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La rivière des remparts est une des grandes ravines de la Réunion. Cette photo a été réalisée lors d'un contrôle topographique de l'écoulement de l'air (La Réunion, 2004). © BRGM - Pierre Nehlig

SPICy : système de prévision des inondations en contexte cyclonique

26.09.2018

Le projet de recherche SPICy a permis de développer un système de prévision expérimental pour prévenir les inondations côtières et fluviales d'origine cyclonique dans les Territoires d'Outre-Mer.

L'île de La Réunion, régulièrement touchée par les cyclones tropicaux, a été choisie comme site pilote du projet SPICy. 

Le projet de recherche SPICy a permis de développer un système de prévision expérimental pour prévenir les inondations côtières et fluviales d'origine cyclonique. © SPICy - 2017

Transcription de la vidéo

La Réunion est une île unique dans l'océan Indien. La jeunesse de son volcanisme, l'un des plus actifs de la planète, et le climat tropical humide ont façonné un territoire à la morphologie complexe et exposé aux risques naturels, dont les cyclones tropicaux. Le projet de recherche appliquée SPICy, cofinancé par l'ANR, a conduit une réflexion sur l'anticipation des inondations d'origine cyclonique en réponse aux besoins opérationnels des services de l'État et des collectivités de l'île. Le BRGM et ses 4 partenaires, Météo-France Océan Indien, le Lacy, BRL Ingénierie et les Mines d'Alès ont mis leurs compétences en commun afin de travailler sur un système de prévision expérimental des inondations marines et fluviales et à sa traduction dans les dispositifs de gestion de crise à l'échelle départementale et communale. Le projet est construit autour de briques technologiques, avec des développements appliqués et d'autres plus amont.

Le principal apport du projet SPICy, c'est cette approche probabiliste des prévisions de vent et de vagues, qui peuvent se décliner ensuite vers des produits probabilistes de dépassement de seuil de vagues et se décliner vraiment sur l'aspect submersion. Dans les perspectives, l'idée est d'essayer de rendre tous ces outils au maximum opérationnels pour les exploiter directement en temps de crise, à l'approche d'un cyclone réel.

Le rôle du BRGM dans SPICy, c'est d'explorer différentes méthodes pour pouvoir transposer les prévisions marines en submersion marine potentielle sur le territoire. On va travailler à 2 vitesses. D'abord sur la réalisation d'atlas d'impacts qui permettent d'identifier les secteurs potentiellement impactés en fonction des prévisions marines. On a travaillé sur des techniques d'optimisation des temps de calcul afin d'être capable, sur le plus long terme, de faire du calcul en temps réel des inondations en fonction des prévisions.

Dans le cadre du projet SPICy, notre rôle était de gérer les aspects relatifs à l'hydrologie et à l'hydraulique fluvial, à savoir comment, à partir de prévisions météo, on peut anticiper les débits qui pourront être apportés dans les rivières. Et l'échelon suivant, qui est comment ces débits se traduisent en impacts sur le territoire, en débordement de cours d'eau et en inondation, avec une anticipation par rapport à l'observation des phénomènes.

Les développements les plus appliqués ont été testés lors de 2 séries d'exercice afin d'évaluer leur pertinence en termes d'anticipation et leur adéquation avec le fonctionnement des cellules de crise opérationnelles. L'exercice d'octobre 2017 réalisé à La Réunion, a mobilisé plusieurs échelons du dispositif ORSEC, dont les communes partenaires de Saint-Paul et Sainte-Suzanne et l'état-major de Zone Océan Indien.

Depuis 2 jours, l'école des Mines d'Alès est allée dans les communes pour réaliser l'organisation et le déroulement d'exercices de crise avec les organisations communales de crises réelles. Les communes de Sainte-Suzanne, hier, et Saint-Paul, aujourd'hui, ont subi un scénario d'exercice de crise basé sur l'approche d'un cyclone et tout un panel d'événements perturbateurs qui ont obligé les cellules de crise communales à s'organiser pour faire face à ces événements et prendre les décisions nécessaires pour maintenir la sauvegarde des administrés.

Des produits de prévision réalisés sur la base d'un scénario fictif ont rassemblé et mis à disposition des joueurs sur une plateforme, comme des probabilités de dépassement de seuil de vent et de vagues. Saint-Paul et Sainte-Suzanne ont testé les plans d'intervention gradués réalisés par les Mines d'Alès, dans le cadre du projet. Ces outils, complémentaires aux plans communaux de sauvegarde, permettent de structurer les actions des communes en réponse à des niveaux d'impact attendus croissants. L'état-major de Zone a expérimenté sa cellule anticipation avec le concours de Météo-France, de la DEAL et sa cellule de veille hydrologique, du BRGM, de la Direction des Routes et du Service Départemental d'Incendie et de Secours.

La difficulté de l'exercice, c'est la découverte de la cellule anticipation qui est jouée pour la 1re fois. Découverte du rôle de chacun et notamment des outils SPICy mis à disposition dans le cadre de l'anticipation.

Les briques technologiques développées dans SPICy ont été présentées lors d'un séminaire réunissant scientifiques, services de l'État et les communes partenaires. Les échanges ont permis de faire un point sur la maturité des travaux et d'identifier les pistes d'application, les verrous et les futurs travaux de recherche nécessaires.

C'est une approche intéressante. Ça permet de bien faire le tri entre ce qui est encore à un stade naissant, ce qui est un peu plus mûr et ce qui commence à s'approcher de l'application opérationnelle. Il y a encore pas mal de travail globalement. Mais on va pouvoir s'intéresser à ces briques-là de manière distincte.

SPICy nous renvoie à ce qu'on peut faire sur le terrain, à la responsabilité de la DEAL, des communes, de l'état-major de Zone ou du préfet. On a bien conscience de cette responsabilité. C'est pour ça que ça nous paraissait intéressant de contribuer et d'être, d'une certaine façon, sous la loupe pour voir comment ça marche.

Vous êtes dans un projet qui fait fortement écho à notre action au quotidien. À nous de construire l'autoroute pour faciliter la communication qui n'a qu'un seul objectif, c'est de répondre ensemble aux mêmes objectifs, les vôtres et les nôtres : le bien-être de la population, porter secours. Dans cette salle, on œuvre tous dans le même sens, pour l'amélioration des conditions de nos concitoyens. On travaille tous pour le bien public.

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34