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La grotte de Koungour Ice Cave, taillée dans la roche calcaire, vue d'un lac souterrain (Koungour, Russie, 2009). © Sergey Ilin - Fotolia

Ressource en Eau : état quantitatif et qualitatif

16.07.2013

Intervention de Nathalie Dörfliger, directrice Eau, Environnement et Ecotechnologies du BRGM, lors de la 18e édition thématique d'INNOV'ECO, spécial Ressource Eau - Smart & Clean Water, le 13 juin 2013 à Paris.

Intervention de Nathalie Dörfliger, directrice Eau, Environnement et Ecotechnologies du BRGM, lors de la 18e édition thématique d'INNOV'ECO, spécial Ressource Eau - Smart & Clean Water, le 13 juin 2013 à Paris. © INNOV'ECO / Tivipro

Transcription de la vidéo

Bonjour à tous. Je vais faire un point sur les aspects ressources en eau. L'idée est d'identifier quels sont les verrous technologiques, aussi bien pour la gestion quantitative que qualitative des ressources en eau.

Si on regarde cette carte à l'échelle mondiale, une carte qui représente les ressources totales annuelles renouvelables par personne et par année, on a une variabilité relativement importante, avec des situations parfois critiques, à l'échelle de différents pays. On a une variabilité, qui va certainement être accentuée, aussi bien sous l'effet du changement climatique que du changement global avec des pressions démographiques. Et donc, on aura une pression démographique de plus en plus importante.

On peut également constater, au cours des dernières années, des intensifications des prélèvements au niveau des eaux souterraines. A l'échelle de la France, on a une utilisation des eaux souterraines d'abord pour l'alimentation en eau potable, mais sur certaines régions, on a des usages qui utilisent aussi de l'eau souterraine. Au niveau européen, on aurait tendance à une stabilité et à une optimisation de ces ressources.

A l'échelle de la France, pour les aspects eau souterraine, on a un grand nombre d'aquifères, de réservoirs d'eau souterraine, qui sont variables en fonction de la géologie. Ces ressources en eau, elles sont évaluées en prenant en considération la quantité d'eau qui va recharger ces réservoirs. Donc on a une quantité d'eau qui va permettre d'être utilisée à l'échelle de la France. C'est 168 milliards de mètres cubes d'eau disponibles pour les eaux de surface et souterraines.

Si l'on regarde vers le futur, une carte des recharges, issue d'une étude de Explore 2070 sur la variabilité et l'écart de la recharge entre aujourd'hui et les années 2050, 2070, on voit une modification qui va se traduire par une baisse de recharge, globalement, entre 30 et 20%, et qui peut aller, sur certains secteurs, jusqu'à plus de 50%, notamment, ici, dans le secteur Languedoc-Roussillon. On va avoir, certainement, un impact et une variation de quantité d'eau disponible dans le futur.

Au niveau des eaux de surface, que pourrait-il se passer dans les années 2050 ? Issu de cette étude Explore 2070, avec un changement climatique, le débit moyen annuel pourrait être de moins 30 à moins 50% au niveau du bassin de Paris. Une baisse de moins 20 à moins 30% sur des débits moyens annuels sur le Massif central, au sens large. Et plus importante sur le bassin Adour-Garonne, avec des incertitudes à prendre en considération.  Ce sont déjà des indications qui permettent de voir quels seront les scénarios d'adaptation à prendre en considération.

Quels seront les verrous scientifiques et techniques à ce niveau-là ? Au niveau de la prévision, il y a les questions de savoir si on est à même, avec un réseau de données, de surface et de souterraine, de pouvoir représenter et faire une prévision.

Un des verrous est de savoir comment on peut intégrer différents types de modèles sur des plateformes, les combiner avec des données et à l'échelle nationale, les climatologues et Météo France savent faire ces représentations à l'échelle de la France. Ça ne remplacera pas un modèle de prévision régional, qui sera toujours nécessaire, mais ce sont des éléments importants pour prendre des décisions. On peut utiliser et valoriser l'ensemble des points de mesure et passer d'un bulletin d'information hydrogéologique statique à quelque chose qui serait une météo des eaux souterraines, dans le futur, à une échéance de 5 ou 10 ans.

Il y a toutes les questions de soutien d'étiage qui sont à prendre en considération et sur lequel il y a des travaux en cours. Poursuivre les efforts qui ont été faits, où l'on va coupler des approches d'utilisation d'eau pour l'ensemble des différents usages et de prendre en compte des aspects socio-économiques.

Il y a un transfert important à faire de tout ce qui est SmartWater, qui sont développés dans le cadre de l'utilisation et la gestion des réseaux de distribution ou d'assainissement. Il y a un transfert à faire vers le milieu naturel et les grands cycles de l'eau.

Si l'on vient à l'état et au bon état, aussi bien quantitatif que qualitatif, des eaux de surface ou souterraines en France, sur les aspects quantité et gestion, tout le monde est conscient des problématiques qui sont liées aux nitrates.

On peut regarder la même chose au niveau des pesticides, la concentration totale dans les eaux souterraines qui pose des problèmes qui sont en relation avec quelles sont les mesures de protection à mettre en œuvre pour assurer un retour à un bon état écologique de ces masses d'eau.

Une campagne exceptionnelle a été réalisée par le ministère de l'Environnement et avec l'Onema, auquel le BRGM a contribué avec INERIS pour déterminer les points d'eau à échantillonner et qui soient représentatifs. Ici, on a un extrait sur la région Bordeaux-Aquitaine, au sens large, où on voit des points avec des concentrations en substances pharmaceutiques. Celles-ci sont présentes dans des quantités relativement faibles. Il y a un besoin important de recherches pour savoir quel est l'effet sur du long terme. Aussi bien les effets des processus de transfert que les relations avec les eaux de surface et les conséquences en termes toxicologiques et écotoxicologiques.

Quels sont les verrous sur ces aspects qualité de l'eau au sens général, et pas seulement eau souterraine ? Il faut continuer à avancer sur les moyens de vérifier l'efficacité des mesures de protection des aires de captage. Des pressions impact avec les aspects de transfert et des processus de transfert dans les eaux de surface et les eaux souterraines. L'origine de ces contaminants et de ces transferts, l'influence des paramètres climatiques qui pourront jouer un rôle.

Toutes les questions qui tournent autour de la métrologie et de capteurs qui sont déjà développés, mais également couplés à des biomarqueurs qui permettent d'être intégrés dans des systèmes d'alertes. Les polluants émergeants, j'en ai parlé, et également des questions de restauration et d'ingénierie écologique, qui sont les questions clés sur lesquelles il faut continuer à avancer et comprendre le rôle des écosystèmes et des services écosystémiques.

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