Le réseau thématique TAEMA vise à fédérer une communauté de recherche autour de questions scientifiques relatives à la transition écologique des anciennes exploitations de minerais arséniés (AEMA).
28 juin 2022

Le BRGM et le CNRS INSU ont lancé un groupement de recherche (GDR) dédié aux anciennes exploitations de minerais arséniés : le Réseau TAEMA.

L’arsenic : une substance à forte toxicité

L’activité minière en France s’est, pendant plusieurs décennies, réalisée sans les précautions aujourd’hui en vigueur. Une catégorie de sites à forts enjeux du point de vue des risques pour la santé et l’environnement concerne les anciennes exploitations de minerais arséniés. Outre sa forte toxicité même à faible dose, l’arsenic est relativement peu atténué dans l’environnement, en raison notamment de son comportement biogéochimique spécifique.

Prélèvement d'eau pour le suivi qualitatif et quantitatif des eaux issues du DMA, Loire-Atlantique

Chiffres clés

  • Plus de
    2000.00
    dépôts de déchets miniers (hors uranium) en France métropolitaine

Favoriser le développement de projets de recherche

C’est pourquoi le Réseau TAEMA vise à favoriser l’émergence de projets de recherche pluridisciplinaires (sciences humaines et sociales, hydrologie, géochimie, écologie, écotoxicologie, microbiologie, droit de l’environnement) et multiacteurs (chercheurs, associations, élus, etc.) afin de répondre aux questions suivantes :

  • Comment réduire les sources de pollution (les localiser, les évacuer ou les confiner) ?
  • Comment réduire les transferts et les expositions ?
  • Comment gérer l’occupation des sols et les risques en association avec les populations ?

Inauguré les 1er et 2 juin 2022 avec l’organisation de ses premières journées techniques dans les locaux de l’Institut de Physique du Globe de Paris, le Réseau TAEMA porte l’objectif de faciliter le partage d’informations et la résolution de verrous scientifiques, de stimuler les opportunités de partenariats en vue de propositions de recherche à soumettre à différents guichets de financement (EC2CO, Région, ANR, HORIZON Europe, etc.) et, de manière générale, de promouvoir un débat scientifique relatif à ces anciens sites.

4 axes de recherche

Axe 1 : Sciences Humaines et Sociales pour une transition des AEMA vers de nouveaux usages

Cet axe vise à promouvoir une meilleure considération des parties prenantes de la société civile (riverains, élus locaux, associations de défense de l’environnement, etc.) dans la définition de scénarios de transition des AEMA vers de nouveaux usages. Il s’agit d’analyser les moteurs et facteurs d’influence des dynamiques sociales en jeu sur ces milieux dégradés et de s’appuyer sur cette connaissance pour développer les instruments d’une meilleure participation (sciences participatives) des parties prenantes dans la définition de solutions de gestion.

Axe2 : Connaissance des impacts environnementaux

Cet axe concerne la caractérisation des milieux en vue de comprendre les phénomènes et mécanismes qui influencent les impacts des AEMA sur les écosystèmes. Il s’agit notamment de caractériser les différents flux polluants ainsi que leurs dynamiques spatio-temporelles.

Axe 3 : Connaissance des expositions et des effets sanitaires

L’objectif ici est pensé en termes de santé publique pour les populations exposées. Il consiste à identifier les principales sources d’exposition via l’alimentation, la qualité de l’air et de la ressource en eau, en particulier en cas d’évènement climatiques extrêmes.

Axe 4 : Solutions de gestion et traitement des dégradations

La caractérisation de la dégradation des milieux, des risques sanitaires et des souhaits des usagers des territoires doit permettre de mieux orienter les solutions de gestion. Ces solutions peuvent être de nature très diverses et faire appel, le cas échéant, à l’atténuation naturelle, au génie écologique, à des solutions fondées sur la nature (SfN) ou à des aménagements adaptés pour conserver certains usages souhaités par les utilisateurs des lieux. Il s’agira notamment d’optimiser les techniques de la phyto-ingénierie, par exemple pour stabiliser la couverture végétale des stockages de déchets, limitant ainsi l’érosion des déchets et l’aléa mouvement de terrain.