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Interview de Laurent Rouvreau (BRGM) à Solutions COP21 sur l'économie circulaire

15.01.2016

Dans le cadre de la Conférence Paris Climat 2015, le BRGM a participé à l'événement Solutions COP21, au Grand Palais à Paris, du 4 au 10 décembre 2015. Sur le pavillon "Recherche et climat" du ministère de l'Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les chercheurs ont présenté 32 solutions pour le climat. Interview de Laurent Rouvreau (BRGM) (Paris, 2015).

Dans le cadre de la Conférence Paris Climat 2015, le BRGM a participé à l'événement Solutions COP21, au Grand Palais à Paris, du 4 au 10 décembre 2015. Interview de Laurent Rouvreau (BRGM) sur l'économie circulaire. © Pôle EDD - Canopé Amiens

Transcription de la vidéo

- Je suis Laurent Rouvreau. Je suis ingénieur-chercheur au BRGM. Mon domaine de recherche, c'est plutôt le domaine du recyclage, de la gestion des matériaux du BTP, et plus particulièrement des déchets du BTP.

Pour retraiter ces déchets dans le cadre d'une économie circulaire, il y a 2 échelles auxquelles il faut travailler. Il y a d'abord une échelle classique, qui est celle du procédé, c'est-à-dire qu'on va réfléchir à la façon de recycler ces matériaux, comment on va démonter les bâtiments, comment séparer les différentes composantes, comment réintroduire chacune de ces composantes dans un nouveau produit, un nouveau matériau, un nouveau bâtiment. Ça, c'est l'approche, on va dire, à l'échelle du procédé.

Et il y a une autre approche, qui est l'approche globale, ou l'approche systémique, qui est de se dire : "Avant d'avoir une action sur un procédé "ou sur le recyclage d'un matériau ou d'un produit, "je vais d'abord essayer de comprendre "comment tout ça s'organise dans l'économie, "comment tout ça s'organise dans l'économie nationale, dans l'économie d'une région, d'une collectivité" de manière à voir où je pourrais avoir une action la plus efficace possible. Est-ce que je dois avoir... Si on prend l'exemple des déchets du BTP, on va d'abord se dire : "Ces matériaux, ils viennent d'une carrière. "J'ai exploité des matériaux dans une carrière "que je vais ensuite transformer dans une industrie, "pour construire, pour aménager. "Et puis, un jour, je vais démolir ce bâtiment "ou le réhabiliter, et donc générer des déchets, qui sont ces matériaux." Et je vais avoir comme objectif de réutiliser ou de remettre dans le cycle la plus grande partie possible de ces matériaux déchets, que l'on appelle de la matière première secondaire.

Cette économie circulaire, on va pouvoir la prendre en compte, par exemple, parce que, si on recycle davantage de matériaux au moment de la déconstruction des bâtiments, on va diminuer les besoins énergétiques, puisqu'on va aller chercher ces matériaux moins loin, donc on va avoir moins de camions, moins d'énergie consommée pour aller chercher ces matériaux, moins d'énergie consommée pour exploiter ces matériaux.

Bien sûr, on va reconsommer une partie de cette énergie dans le cadre des procédés de recyclage, mais on aura, malgré tout, un système qui sera plus vertueux dans le sens où on fera mieux avec un peu moins d'énergie. Ça contribue indirectement à la réponse climatique, puisqu'on est dans un système qui permettra, à la fois, de préserver de la matière première, qui est non renouvelable, les matériaux de carrières, ce sont pas des matériaux exploitables à l'infini, contrairement à ce qu'on pense de manière générale. Et puis, en plus, parce qu'à partir du moment où on aura une économie de proximité, puisqu'on recyclera les matériaux près de leur lieu de consommation, on aura besoin de moins d'énergie pour ça.

Les grandes pistes de la recherche, elles sont, comme je l'ai dit tout à l'heure, dans 2 grandes voies. La première, c'est la compréhension de l'organisation globale de tout ça, puisque, pour agir sur les flux de matériaux, sur leur organisation et sur l'énergie, la consommation qui est associée à tout ça, il faut bien avoir décomposé tous ces éléments, bien comprendre comment tout ça fonctionne. Puis, à partir de là, on peut avoir des actions sur les procédés, sur une meilleure utilisation de ces matériaux. Donc, ça, c'est une piste.

On a également l'amélioration des performances de ces matériaux. Par exemple, est-ce que je peux construire autant de mètres carrés, voire plus, en consommant moins de matériaux ? Est-ce que je peux imaginer des matériaux qui soient plus performants, donc qui soient moins consommateurs en matière, mais également qui soient moins consommateurs en énergie ?

Après, il y a une autre piste encore qu'on peut imaginer. C'est utiliser davantage de matériaux renouvelables, comme, par exemple, le bois. On voit maintenant, dans la construction, la consommation de paille, de fibres diverses et variées, qui sont des matériaux renouvelables, ce qui peut offrir aussi, dans une certaine mesure, des pistes pour une moindre consommation et un meilleur bilan énergétique de tout ça.