Le BRGM est sélectionné pour copiloter deux nouveaux programmes de recherche exploratoires. Les thématiques du sol et du sous-sol sont au coeur des enjeux soutenus par le plan d’investissement France 2030.
18 juillet 2022
Campagne de mesures par géophysique héliportée à la Réunion Campagne de mesures par géophysique héliportée à la Réunion

Campagne de mesures par géophysique héliportée à la Réunion. 

© BRGM - René Carayol 

Le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR) et le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) ont annoncé le 18 juillet 2022 la sélection de la seconde vague, opérée par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), de programmes et équipements prioritaires de recherche exploratoires (PEPR exploratoires). Le BRGM a été choisi comme copilote de deux nouveaux programmes, l’un dédié aux usages futurs du sous-sol (SOUSSOL), l’autre aux risques naturels et technologiques (IRiMa).

Le BRGM copilote de trois PEPR exploratoires

Ces deux PEPR exploratoires soutenus dans le cadre de France 2030 viennent compléter le programme OneWater obtenu en 2021 sur la gestion de l’eau. La présence du BRGM comme copilote de ces trois programmes, qui représentent ensemble près de 176 millions d’euros, souligne la prise en compte croissante dans les stratégies de R&D du besoin de mieux gérer l’espace souterrain, ses usages, ses ressources et les risques associés.

Glissement de terrain, Sauvat Glissement de terrain, Sauvat
  • Programme SOUSSOL
    71.40
    millions d'€ sur 7 ans

  • Programme IRiMa
    51.90
    millions d'€ sur 8 ans

  • Programme OneWater
    53.00
    millions d'€ sur 10 ans

Le programme SOUSSOL "Sous-sol bien commun" pour développer la connaissance du sous-sol français

Le PEPR SOUSSOL ("Sous-sol bien commun") vise à développer la connaissance du sous-sol national dans un contexte où le besoin de mieux appréhender ses ressources et mieux gérer les conflits d’usage est croissant. Ce programme de recherche co-piloté par le BRGM et le CNRS rassemble 35 institutions et laboratoires. Il est doté d’un budget de 71,4 millions d’euros et devrait durer 7 ans.

Le monde souterrain est en effet au cœur des enjeux de la transition énergétique : recherche de nouvelles ressources minérales indispensables aux technologies bas carbone, utilisation du potentiel géothermique du sous-sol pour remplacer le chauffage au gaz, ou encore stockage géologique de chaleur, de froid et de gaz (CO2, hydrogène,..). Les enjeux d’usages durables du sous-sol sont multiples. De plus, la densification urbaine nécessite une meilleure prise en compte du sous-sol dans les stratégies de développement, à l’instar de la construction du futur métro Grand Paris Express, le plus grand chantier d’Europe pour lequel le BRGM apporte ses connaissances géologiques.

Afin d’atteindre ces objectifs, les chercheurs de différentes disciplines vont travailler ensemble sur quelques grandes zones d’intérêt du territoire afin d’améliorer la connaissance du sous-sol, de co-construire avec les différentes parties prenantes des scénarios d’usages et de modéliser leur impact. Un aspect du programme portera sur la gouvernance et les outils juridiques liés aux multiples usages du sous-sol.

Le programme IRiMa pour structurer et renforcer la science du risque en France

Le PEPR IRiMa ("Integrated risk management for more resilient societies at the global changes area") sera co-piloté par le BRGM, le CNRS et l’Université Grenoble-Alpes pour une durée de 8 ans. Il rassemble plus de 30 institutions et laboratoires partenaires. Ce programme vise à structurer et renforcer significativement la science du risque en France. Le programme ambitionne d’intégrer les savoirs issus des géosciences, de l’ingénierie, de la biologie, du numérique et des sciences sociales pour traiter de manière systémique la gestion des risques naturels et technologiques. Il s’agira de proposer de nouveaux outils innovants afin de mieux détecter, comprendre, quantifier, anticiper et gérer les risques et les catastrophes. La question des effets en cascade combinant des risques naturels, environnementaux, technologiques, sanitaires et biologiques sera particulièrement étudiée. Ce PEPR exploratoire est doté de 51,9 millions d’euros.

OneWater, un PEPR sur l'eau déjà copiloté par le BRGM

Le programme OneWater-Eau Bien Commun, co-piloté par le BRGM avec le CNRS et INRAE, est l’un des PEPR exploratoires sélectionnés par le Gouvernement lors du premier tour de l’appel à projets "Programmes et équipements de recherche prioritaires" de France 2030. Il a été lancé le 16 mars 2022. Doté d’un budget de 53 millions d’euros sur 10 ans, ce programme vise à changer de paradigme en plaçant l’eau comme bien commun, élément central des socio-écosystèmes soumis à des forçages climatiques et anthropiques.

Les PEPR exploratoires : structurer la recherche autour de domaines émergents

Elaborés dans le cadre du plan France 2030 destiné à dynamiser la recherche et l’innovation, les PEPR exploratoires visent des secteurs scientifiques ou technologiques considérés comme émergents et pour lesquels l’Etat français souhaite structurer la communauté des chercheurs.

Les PEPR exploratoires sont issus d’une sélection par un jury international dans le cadre d’un appel lancé par l’Agence nationale de la recherche (ANR). Les co-pilotes du PEPR SOUSSOL sont Pierre Nehlig (BRGM), Olivier Vidal (CNRS) et Xavier Arnaud de Sartre (CNRS). Les copilotes du PEPR IRiMa sont Gilles Grandjean (BRGM), Pr. Didier Georges (Univ. Grenoble Alpes) et Pr. Soraya Boudia (Univ. Paris Cité).

Modèle 3D d’une carrière souterraine à Orléans Modèle 3D d’une carrière souterraine à Orléans

Le BRGM a déposé avec ses partenaires CNRS, l’INRAE et UGA trois propositions de PEPR qui ont toutes été retenues par le jury international et l’Etat à l'issue des deux premières phases. C’est pour nous une réelle fierté et la reconnaissance du travail de structuration scientifique entrepris par l'établissement, et une grande responsabilité vis-à-vis de la communauté scientifique. Les thèmes de l'eau, des ressources minérales, des usages du sous-sol et des risques sont dorénavant au coeur de la stratégie scientifique que le BRGM a impulsé depuis 2018 et vont lui permettre de renforcer sa capacité d'animation de la communauté des géosciences en France au côté notamment du CNRS, d’INRAE et de nos partenaires universitaires.

Michèle Rousseau, Présidente-directrice générale du BRGM