Ouverture du BRGM à la société en région Pays de la Loire (2018)

Le 20 mars 2018 - Le Mans

Le BRGM contribue au dialogue science-société. À cette fin, il organise des réunions d'échanges en régions. En région Pays de la Loire, une réunion a eu lieu le 20 mars 2018 au Mans.

En tant qu'établissement public de recherche et d'expertise, le BRGM contribue au dialogue science-société dans ses différents domaines d’activités. 

Des réunions de dialogue en régions avec les représentants des organisations non gouvernementales environnementales 

Les représentants du BRGM en régions organisent des réunions de dialogue avec les représentants du monde associatif sur des problématiques régionales liées à l'environnement dans les domaines d’expertise du BRGM qui ont déjà fait l’objet de publications. 

Ces réunions permettent d'établir un dialogue ouvert et constructif. Elles favorisent la mise en commun des savoirs, des "non-savoirs" et l’expression des attentes et des questionnements de chacune des parties, dans le respect d’une déontologie qui garantit la transparence et la confiance dans les échanges tout en préservant l’indépendance de jugement des uns et des autres. 

Résumé de la réunion du 20 mars 2018 au Mans 

Sujet abordé 

Problématique des eaux souterraines dans la Sarthe 

Date et lieu 

Mardi 20 mars 2018 à la Maison de quartier Edith Piaf au Mans 

Programme 

  • Présentation succincte du BRGM 
  • Rappel du fonctionnement des eaux souterraines : notions d'hydrogéologie, contextes géologique et hydrogéologique de la Sarthe 
  • Présentation du réseau de suivi piézométrique en Sarthe : niveau variable en cours d'année, incidence des pompages sur le niveau de la nappe, usages des prélèvements souterrains 
  • Rappel sur la qualité des eaux souterraines en Sarthe : différents réseaux de suivi et origine des éléments dissous 
  • Discussion sur les interactions et les conflits potentiels liés aux eaux souterraines 

Participants 

27 participants représentant les organismes suivants : 

  • UFC-Que Choisir de la Sarthe 
  • Association de Ressources et de Développement des Activités et des Métiers de l’environnement (ARDAM) 
  • Association de protection de l'environnement et du patrimoine d'ecommoy (APEPE) 
  • Sarthe Nature Environnement 
  • Pisciculture Cardon 
  • Collectif pour la Sauvegarde de la Charnie 
  • Grain de Sable et Pomme de Pin 
  • La Sauvegarde de l'Anjou 
  • FNE Pays de la Loire 

Points d'attention, attentes et questionnements des participants, discussions 

Quelle est la différence entre une nappe libre et une nappe captive ? 

Les nappes libres communiquent avec la surface car, au-dessus de la nappe, le terrain est perméable, les pores de la roche ne sont que partiellement remplis d'eau, le sol n'est pas saturé, et les eaux de pluie peuvent toujours l'imprégner davantage. Aussi, le niveau de la nappe peut monter ou baisser en fonction des précipitations : fluctuations saisonnières et annuelles. 

Les nappes captives sont quant à elles contenues dans des formations recouvertes par une épaisseur de terrains imperméables. Ces nappes n'ont qu'un lien ténu avec la surface (par où elles sont alimentées) qui correspond à la zone où la couche perméable affleure. Les nappes captives peuvent être profondes (quelques centaines de mètres et plus). L’eau contenue dans ces nappes se renouvelle plus difficilement que dans les nappes libres. L'eau peut se retrouver sous pression (niveau d’eau s’établissant au-dessus du toit de l’aquifère). Elle est même parfois suffisante pour que le creusement d'un forage permette à l'eau de jaillir en surface naturellement : une telle nappe est alors dite artésienne (niveau d’eau s’établissant au-dessus du terrain naturel). 

Les argiles sont-elles perméables ? 

Les argiles sont très peu perméables. Le degré de perméabilité permet de qualifier la vitesse d’écoulement de l’eau au sein d’une formation. L’eau peut néanmoins percoler à travers une épaisseur de formation argileuse mais de façon si lente qu’on la dit « imperméable». 

Les nappes captives peuvent-elles être impactées par les pollutions ? 

Les nappes captives sont mieux protégées contre les pollutions mais il faut faire attention à la nature et à l’épaisseur de la formation. Il faut aussi vérifier qu’il n’y ait pas de forages qui puisse rendre la formation vulnérable (tête d’ouvrage mal protégée des arrivées d’eau, mise en connexion de plusieurs aquifères ...). 

Les assecs d’été sur le bassin de la Sarthe Aval peuvent-ils avoir un lien avec les prélèvements dans la nappe ? 

Oui, c’est fort probable dans la mesure où une nappe peut soutenir le débit d’un cours d’eau (cela peut aller de la baisse du niveau du cours d'eau jusqu'à son assèchement). 

Questions relatives aux réseaux de suivi et aux usages 

Qui met en place les piézomètres ? 

En Sarthe, le réseau de suivi départemental est financé par le Conseil départemental et l’Agence de l’eau. 

Est-ce que les données du réseau piézométrique en Sarthe sont bien mises à jour ? 

Les mises à jour sont faites par le Département. Sur les autres départements dont le BRGM a la charge, les données sont mises à jours tous les 15 jours. 

Qui a la connaissance globale des prélèvements ? 

Le BRGM bancarise les forages et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne les volumes prélevés. La DDT dispose elle aussi de données de prélèvement. Les règlementations sur le Cénomanien sont plus restrictives afin de préserver cette ressource à enjeu majeur. Toute nouvelle demande de forage n’est alors autorisée que s’il y a un abandon de forage afin de rester à volume constant. 

Quid des niveaux d’eau ? 

La recharge des nappes est essentiellement tributaire des eaux de pluie. Les deux tiers des pluies repartent dans l’atmosphère, sous forme de vapeur d’eau, les pluies efficaces, celles qui rechargent les nappes, ne représentent que le tiers restant. Il faut prendre en compte la taille du réservoir, regarder si une année sèche succède à des années excédentaires, dans ce cas c’est moins impactant. L’inverse l’est bien plus. Il faut aussi prendre en compte l’évolution du niveau de l’aquifère : voir si la nappe est réactive (réagit immédiatement à une pluie) ou si elle connait des effets d’inertie (met du temps à se régénérer). 

Quid des prélèvements dans les forages ? 

Pour réaliser un nouveau forage, les bureaux d’études effectuent une étude d’incidence par rapport aux besoins du commanditaire en calculant le rayon d’incidence. Plus le pompage dure, plus l’incidence est grande. Lorsque l’on a plusieurs pompages les uns à côté des autres, l’effet est cumulé ; les rabattements s’ajoutent les uns aux autres et de vastes zones déprimées peuvent se développer d’où la nécessité de connaître aux mieux tous les prélèvements. 

Les forages domestiques sont-ils tous déclarés ? 

Les circuits de déclaration sont complexes. Cependant, il y a nécessité de déclarer ces forages car cela permet aux collectivités de dimensionner les filières de traitements. 

Qu’en est-il des pompages dans les rivières ? 

Ils sont répertoriés par la banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE).  

Questions relatives à la qualité des eaux 

Est-ce que le rejet d’eau pluviale dans les puits est bien interdit ? 

Oui tout à fait. 

Qu’en est-il des captages et des pollutions dans le Jurassique ? 

L’eau circule dans les fractures. Lorsque les pollutions y circulent, on observe immédiatement des pics de pollution. Plus la roche est altérée plus l’eau comme la pollution s’écoulent. 

Est-ce que les plans d’épandage sont pris en compte ? 

Concernant la qualité des eaux dans la Sarthe, il y a trois réseaux de suivi avec trois pilotes : le réseau Agence de l’eau Loire-Bretagne, le réseau ARS (RNSISEAU) et le Réseau Installations Classées. Chacun a des missions et des objectifs différents, tous ne s’intéressent donc pas à la même chose. Le réseau Agence de l’eau Loire-Bretagne vise l’état qualitatif des eaux souterraines. Le réseau ARS (RNSISEAU) s’intéresse aux eaux brutes  utilisées  pour  la  production  d'eau  potable.  Le  Réseau  Installations  Classées  s’intéresse à la politique nationale de lutte contre les pollutions industrielles. 

Sites évoqués 

  • INFOTERRE : fonds cartographiques (géologie, masses d'eau...), ouvrage référencés en base de données du sous-sol (BSS), rapports publics 
  • SIGES Pays de la Loire : accès aux données et informations de contexte concernant les ressources en eaux souterraines pour la région 
  • ADES : accès aux données de suivi des eaux souterraines publiques (quantité + qualité) sur tout le territoire français 
  • BNPE : accès aux données de volumes annuels prélevés sur la ressource en eau. Déclinées par localisation et catégorie d'usage de l'eau. Issues aujourd'hui de la gestion des redevances par les agences et offices de l'eau. Les données sont mises à jour une fois par an.