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Le Cians, petit torrent alpin qui prend ses sources dans le parc national du Mercantour, creuse son lit dans les grès rouges du Permien (entre Puget-Théniers et Valberg, Var, 2007). © BRGM - François Michel

Etat des nappes d'eau souterraine au 1er mai 2020

Notes d'information - 13.05.2020
La recharge des nappes phréatiques 2019-2020 se termine entre mi-mars et fin avril. Elle a été nettement supérieure à la moyenne, du fait de pluies efficaces précoces et conséquentes.

Résumé

La recharge 2019-2020 se termine entre mi-mars et fin avril. Elle a été nettement supérieure à la moyenne, du fait de pluies efficaces précoces et conséquentes, et a généré des niveaux particulièrement hauts sur certaines nappes en mars 2020.

En avril 2020, la vidange est amorcée et les tendances sont généralement à la baisse. Les nappes les plus inertielles du bassin parisien sont toutefois encore en légère hausse mais termine leur recharge courant avril. Localement, sur le pourtour méditerranéen, les pluies excédentaires de fin avril ont permis aux niveaux de se stabiliser voire de s’orienter à la hausse.

Les déficits pluviométriques enregistrés à partir de mi-mars ont accéléré la vidange des nappes. Cependant, la situation reste satisfaisante, avec des niveaux autour de la moyenne à hauts sur une grande partie du territoire. La situation est moins favorable sur les nappes de la plaine d’Alsace, du couloir de la Saône et du Rhône et du Massif Central.

Les événements pluviométriques exceptionnels annoncés en mai pourraient permettre de ralentir ou d’interrompre la vidange et d’améliorer les situations notamment sur les nappes réactives.

 

Carte de France de la situation des nappes au 1er mai 2020. © BRGM

Tendances d’évolution

Les nappes du territoire ont bénéficié d’une recharge hivernale nettement supérieure à la moyenne. En effet, la recharge a débuté précocement, dès octobre 2019 pour les nappes les plus réactives, et les pluies efficaces de l’automne et l’hiver ont été particulièrement abondantes. L’absence de précipitation notable, la reprise de la végétation et l’augmentation de l’évapotranspiration à partir de mi-mars ont eu pour conséquence de mettre un terme à la période de recharge. La vidange s’est généralisée à l’ensemble des nappes du territoire et les tendances sont globalement orientées à la baisse.

Seules les nappes réactives du littoral atlantique, du littoral méditerranéen et de Corse ont bénéficié localement de l’infiltration de pluies fin avril. Cependant, ces apports n’ont pas interrompu la vidange en Adour-Garonne et en Bretagne. Les niveaux se sont stabilisés ou orientés à la hausse sur les nappes alluviales et multicouches du littoral languedocien, du Roussillon, de la Provence et de Corse.

Concernant, pour les nappes les plus inertielles, la nappe de la craie d’Artois-Picardie, de Picardie et de Normandie ainsi que la nappe des calcaires de Beauce, les tendances sont toujours à la hausse. Ces nappes présentent un temps de réponse long et la hausse des niveaux perdure plusieurs semaines après l’arrêt de l’infiltration des pluies en profondeur. Toutefois la recharge semble se terminer et la plupart des niveaux s’infléchissent courant avril.

Situation par rapport aux moyennes des mois d'avril

La situation de fin de recharge, observée en mars, s’est caractérisée par des niveaux particulièrement hauts. Les conséquences des déficits pluviométriques, enregistrés de mi-mars à fin avril et conjugués à des températures élevées, se font ressentir rapidement sur les niveaux des eaux souterraines. La situation se dégrade lentement depuis mi-mars notamment sur les nappes réactives.

La situation reste satisfaisante sur une grande partie du territoire où les niveaux sont toujours au- dessus des moyennes mensuelles. Localement, certaines nappes très réactives souffrent particulièrement de l’absence de pluies. Ainsi, la situation des calcaires du Jurassique de Lorraine est très hétérogène avec des niveaux bas à hauts. Les niveaux des sources des Causses du Quercy (nappes des calcaires karstifiés libres du Jurassique) sont passés en un mois de très hauts ou hauts à très bas.

La situation est moins satisfaisante sur l’est et le centre de la France. Les niveaux sont modérément bas à très bas au droit de la plaine d’Alsace, des couloirs du Rhône et de la Saône et du Massif Central (Auvergne et Limousin). Seules exceptions, les nappes alluviales des Alpes bénéficient des apports de la fonte des neiges. Enfin, sur le pourtour méditerranéen, les nappes karstiques des régions montpelliéraines et nîmoises et les nappes amont des formations complexes et des alluvions de Provence sont très sensibles à l’absence de pluie et montrent des niveaux bas.

Parmi les nappes qui présentent les situations les plus favorables, avec des niveaux modérément hauts à hauts par rapport aux mois d’avril des années antérieures, on peut citer :

  • Les nappes de la craie d’Artois-Picardie et de Seine-Normandie qui terminent leur période de recharge courant avril avec des niveaux modérément hauts à hauts ;
  • La nappe des calcaires du Jurassique de Vendée, les nappes des calcaires du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois et les nappes alluviales d’Adour- Garonne dont les niveaux étaient hauts à très hauts en mars 2020 et qui demeurent modérément hauts à hauts en avril ;

  • Les nappes alluviales de Corse qui ont bénéficié d’apports conséquents depuis l’été 2019 et dont les niveaux sont en hausse et au-dessus des normales.

Plusieurs secteurs montrent des situations moins favorables, avec des niveaux modérément bas à bas par rapport aux moyennes de tous les mois d’avril :

  • La nappe d’Alsace dont les tendances sont hétérogènes et dont les ouvrages à l’extrême sud restent à des niveaux très bas ;

  • Les nappes des alluvions, cailloutis et couloirs fluvioglaciaires de Bourgogne, du Rhône amont et du Rhône moyen, qui sont fortement impactées par les déficits pluviométriques successifs depuis 2017. La situation se dégrade et certains secteurs affichent des niveaux très bas nécessitant une surveillance renforcée ;

  • Les nappes du socle et du volcanisme du Massif Central, en Auvergne et en Limousin, commencent à bénéficier d’un suivi suffisamment long (15 ans) pour la réalisation de statistiques fiables. Les niveaux accusent des déficits pluviométriques et sont modérément bas voire très bas sur le bassin amont de la Loire.

Courant mai, de fortes précipitations sont annoncées sur l’ensemble du territoire. Malgré la reprise de la végétation, les pluies pourraient être suffisamment excédentaires pour s’infiltrer jusqu’aux nappes. Les nappes réactives pourraient alors enregistrer des hausses de niveaux tandis que les nappes inertielles pourraient observer une tendance au ralentissement de la vidange. La situation devrait donc rester stable voire s’améliorer notamment pour les nappes réactives ayant bénéficié d’apports conséquents.

POUR ALLER PLUS LOIN

Télécharger la carte de France de la situation des nappes au 1er mai 2020

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