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Des niveaux condensés ferruginisés (hard ground) dans les grès Maastrichtien du Cap Rouge (Sénégal, 2008). © BRGM - Jack Roger

Science en direct : duplex avec le Maroc sur le changement climatique

27.10.2016

Dans le cadre de la 25ème édition de la Fête de la Science, le BRGM participait à Science en direct, un grand week-end festif et pédagogique organisé par l'Esprit Sorcier en partenariat avec 15 grands organismes de recherche français. Duplex avec l'université Cadi Ayyad de Marrakech, organisé avec l'aide de Moussa Hoummady (BRGM), sur la coopération scientifique entre la France et le Maroc dans le domaine du changement climatique, dans le contexte de la préparation de la COP22 (Paris, 9 octobre 2016).

Dans le cadre de l'événement Science en direct, duplex avec l'université Cadi Ayyad de Marrakech, organisé avec l'aide du BRGM, sur la coopération scientifique entre la France et le Maroc dans le domaine du changement climatique (Paris, 9 octobre 2016).

Transcription de la vidéo

- J'ai le plaisir d'avoir avec moi sur le plateau Moussa Hoummady. Bonjour. Vous êtes président de l'Alliance avenir France-Maroc. Une alliance de coopération scientifique. Vous êtes également délégué à la stratégie, à la prospective et au partenariat du BRGM, ce grand établissement de recherche français. On va parler un peu de coopération entre la France et le Maroc, et ça tombe pas mal, parce que cette année, la COP22... Vous savez, la COP, c'est cette grande réunion internationale qui s'intéresse aux questions de changement climatique. L'année dernière, elle était à Paris. C'était la COP21. Cette année, la COP22 est à Marrakech. Donc c'est un peu un passage de relais.

- Tout à fait. On tient, à l'occasion de ce 25e anniversaire de la fête de la Science, à fêter aussi le passage de relais de COP21 à COP22, qui met à l'honneur les coopérations scientifiques et techniques, et puis les sujets de société, les défis sociétaux de demain.

- Une coopération scientifique avec le Maroc qui remonte aux années 60, non ?

- Oui. Le BRGM, en particulier, comme d'autres organismes ont démarré des coopérations de très longue date. En tout cas, pour le BRGM, ça remonte aux années 50 voire 60 avec les premières cartes hydrogéologiques du Maroc faites par Jean Margat, qui a œuvré beaucoup pour les questions de l'eau et du changement climatique.

- La grande question étant de voir les sources de l'eau, de trouver cela. C'était l'essentiel du travail.

- Oui. Un des défis de demain de nos sociétés, ce sont les questions de la ressource en eau et l'usage de l'eau. Avec le changement climatique, les ressources en eau et les hydrosystèmes vont être très affectés, et dans ce sens, les recherches autour de l'eau, des hydrosystèmes sont très importantes pour les pays arides mais aussi pour nos pays après.

- Une coopération qui se poursuit aujourd'hui ?

- Oui. Depuis les 1ers travaux et les cartes hydrogéologiques, ces travaux sont poursuivis par des équipes dynamiques de part et d'autre de la Méditerranée et qui sont appuyées par l'Association internationale d'hydrogéologie dont la section française est composée de 40 membres. 23 sont français et 17 sont marocains. Donc pour montrer que sur la question de l'eau, il y a une proximité très forte entre la France et le Maroc.

- D'accord. On va les avoir bientôt en liaison. La régie nous dit que tout fonctionne. Mais on les attend à l'autre bout... On a un petit décalage avec le Maroc ?

- Il y a un décalage d'une heure.

- C'est dimanche. On va les attendre tranquillement, comme en cette journée. On parle de la coopération dans le domaine de l'eau, mais j'entends parler de tellement de coopérations entre la France et le Maroc dans plein de domaines scientifiques. Autour de l'agriculture, aussi.

- Tout à fait. Au-delà de cette question des hydrosystèmes, il y a effectivement des coopérations dans le champ de l'instrumentation scientifique et technique. Également des questions de formation. Donc pour former effectivement des techniciens, des ingénieurs marocains. Donc il y a un transfert de compétences qu'on fait régulièrement. Et le Maroc, c'est un terrain de jeu aussi, un terrain intéressant pour expérimenter des choses qu'on ne peut pas faire ici. La géologie est particulière et permet ce type d'expérience. Et puis, on a choisi uniquement le sujet de l'eau et des hydrosystèmes en lien avec le changement climatique, mais il y a énormément de coopérations. Beaucoup d'organismes en France mènent des coopérations avec le Maroc. Et on veut juste mentionner aussi l'université d'Orléans et le CNRS...

- Très bien. C'est l'occasion d'en parler, en attendant d'avoir le président de l'université de Marrakech en liaison, de souligner qu'il y a une coopération qui se développe entre l'université d'Orléans et l'université de Rabat.

- Tout à fait.

- Alors, ça porte sur quoi ?

- Ça porte sur la mise en place d'un observatoire pour la mesure de polluants atmosphériques, de lanternes qui sont les indicateurs de changement climatique. Cette coopération est nouvelle, donc on voudrait la saluer aussi par ce petit duplex.

- C'est parti pour le duplex. On doit les avoir en ligne. Nous avons normalement M. Abdellatif. Vous êtes là ? On est ravis de vous avoir en ligne. Bonjour.

- Nous aussi.

- C'est parfait. Vous êtes sur grand écran à la Cité des sciences et de l'industrie à Paris. On parlait avec Moussa Hoummady de la longue coopération entre le Maroc et la France dans le domaine scientifique, et on aimerait justement que vous nous développiez un petit peu ce sujet, M. le président de l'université de Marrakech, si vous nous entendez.

- Oui. Je vous entends parfaitement. Bienvenue à Marrakech... même si vous n'y êtes pas, mais vous voyez déjà l'architecture de la présidence de l'université, qui vous donne une idée, déjà.

- On va venir vous voir bientôt pour la COP22.

- Ben c'est super. Donc il va falloir absolument passer dans les locaux de l'université, qui est complètement engagée dans la COP22.

- On n'y manquera pas. Dites-moi, c'est important, cette coopération entre la France et le Maroc. Et on parlait notamment de toutes les recherches qui concernent la géologie et l'eau.

- Oui. Je pense que la relation entre la France en général et le Maroc, je dirais sur beaucoup d'aspects mais particulièrement l'aspect enseignement supérieur et recherche, c'est une relation, j'allais dire, qui est en symbiose depuis très, très longtemps par l'histoire mais aussi par les relations développées entre les personnels des deux pays. Et pour vous donner juste un élément peut-être chiffré, c'est que pratiquement 70 % des publications de recherche de l'université Cadi Ayyad de Marrakech, elles sont avec des universités françaises, francophones en général mais françaises en particulier.

- Oui. 70 % ?

- 70 %, oui. Et c'est vraiment une coopération qui dure depuis la naissance de notre université il y a 40 ans, avec l'implication bien sûr d'enseignants chercheurs français qui se sont installés ici, particulièrement en sciences exactes. Et l'eau et tout ce qui est matériaux, tout ce qui est biodiversité, ce sont vraiment des laboratoires qui ont été cogérés, cocréés avec les universités françaises.

- Et aujourd'hui, votre université s'élargit dans le domaine du développement durable, c'est ça ?

- Oui. Alors, elle l'a déjà été, elle l'a toujours été parce qu'elle a toujours travaillé sur les problématiques qui touchent d'abord le patrimoine minier, le patrimoine touristique, mais une activité très développée en eau, en énergies, en matériaux. Et bien sûr, ces dernières années, le concept s'est bien développé. On est partis carrément dans un aspect qu'on intitulerait aujourd'hui "smart université"; mais qui intègre l'aspect développement durable et responsabilité sociétale de l'université.

- Je suppose que c'est une thématique qui va se développer de plus en plus ou qui va sensibiliser de plus en plus les étudiants et les jeunes chez vous en raison de la venue de la COP22.

- Oui. Bien évidemment, la COP22, c'est une action et, j'allais dire, il y a les feux qui sont braqués sur cet événement. Mais l'université s'est inscrite dans ces questions de développement durable avant et elle continuera après. Et la question de développement durable et de changement climatique devient une action un peu transversale à tous les domaines, que ce soit en enseignement ou en recherche. Mais bien sûr, même les actions quotidiennes de l'université intègrent cet aspect-là aujourd'hui.

- C'est combien d'étudiants, l'université de Marrakech ? Vous pouvez nous présenter votre université ?

- Rapidement, l'université Cadi Ayyad, c'est aujourd'hui 82 000 étudiants. Peut-être un peu plus parce que les inscriptions ne sont pas encore complètement finalisées. Mais aux alentours de 82 000 étudiants.

- 82 000 ?

- Oui. 82 000. Alors, bien sûr, si on compare à d'autres universités marocaines, elle n'est pas la 1re en nombre. Mais elle est la 1re dans tous les classements internationaux. Je dirais que c'est la 1re université africaine francophone dans tous les classements internationaux qui sortent depuis 3 ou 4 ans. Et l'action recherche est très développée dans notre université. Elle constitue vraiment l'épine dorsale de tout le développement depuis sa création.

- En tout cas, ça doit être très agréable d'être étudiant à Marrakech. Je les envie largement.

- Une question, M. le président. Est-ce que vous êtes impliqué aussi dans la diffusion de la culture scientifique et technique, les relations avec les jeunes, le grand public ? Ça, c'est un enjeu majeur pour les sociétés d'aujourd'hui et de demain. Donc c'est intéressant de commenter cet aspect.

- Oui. Bien sûr. Comme toute université. Mais je pense qu'on a la chance d'être dans une grande ville je dirais cosmopolite, et nous profitons bien sûr de toutes les relations, de toutes les coopérations que nous avons pour essayer de vulgariser le plus possible. Et nous avons mis en place un cycle qui est aujourd'hui très connu sur la place universitaire marocaine et au-delà, qui s'appelle les Tribunes de Marrakech. Et avec ce cycle de conférences de très haut niveau, nous essayons de participer à la vulgarisation et bien sûr au contact et à la sensibilisation des jeunes. Mais à côté de ça, il y a des actions à l'échelle de l'université, nous avons la Semaine de la science, nous avons la Semaine de la créativité. Aujourd'hui, nous avons la Semaine du développement durable. Et bien sûr, toutes ces actions participent à la sensibilisation et à la prise de conscience de la part des jeunes parce que nous considérons que l'âge des étudiants est un âge propice à rendre encore plus citoyens les adultes que vont devenir ces jeunes qui sont aujourd'hui chez nous.

- Et ces étudiants vont participer d'une façon ou d'une autre à ce qui va se passer à cet événement qui se prépare chez vous, qui est la COP22 ?

- Pleinement, parce qu'ils ont même un side event. Ils ont une Caravane de la science qui, aujourd'hui, est en place, qui va bientôt, ils ont déjà démarré, mais qui va se mettre dans la ville. Ils sont très actifs. Et bien sûr, nous les aidons de telle sorte qu'ils puissent transmettre le message par eux-mêmes, parce que c'est important que les jeunes s'adressent aux jeunes. On a des jeunes très actifs dans l'université.

- Très bien. On peut penser aussi que ça va être un moment, parce que je sais qu'il y a pas mal d'étudiants français aussi qui vont se rendre là-bas, c'est un moment qui va sans doute renforcer encore un petit peu plus la coopération scientifique entre la France et le Maroc, avec des étudiants d'une autre génération, plus jeunes.

- Oui, et je pense que, comme vous l'avez dit, Marrakech est une ville où on peut faire de l'échange universitaire avec tous les pays du monde beaucoup plus facilement que dans d'autres endroits. Mais à ce propos, la coopération entre la France et le Maroc est beaucoup plus facile, parce que vous savez que venir à Marrakech, c'est 6 vols par jour rien qu'à Paris. Alors je vous laisse deviner les autres villes. Si vous additionnez un peu tous les vols vers l'Europe, on en a pratiquement une trentaine, une quarantaine par semaine. Aujourd'hui, par exemple, dans le cadre d'Erasmus +, nous avons mis en place pratiquement l'échange de 200 étudiants avec l'Europe. Et vous savez qu'il y a la réciprocité dans le cadre des échanges Erasmus +. Donc si on envoie 200 étudiants, on doit recevoir 200 étudiants.

- Ce serait la moindre des choses. Et on souhaite que cette réciprocité existe, évidemment. Si j'avais envie d'aller faire mes études à Marrakech, je vous rassure, j'ai passé l'âge, mais c'est assez simple pour moi si je suis étudiant français d'aller m'inscrire à l'université de Marrakech ?

- Oui. C'est assez simple. Si le jeune rentre en contact avec son université pour justement faire les démarches nécessaires pour venir chez nous, un peu comme un jeune Marocain qui voudrait aller faire des études en France, i faudrait qu'il passe par les admissions, par le service des coopérations pour venir. Mais vous n'êtes pas si âgé que ça. Nous, on reçoit tout le monde.

- Je vais reprendre mes études pour le plaisir d'aller les faire à Marrakech.

- Vous êtes le bienvenu. Vous, vous n'avez pas de wild card à avoir, donc on vous inscrit immédiatement.

- On viendra vous voir, parce que "L'Esprit Sorcier" sera présent à la COP22 pour traiter beaucoup de sujets. On vous remercie beaucoup d'avoir été en ligne avec nous, M. le président. Toute votre équipe qu'on salue aussi, qui est autour de vous. Merci de nous avoir accordé un moment un dimanche matin pour pouvoir dialoguer ensemble. On vous souhaite bonne chance pour votre université, bonne chance aussi pour la COP22 qui arrive. Et toute la fête de la Science vous salue.

- Merci beaucoup. Au plaisir de vous rencontrer. Au revoir.

- Avec grand plaisir. Merci, au revoir. Un dernier petit mot en 3 secondes, parce qu'on a été coupés un peu tout à l'heure, sur Orléans. Allons-y, concluons. Orléans, Rabat, c'est aussi une coopération ?

- Oui. C'est une nouvelle coopération qui se met en place, qui accompagne les sujets de recherche scientifique sur le changement climatique. Il y a les enjeux des hydrosystèmes mais aussi les mesures des polluants atmosphériques de très long terme. C'est un sujet très important pour l'Afrique et pour le monde à l'échelle mondiale.

- Une coopération autour des thèmes qui concernent le changement climatique, le climat. Merci beaucoup, Moussa Hoummady, d'avoir été avec nous. À très bientôt.

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