à ce vrai/faux. On va s'y mettre de suite. On commence ?  

Oui, bien sûr.  

C'est parti. Première question : les dinosaures ont tous disparu, vrai ou faux ? Dans le public, à votre avis. On a déjà un participant. Regarde.  

Est-ce que mon micro fonctionne ? Comment tu t'appelles ?  

Eli.  

Alors, Eli, quelle est ta réponse ?  

Ben, moi, je dis non. Ils n'ont pas tous...  

Pas tous disparu ?  

Oui.  

Alors vas-y, précise un petit peu, quand même. Pourquoi ?  

Le crocodile, c'est encore un dinosaure.  

On peut avoir une réponse ?  

Le crocodile est-il un dinosaure ?  

C'est un reptile, mais pas un dinosaure.  

C'était bien vu, quand même.  

Oui. C'est proche.  

Quelqu'un d'autre veut se lancer ?  

Est-ce que vous voulez vous lancer ?  

Je pense qu'ils ont tous disparu.  

Vous êtes sûr ?  

Oui.  

On n'en mange pas ?  

Ce serait peut-être bon, mais non.  

OK. Est-ce que toi, t'as une petite idée ? T'as pas d'idée ? Est-ce que quelqu'un a une idée ?  

Là, regarde, Fred, juste devant, il y a un autre téméraire.  

Un téméraire.  

Ils ont disparu, mais il y en a encore quelques-uns, comme le requin ou les oiseaux, qui sont des descendants des dinosaures.  

Ça appelle quelques précisions.  

On va donner la réponse, déjà. Les dinosaures ont disparu, vrai ou faux ?  

Faux. Il a raison. Les oiseaux descendent des dinosaures, même des théropodes. Je vous ai apporté un moulage d'une empreinte de dinosaure. C'est un Grallator qui vivait il y a 200 millions d'années en Lozère. Donc vous voyez les trois doigts du pied.  

Quelle famille de dinosaures ?  

Des théropodes.  

C'est comme les T-rex ?  

Exactement. Sauf que celui-ci mesure à peu près 2 m de haut. Donc il n'était pas très grand. Et ça ressemble beaucoup à l'empreinte de la patte d'un oiseau. Donc vous avez raison.  

On est d'accord que c'est une lignée à part entière.  

Exactement.  

Il y a des points communs, mais les dinosaures en tant que lignée ont disparu.  

Exactement. Les gros ont bien disparu.  

D'accord. Justement, il y a eu des découvertes récentes sur des nouvelles espèces. On n'arrive pas à savoir si c'est toujours des dinosaures ou si c'est des oiseaux. Alors ?  

C'est depuis l'année 2010, à peu près, qu'il y a eu des nouvelles découvertes en Chine. Ça a révolutionné la manière de voir les choses. Avant, on classait bien à part les oiseaux et les dinosaures, mais on a étudié les plumes aussi et on a remarqué que les plumes de dinosaures, c'était pas pour voler au départ, c'était une ornementation. 

On a trouvé des plumes ?  

Exactement.  

Waouh ! D'accord. Donc ça existait sur les dinosaures avant d'être une caractéristique déterminante des oiseaux.  

Pas tous, mais certains avaient des plumes. Et avec les pigments, on arrive à retracer la couleur des plumes de l'époque.  

Sur les traces de pigments dans les plumes ?  

Exactement. Par exemple, l'archéoptéryx, qui est connu comme l'ancêtre des oiseaux, on le représentait jusqu'à ces dernières années plutôt clair, et dernièrement, on s'est aperçu qu'il était plutôt gris foncé, noir.  

Noir ? Tout noir ou avec des petites nuances ?  

Avec des petites nuances. Avec du gris foncé, du marron, pas homogène.  

Est-ce qu'il y a d'autres caractéristiques physiques qu'on pourrait trouver entre les oiseaux et les dinosaures ?  

Ah, ben, certains ont de grandes ressemblances, notamment au niveau du bassin pour les os. Il ne faut plus dire "quand les poules auront des dents", parce que justement, si on remonte dans le passé, les dinosaures avaient aussi des dents, donc les oiseaux aussi, et ça a disparu.  

Il y a une autre question sur ce sujet ou on passe à la suivante ? 

Est-ce que vous avez une question à poser ?  

Non, je veux juste dire que je suis fan de ce monsieur.  

Non, c'est pas le jeu, ça. On parle de dinosaures. On passe à la question suivante ?  

On passe à la suivante. Donc 2e question : les dinosaures sont les seuls à avoir disparu lors de cette crise ? Cette crise d'extinction, on est d'accord. Alors, à votre avis ? Je vois Jean qui a une volontaire pour répondre.  

Alors, à ton avis, vrai ou faux ? Est-ce que les dinosaures seuls ont disparu ?  

Non, je pense...  

Tu penses que c'est vrai ?  

Non, je pense que c'est faux.  

OK. Et pourquoi, à ton avis ?  

Je pense qu'il y a eu d'autres aussi qui sont morts. Au même moment ?  

OK. Bon. Une première idée.  

Est-ce qu'on a une autre idée quelque part ?  

Est-ce que les dinosaures sont les seuls à avoir disparu lors de cette crise ?  

Je sais pas trop.  

Une petite idée. Est-ce que c'est les seuls ? Ah ! Ah ! Vous avez soufflé, vous devez y aller maintenant. Il faut assumer. Alors, qui d'autre ?  

Vous me soufflez ?  

Alors, Jean ?  

On a une idée. Alors, à votre avis, est-ce que les dinosaures sont les seuls à avoir disparu ?  

Oui, je pense.  

Vrai, faux, là... C'est mitigé.  

Une autre idée, à votre avis ? On a quand même eu un indice. Eli, tout à l'heure, a répondu : les crocodiles. Et on a dit que les crocodiles existaient à l'époque des dinosaures. Donc ils n'ont pas disparu.  

Lancez-vous. Vous avez répondu à la 1re question.  

Ils ont dû disparaître tous, mais il y en a quelques-uns qui ont survécu, d'où les oiseaux qui ont continué à évoluer.  

Donc il y en a qui ont survécu, c'est ce qu'on a dit, mais sur l'extinction, est-ce qu'il y a d'autres espèces, à part les dinosaures, qui ont disparu ?  

Non. Je pense que les autres espèces ont réussi à survivre.  

D'accord. Donc visiblement, seulement les dinosaures ont disparu. Une autre petite idée ?  

Je suis un peu mitigée.  

Alors, il faut y aller.  

Non, c'est vrai ou faux.  

Je pense qu'il y en a d'autres qui ont disparu. Pourquoi que les dinosaures ?  

Pourquoi que les dinosaures ? Vous nous prenez pour qui avec vos questions ?  

Ben alors, on donne la réponse ? Vrai ou faux ?  

Non, c'est faux. Plein d'autres ont disparu. On estime que c'est 65 % des espèces qui ont disparu. Donc ça fait beaucoup de monde qui ont disparu. Il y en a qui sont très connues, comme les ammonites, par exemple, qui ressemblent à des escargots, il y a les bélemnites, et il y a tout un tas d'organismes microscopiques fossiles, par exemple les coccolithophoridés, les constituants de la craie. La craie est une accumulation de micro-organismes fossiles. La craie, c'est tout blanc. Ils ont disparu au même moment que les dinosaures. Donc il y a 65 millions d'années, il y a à peu près 65 % des espèces qui ont disparu.  

Et alors, ces mollusques dont vous parliez...  

Les ammonites.  

C'est des fossiles qu'on retrouve hyper souvent dans la nature.  

Exactement, surtout au Mésozoïque, à l'ère secondaire. C'est caractéristique de l'ère secondaire.  

On se balade sur les plages en Normandie, on peut trouver un fossile d'animal qui a 65 millions d'années et qui n'existe plus aujourd'hui.  

Voilà. Je peux vous montrer une photo.  

Ouais.  

On a même la photo de l'ammonite. Il suffit d'aller dans le petit ouvrage, et dans l'ère secondaire, l'ammonite, ça ressemble à ça.  

Ça ressemble à ça. On va montrer ça à la caméra. Vous voyez ? C'est assez caractéristique comme forme. D'accord. On va passer à la question suivante ?  

On vous attend.  

Pardon. Excuse-moi. On discute, on papote.  

On attend avec impatience la question suivante.  

Question 3 : c'est une météorite qui a tué les dinosaures. Vrai ou faux ? Regarde, il y a Eli qui a une petite idée.  

C'est comment votre prénom ?  

Pierre.  

Pierre aussi a une idée.  

Alors, Pierre, vrai ou faux ?  

C'est une météorite qui a tué les dinosaures ?  

Ça en fait partie. C'est peut-être pas la seule cause qui a tué les dinosaures, mais...  

Il y a plein d'hypothèses.  

Je vous garde, quand même. Précisions. Vous pensez à quelles autres causes ?  

Ben, le volcanisme.  

Oh ! Pierre est sur une piste.  

Vous restez là.  

Je crois que Pierre a la bonne réponse.  

Il y a un garçon là. Où est-ce qu'on est ? Voilà. Quelle est ta réponse ?  

Moi, je pense que c'est soit une météorite, soit un volcan.  

Soit l'un, soit l'autre ?  

Voilà.  

OK.  

On a des experts dans le public.  

Moi, je pense que c'est que la météorite.  

Pour toi, c'est que la météorite. D'accord. Vous, vous connaissez la réponse ?  

C'est une météorite qui est tombée, qui était tellement énorme et qui a éclaté.  

On donne la réponse. Est-ce qu'une météorite a tué les dinosaures, vrai ou faux ?  

Alors, faux. C'est pas que la météorite qui a pu tuer les dinosaures.  

Donc oui, mais pas seulement.  

Disons qu'elle y a contribué. Elle est arrivée à peu près 300 000 ans avant la crise. On pense que la crise est graduelle, elle n'est pas vraiment diffuse. Et en fait... Le monsieur parlait de volcanisme. Il faut savoir qu'à l'époque de la crise des dinosaures, il y a eu des grandes émissions de lave, à peu près 4 km3 de lave qui ont été émises sur le continent indien. Et donc pour vous représenter le volume de lave, c'est la superficie de deux fois la France sur 1 000 m d'épaisseur. Quand vous mettez tout ça...  

Un barbecue géant.  

Ça modifie aussi la composition chimique de l'atmosphère, la composition des océans, ça introduit tout un tas de modifications environnementales.  

Donc c'est les deux qui ont contribué à cette extinction. On reste sur ce thème sur la question suivante ? On va continuer à jouer. La crise ayant fait disparaître les dinosaures est la pire crise que la Terre ait connue. Déjà, c'était une grosse crise. On a dit 65 % des êtres vivants.  

Voilà.  

C'était une grosse crise. Alors, vrai ou faux ?  

Alors, est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ?  

Oui, c'est vrai.  

Vas-y, pourquoi ?  

Oui, parce qu'elle a tout détruit sur la Terre.  

Quelqu'un a une réponse ? Monsieur, faites pas semblant de pas me voir.  

Non, mais...  

Est-ce que c'est la pire crise ? Allez, vrai ou faux ?  

Vrai.  

Ben, on va voir la réponse.  

Attendez. Attendez. La pire crise, c'est celle qui est à venir, celle de la disparition de la biodiversité.  

On ne fait pas de politique à la télévision.  

Ce que vous dites est probablement juste, mais c'est pas la question.  

Alors, Frédéric, est-ce que, dans l'histoire des crises qu'on a connues jusqu'à maintenant, celle de la disparition des dinosaures est la pire qu'ait connue la planète ?  

Eh bien, non. Sur les derniers 600 millions d'années de l'histoire de la Terre, en tout, il y a eu 5 crises majeures. Même avant, il a dû y avoir d'autres crises, des périodes où la Terre était entièrement gelée, donc là, je n'en parlerai pas, mais pour les derniers 600 millions d'années, parmi les cinq crises majeures, la plus importante, elle s'est produite à la fin de l'ère primaire, vers à peu près 220 millions d'années.  

On a une idée du pourcentage, pour comparer ?  

Par rapport aux dinosaures, c'est 95 % des espèces marines, donc encore plus sévère, et 75 % des espèces terrestres.  

C'est énorme.  

C'est colossal, gigantesque. Ce qui est amusant, c'est de voir les espèces qui ont survécu. Il y a un gros reptile qui s'appelle Lystrosaurus, il a survécu à la crise, et juste après, ça a été le seul vertébré qui a représenté 95 % des vertébrés terrestres. C'est la seule fois dans l'histoire de la Terre qu'il n'y avait plus ses concurrents ni ses prédateurs. Comme il n'était pas exigeant en nourriture, il s'est développé, et ça a été la seule période où une espèce a autant dominé.  

On va enchaîner sur la dernière question de ce 1er quiz. Les humains ont déjà rencontré les dinosaures. Vrai ou faux ? Elle est facile.  

J'ai des spécialistes à côté de moi. Alors, vrai ou faux ?  

C'est faux.  

Jamais.  

Alors ?  

C'est faux.  

C'est presque unanime, là.  

S'ils ont suivi tout ce qu'on a dit, on peut se douter que c'était il y a longtemps.  

Je pense que les hommes préhistoriques les ont croisés.  

Ah ! Bon. On va donner la réponse. C'est vrai ou faux, Frédéric ?  

C'est faux. Ils ont disparu il y a 65 millions d'années et les hommes sont apparus à peu près vers 2 millions d'années.  

Il y a plus de 60 millions d'années de différence. D'accord. Très bien. Mais il y a des espèces qui existent aujourd'hui et que nous côtoyons et qui, elles, ont côtoyé les dinosaures. On a dit les oiseaux tout à l'heure.  

Les crocodiles. Les tortues.  

Il y en a d'autres ?  

Dans la mer aussi, il y a le nautile. On l'appelle aussi "le fossile vivant". C'est le seul qui n'a pas bougé depuis tous les temps fossilifères. Depuis 500 millions d'années, c'est l'un des rares à ne jamais avoir évolué et à avoir traversé les cinq crises majeures.  

Il est costaud. Merci beaucoup, Frédéric, pour toutes ces réponses. Je vous invite à rejoindre Axel au Forum des sciences pour continuer cette discussion. Axel, tu es prêt ?  

Complètement. Frédéric Simien, vous allez inaugurer avec moi le Forum des sciences. On a encore plein de questions à vous poser. Vous êtes géochimiste et responsable des éditions du BRGM, le Bureau de recherches en géologie minière ? Géologiques et minières. Pour faire le lien entre les deux séquences, comment ça se fait que le Bureau d'études géologiques et minières s'intéresse aux dinosaures ? Pour moi, c'était plutôt les roches.  

Le BRGM s'intéresse à la géologie, qui est assez large. Donc c'est assez indissociable d'avoir les roches et les fossiles, car ce sont les fossiles qui ont servi à dater les roches. Aujourd'hui, on date des roches avec des isotopes, et les fossiles sont présents depuis... Et donc nous, par exemple, on travaille aussi avec des fossiles, très récemment un champagne pour délimiter des terroirs. Le champagne pousse essentiellement sur une période géologique qu'on appelle le Kimméridgien, et une commune avait des terrains de cette époque dans le Jurassique et nous a demandé une étude pour voir s'il y avait des fossiles de cette époque-là et ont été classés dans l'Appellation Champagne.  

Sans ces roches, ce serait parfois plus difficile de travailler avec. Il me semble, et vous allez me confirmer, que le tunnel sous la Manche, on l'a construit en suivant la trace de petits fossiles.  

C'est un petit microfossile appelé "Rotalipora reicheli". J'ai une photo dans le livre.  

C'est tout petit.  

Et à l'œil nu, on n'arrivait pas à discriminer les 2 types de craie qui étaient plus ou moins argileuses ou fracturées. Et donc il fallait vraiment creuser dans la craie bleue tout le long du tunnel sous la Manche. Et donc le BRGM a fait toute une série de forages pour creuser au bon endroit. Donc c'est grâce à cette unique petite bête que l'on trouve partout dans les roches au niveau régional.  

Qu'on peut traverser la Manche.  

Exactement.  

Quand on regarde dans les roches et qu'on essaie d'éplucher le passé pour y voir des traces de vie, quelles sont les plus vieilles qu'on trouve ?  

C'est toujours débattu, c'est pour certains vers 3,8 milliards, mais c'est difficile de savoir si c'est des vraies traces de vie. On voit uniquement des petites traces, on peut l'interpréter soit comme des traces de vie, soit il peut y avoir des formes minérales. Donc ça fait l'objet de questions débattues. Après, beaucoup plus tard, vers 2,1 milliards, il pourrait y avoir les 1res traces de vies pluricellulaires, avec plusieurs cellules. Pour certains, ce sont des êtres pluricellulaires, alors que pour d'autres, c'est des artéfacts, des manifestations minérales. Donc c'est toujours débattu. Et nous, on a contribué à l'étude sur les formes de vies pluriminérales vers il y a 2,1 milliards d'années.  

On voit plus de formes qui ressemblent à des mollusques, on fait des analyses très précises pour se dire : c'est des molécules qui correspondent aux vivants.  

Plus on va loin, plus il y a ce qu'on appelle le métamorphisme, et le métamorphisme, il y a des modifications de structure, de texture, de chimie... Donc plus on va dans l'ancien, plus c'est compliqué, parce que les roches ont eu une histoire complexe.  

Y a-t-il des roches qui contiennent des traces des humains du passé ? Je pense aux civilisations précédentes ou aux hommes préhistoriques.  

En Afrique, vous avez des empreintes de pieds sur des laves pas totalement refroidies. En Éthiopie, vous voyez des traces humaines d'un peu moins de 2 millions d'années.  

Dernièrement, on a trouvé des traces du plomb des Romains dans certaines glaces des Alpes, c'est ça ?  

Tout à fait. C'est un glacier alpin. On a trouvé justement une pollution liée au plomb que les Romains exploitaient. Dans les glaciers, quand il neige, la glace s'accumule et on a un enregistrement temporel. Et au niveau des Romains, il y avait des enrichissements en plomb.  

On n'est pas les 1ers à polluer l'atmosphère de manière à marquer tous les territoires.  

Malheureusement.  

Est-ce qu'ils l'ont payé cher ? Nous, on va peut-être le payer.  

Il y a eu des problèmes de saturnisme parce qu'ils avaient des canalisations en plomb pour leur eau, et effectivement, il y a eu beaucoup de maladies liées à ça.  

Stand-up : Qu'avons-nous sous nos pieds à Paris ?

Invisible par essence, le monde souterrain a de tout temps fait l’objet de fantasmes et de légendes. 

Le patrimoine enfoui à quelques mètres sous nos pieds constitue un regard exceptionnel sur notre histoire, avec les fameuses catacombes. Il recèle aussi les ressources indispensables à notre quotidien, qu’il s’agisse des eaux souterraines, qui nous fournissent en eau potable, des roches, qui ont servi de matériau pour construire les maisons, comme les carrières de gypse et de calcaire parisienne ou même la chaleur, grâce à la géothermie qui sert actuellement à chauffer la maison de Radio France à Paris et l’aéroport d’Orly. Mais ces espaces souterrains représentent aussi un risque lorsqu’ils viennent à s’effondrer, comme cela s’est passé à Clamart par exemple. Elles mènent aussi une vie plus atypique, servant d’abri anti aérien, de champignonnière ou… de cave à bière. 

© L'Esprit Sorcier 

Silvain Yart, Florian Masson et Hugues Bauer du BRGM lèvent le voile sur les dessous de la capitale.  

Vous avez une idée de ce qu'est le point commun entre ces images ? Le point commun entre ces images-là, c'est le sous-sol. Vous êtes, pour la plupart, venus par le métro. Donc vous avez déjà circulé dans le sous-sol, mais ensuite ces autres activités, on a tendance à pas trop les connaître. Donc...  

Eh oui. En effet, il y a sous nos pieds plus de 2 000m de strates empilées les unes sur les autres. Et les plus anciennes ont 250 millions d'années. Quand on creuse sous Paris, on va rencontrer différents types de roches, successivement des sables, du gypse, du calcaire, de l'argile, de la craie. Alors je ne sais pas si vous savez à quoi servent ces matériaux, mais si vous regardez autour de vous, pour les constructions on a besoin effectivement du sable pour faire du verre ou du béton, du gypse pour le plâtre, du calcaire pour les pierres à bâtir et l'argile pour les tuiles. Savez-vous que pour construire Notre-Dame, on a exploité le calcaire dans des carrières qui sont aujourd'hui dans le 12e arrondissement ? Depuis l'incendie, il faudra remplacer certaines des pierres qui sont abîmées, et c'est en Picardie qu'on va aller les chercher. Il est hors de question de rouvrir des carrières aujourd'hui à Paris. Et dans le nord de la capitale, aux Buttes-Chaumont et à Montmartre, on a exploité le gypse. La moitié de l'eau que vous consommez à Paris provient des nappes souterraines. Alors il y a la nappe phréatique. C'est la 1re des nappes qu'on rencontre quand on creuse, mais il y en a des plus profondes. Est-ce que vous avez une idée à quoi elles ressemblent ?  

Je dirais une rivière souterraine ?  

Et non. Les nappes souterraines, ce sont les parties des roches qui sont gorgées en eau, un peu à la manière d'une éponge. Alors on en rencontre à différentes profondeurs, et sous Paris, on est allé creuser jusqu'à 600m de profondeur dans des sables pour trouver de l'eau potable. Et on a fait une découverte.  

Laquelle ?  

À cette profondeur, non seulement l'eau est potable, mais en plus elle est chaude. 27 degrés, pas de quoi faire un spa, mais en 1963, on a eu la bonne idée de s'en servir pour chauffer la Maison de la Radio. C'est ainsi qu'est née la géothermie. Aujourd'hui, on va creuser plus profondément, jusqu'à 2 000m pour trouver de l'eau plus chaude. Ça nous permet de chauffer des quartiers comme La Villette ou même l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.  

Il y a plein d'utilisations alors de ces sous-sols. Depuis quand ça date, ces usages des sous-sols ?  

Les 1res utilisations du sous-sol, elles datent du Néolithique donc la période qu'on voyait avant avec l'objet mystère, où on exploitait du silex. Et on n'hésitait pas à creuser dans le sous-sol justement pour aller en chercher. Au fur et à mesure du temps et des époques, les besoins ont évolué. Et comme le disait tout à l'heure Hugues, on a cherché d'autres matériaux, du calcaire, du gypse pour construire des bâtiments. Au fur et à mesure du temps, on s'est retrouvé avec des quantités de carrières souterraines abandonnées, et donc des quantités de souterrains vides non exploitées. Et là-dessus, les Parisiens ont été très doués pour les réutiliser au fur et à mesure des époques. Que ce soit de manière légale... Plus ou moins légale, en fait. Si on prend l'exemple du 15e arrondissement, qui n'est pas loin d'ici, l'une des 1res utilisations qui a été faites des carrières abandonnées, c'est les réexploiter en tant que village troglodyte. Donc aménager des habitations dans des portions de carrières en creusant des placards dans les parois. Et dans certains cas, en aménageant même des cheminées.  

Tu as parlé d'usages moins légaux. Tu peux nous en dire un peu plus ?  

Pour les usages moins légaux, il faut avancer dans le temps et se rapprocher de la Révolution française. Où là, il faut savoir qu'à cette époque-là, certains produits, comme l'alcool, étaient taxés à l'entrée dans Paris. Il y avait les barrières d'octroi. où les gens payaient une taxe. Et pour contourner ça, les contrebandiers ont eu l'idée d'exploiter les centaines de kilomètres de galeries vides sous Paris pour faire entrer en douce de l'alcool. Et donc il y a eu une gigantesque partie de cache-cache sous Paris entre les contrebandiers et la police. Quand la police attrapait des contrebandiers et découvrait des routes, elle fermait ces accès-là, et les contrebandiers avaient juste à exploiter une autre partie pour entrer sans payer.  

Il y en a eu d'autres, des utilisations un peu bizarres des carrières après la Révolution ?  

Après la Révolution, oui, si on avance un peu dans le temps et qu'on se rapproche du XIXe siècle, la fin du... euh non, que je dise pas de bêtises... début des années 1800, on a la naissance de ce qu'on voit ici, les champignons de Paris. Où la méthode pour les exploiter en souterrain est née sous Paris, et plus précisément à la limite entre le 13e et le 14e arrondissement. C'est un maraîcher qui s'appelait Chambry qui un jour a décidé de descendre dans un puits de carrières qui se trouvait sous ses jardins, et qui a découvert un essaim de champignons de Paris sur un tas de fumier de cheval. Il les a ramassés, les a mangés. Il a trouvé ça tellement bon qu'il a décidé d'arrêter toutes ses activités de maraîcher pour se consacrer à la culture de champignons souterrains. Cette activité a perduré au fil du temps puisqu'aujourd'hui on retrouve encore une champignonnière à Paris qui est plus dans les carrières, mais qui se trouve... dans le parking d'un HLM du côté de la Porte de la Chapelle.  

C'est génial. On peut les visiter, tous ces souterrains ?  

Malheureusement non, on n'est pas autorisé à descendre en tant que particulier dans les carrières. Mais il y a un endroit où on peut y descendre, c'est du côté de la place Denfert-Rochereau dans les Catacombes, qui ont été aménagées à la fin du XIXe siècle pour accueillir les ossements des cimetières de Paris quand ils sont devenus pleins à craquer. Il a fallu stocker quelque part et on s'est servi des vides présents sur Paris. Et donc comme je disais, c'est strictement interdit de descendre dans les carrières hormis certains endroits pour des raisons de sécurité.  

Justement, à propos de sécurité, Paris est un vrai gruyère. Ce n'est pas un problème ça, Silvain ?  

Alors ça peut être un problème. Mais heureusement toutes les cavités ne s'effondrent pas. Par contre, certains ont peut-être entendu parler de la catastrophe de Clamart. On a des outils pour étudier les cavités, et notamment ce petit scanner, qui nous aide à avoir des cartographies 3D des cavités, pour étudier les risques. Mais surtout, ce qu'il faut garder en tête, c'est que ces cavités sont un patrimoine, comme ce que nous a expliqué Florian, un témoin de l'histoire de nos villes qu'il faut considérer comme un patrimoine à sauvegarder et à valoriser. Pour aujourd'hui, on ne vous emmènera pas dans une vraie cavité, mais demain, retrouvez-nous sur notre stand derrière pour une visite en réalité virtuelle d'une cavité souterraine.  

Silvain Yart, Florian Masson, et Hugues Bauer, venez me rejoindre au Forum des sciences. On va continuer la discussion. Silvain Yart, c'est vous, vous êtes ingénieur au BRGM vous êtes sur la gestion des risques souterrains. C'est vous qui allez nous dire qu'il ne faut pas s'inquiéter, que ça ne va pas nous tomber sur la tête ou alors qu'on ne va pas tomber dans les trous. Vous, Florian Masson, vous êtes aussi au BRGM. Vous êtes technicien sur la gestion des risques souterrains. Et Hugues Bauer, vous êtes géologue. Et c'est vous qui dites : "Là, ce que vous voyez, c'est telle ou telle roche..."  

Exactement.  

On n'a pas beaucoup de temps. Je suis désolé. Vous avez commencé à parler de cet objet. J'aimerais comprendre à quoi il sert. Vous avez dit que c'était quoi, Silvain ?  

C'est un scanner laser 3D. C'est un petit objet avec lequel on se promène dans les cavités, les anciennes carrières auxquelles on peut encore accéder. C'est un outil qui va nous permettre d'avoir un modèle 3D très précis de ces cavités pour évaluer le risque lié à ces cavités, définir les endroits où elles risquent de s'effondrer, et si on a des bâtiments au-dessus.  

On va mettre des images pendant qu'on essaie de comprendre. Le but, c'est de l'emmener avec soi dans la cavité. Donc il faut y aller ? Donc vous prenez beaucoup de risques tous les deux ?  

Alors, le truc, c'est que justement, on va dans les cavités où on sait qu'on va sortir vivant a priori.  

Mais Florian, vous m'avez dit que pour savoir si c'est dangereux, il faut utiliser le scanner, donc à un moment, il faut...  

Ça dépend vraiment... Il y a certains secteurs de carrière où on va justement pas aller, de visu on voit tout de suite que c'est pas engageant, quand on voit qu'au plafond il y a des fissures, il y a plein de blocs au sol, on n'y va pas, on préfère laisser de côté. On peut, grâce à la portée de l'appareil, scanner une partie de la zone dangereuse, mais on fait quand même attention à nous.  

On a une image, mais c'est l'image d'une galerie. Donc on tient l'appareil devant soi, et on marche, et après on a une acquisition de toutes les données qui sont simplement autour de nous ou ce qu'il y a à travers les murs ? Ça va plus loin que ce qu'on voit la cavité ?  

Non, ça reste ce qu'on voit autour de nous. Ce que va lever l'appareil, c'est ce qu'on voit nous quand on se déplace dans la carrière. Il ne va pas voir à travers les murs. Si jamais il y a une autre galerie derrière un mur à côté de nous, il va falloir qu'on rentre dans cette carrière-là.  

Donc pour l'utiliser, pour cartographier les souterrains, il faut aller faire des randonnées souterraines.  

C'est ça.  

Partout où vous êtes passés, vous avez la trace.  

Des fois, on passe toute la journée à marcher sous terre.  

Ça peut durer toute la journée ?  

Oui, ça arrive. Des fois, on rentre à 8h du matin, on ressort à 18h en faisant pique-nique sous terre.  

Hugues Bauer, est-ce que toutes les grandes villes en France ont des souterrains ou ont exploité le souterrain pour chercher des pierres et se construire ?  

Exactement.  

Ah oui ?  

Toutes les grandes villes ont besoin de matériau pour se développer. Elles vont chercher ce matériau le plus proche. Généralement, les carrières sont ouvertes en périphérie des villes, et puis elles sont poursuivies en souterrain. La ville en s'agrandissant va venir recouvrir ces anciennes carrières. C'est comme ça qu'on en trouve sous Paris, qui étaient exploitées à l'époque de Notre-Dame. Et donc on a vu qu'elles pouvaient être réutilisées après pour d'autres objectifs. C'est en ce sens que c'est un patrimoine vraiment intéressant et historique. Et il faut savoir qu'aujourd'hui pour alimenter la région parisienne, en Île-de-France, il y a une centaine de carrières et qui fournissent les matériaux.  

Alors on a vu que Florian et Silvain allaient faire des randonnées souterraines. Est-ce que vous, vous allez aussi dans ces carrières, dans ces anciens souterrains pour faire des prélèvements ou faire de la recherche ?  

Tout à fait. Ces carrières sont des endroits privilégiés pour observer les roches vraiment à nu. Et donc les géologues ont l'habitude de faire des relevés, des prélèvements dans ces endroits. Il faut savoir que Paris, Lutèce de son ancien nom, a donné son nom justement à l'état géologique qui s'appelle le Lutétien, et dont la coupe de référence se trouve dans les carrières souterraines de Paris.  

Il y a quelque chose qui se passe et qu'on va décrire, juste derrière, c'est au stand du BRGM, c'est qu'on peut voyager en réalité virtuelle à travers vos balades dans les souterrains. On met un casque... Est-ce qu'aujourd'hui la VR, la réalité virtuelle, c'est un objet qui va nous servir de plus en plus à étudier le monde 3D souterrain ? Quand on est sur une carte, on n'a pas les épaisseurs. Silvain Yart.  

Effectivement, c'est une technologie qu'on utilise de plus en plus. Pour tous les aspects scientifiques, c'en est encore à ses prémices. Par contre, pour les aspects sensibilisation et partage de l'information avec le grand public, c'est quelque chose qui est extraordinaire. Et comme techniquement le milieu souterrain, c'est un milieu où tout le monde ne peut pas aller, ça permet de faire ressortir le milieu souterrain à la surface et de montrer au plus grand nombre ce qu'on voit. Et rien que ça, c'est extraordinaire Mais pour l'instant, c'est plus sur les aspects patrimoine et valorisation que sur des aspects purement scientifiques.  

Merci beaucoup à tous les 3 d'être venus nous raconter votre vie souterraine.