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La ville de Bonifacio, posée en porte-à-faux sur les falaises de calcaire Miocène (Bonifacio, Corse du Sud, 2004). © BRGM - Bertrand Aunay

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Corse

19.12.2018
Le BRGM dispose d’implantations dans toutes les régions de France métropolitaine et en Outre-mer, afin de répondre aux attentes de ses partenaires régionaux et de les accompagner face aux enjeux territoriaux. Présentation des activités de sa direction régionale Corse.

Carte de la région

Le BRGM est représenté en Corse au travers de sa direction régionale Corse implantée à Bastia depuis 1979. Elle est constituée, outre le directeur et une assistante, d’une équipe de quatre ingénieurs dans le champ de la géologie, de l’hydrogéologie et du littoral. L’équipe locale s’appuie également sur les différentes directions du BRGM basées en région ou au centre scientifique et technique d’Orléans. Une dizaine d’ingénieurs intervient ainsi régulièrement en Corse depuis le continent.

Une île montagneuse en Méditerranée

Quatrième île de la Méditerranée par sa superficie (8 680 km2), la Corse est peuplée de 330 000 habitants à l’année et est fréquentée par 4,5 millions de visiteurs. Le pic de fréquentation est observé la première quinzaine d’août avec un doublement de la population de l’île. L’urbanisation et la fréquentation touristique touchent principalement les zones côtières de l’île.

Depuis le 1er janvier 2018, en application de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) du 7 août 2015, la Corse est devenue une collectivité à statut particulier au sens de l’article 72 de la Constitution, de type collectivité territoriale unique, dénommée "collectivité de Corse".

La Corse est une île montagneuse, en grande partie constituée de socle granitique (Corse Hercynienne) et métamorphique (Corse Alpine) avec quelques bassins sédimentaires tertiaires et des formations alluviales quaternaires. Les formations ophiolitiques de la Corse Alpine regorgent d’amiante. Les côtes sont soumises aux phénomènes d’érosion et de submersion marine. Les eaux souterraines sont essentiellement exploitées pour l’eau potable. Bien qu’ils couvrent une faible superficie, les aquifères les plus exploités par forage sont situés dans les formations alluviales quaternaires du littoral. Des ressources en eau conséquentes, exploitées via les sources sont situées dans des aquifères cloisonnés et mal connus des formations métamorphiques et granitiques. Les mouvements de terrain gravitaires (chutes de blocs essentiellement) affectent les zones de montagne et les falaises du littoral.

Les eaux souterraines

Foration d'un piézomètre pour le réseau de suivi de l'état quantitatif d'une masse d'eau souterraine de Corse (Corse, 2012). © BRGM - Marie Genevier

Foration d'un piézomètre pour le réseau de suivi de l'état quantitatif d'une masse d'eau souterraine de Corse (Corse, 2012). © BRGM - Marie Genevier

Les enjeux

En Corse, 50% de l’alimentation en eau potable provient des eaux souterraines, captées pour moitié par forage dans les nappes alluviales côtières, et pour moitié par forage et captage de sources dans les formations granitiques ou métamorphiques. Quelques aquifères de formations sédimentaires sont captés par forage comme à Bonifacio. Les débits d’exploitation dans les nappes alluviales sont généralement bien supérieurs à ceux des aquifères granitiques ou métamorphiques.

Les aquifères sont généralement de dimensions modestes et sont de ce fait très sensibles aux fluctuations des précipitations et des débits des cours d’eau. En période d’étiage sévère, les sources alimentant les villages peuvent se tarir, les niveaux d’eau dans les forages baisser jusqu’à rendre les ouvrages secs, et la salinité augmenter dans les forages de bord de mer. Les aquifères et les rivières étant fortement connectés, la définition des débits mobilisables doit se faire à l’échelle des hydrosystèmes quand des tensions sur la ressource sont prévisibles.

L'implication et les réponses du BRGM

Le BRGM assure le suivi de l’état des masses d’eau souterraine, et diffuse les données ainsi bancarisées au travers de sites internet. Ces informations sont valorisées notamment au sein des comités hydriques. Le suivi de l’état quantitatif des eaux souterraines est ainsi réalisé dans le cadre d’une convention nationale avec l’Agence Française pour la Biodiversité, ou via une aide technique à l’Office de l’Equipement Hydraulique de la Corse dans le champ captant de la Figarella. Des piézomètres et des forages sont suivis dans le cadre de projets hydrogéologiques spécifiques.

En collaboration avec l’Office de l’Environnement de la Corse, le BRGM caractérise de plus les ressources en eau dans les formations granitiques et métamorphiques de l’île, par des campagnes de mesure de débit, ou l’étude de bassin versant expérimental, afin de mieux comprendre les paramètres régissant les circulations d’eau souterraine dans les aquifères complexes.

L’établissement élabore également des modèles hydrogéologiques permettant de mieux connaître et donc mieux gérer durablement la ressource disponible. Il met pour cela en œuvre une démarche pluridisciplinaire associant investigations géologiques, géophysiques, hydrologiques et hydrogéologiques. Les modèles tridimensionnels dynamiques qui en sont tirés permettent d’évaluer l’impact hydraulique de différents scénarios de gestion de la ressource en eau. Cette approche a par exemple été adoptée pour définir les débits mobilisables dans l’hydrosystème du Bevinco, nappe exploitée pour l’alimentation en eau potable de la communauté d’agglomération de Bastia et la communauté de communes Marana-Golo, dans le cadre d’un projet 2016-2019 en partenariat avec la régie de l’eau de la communauté d’agglomération de Bastia, et avec les co-financements de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse et l’Office de l’Environnement de la Corse.

Le BRGM est enfin régulièrement sollicité par les services de l’Etat pour donner, dans le cadre du projet d’appuis aux administrations de l’Etat, des avis techniques sur certains dossiers de déclaration utilité publique.

L’amiante dans le milieu naturel

Veine à actinolite-amiante (Haute-Corse, 2013). © BRGM - Didier Lahondere

Veine à actinolite-amiante (Haute-Corse, 2013). © BRGM - Didier Lahondere

Les enjeux

Le département de la Haute-Corse présente la particularité de compter de nombreux affleurements de roches contenant de l’amiante à l’état naturel. Soumises à l’érosion naturelle ou aux activités humaines, ces roches sont susceptibles de libérer dans l’air les fibres d’amiante qu’elles renferment. C’est cette émission de fibres qui pourrait avoir des répercussions d’ordre sanitaire sur la population, et les travailleurs susceptibles de les inhaler en cas d’exposition.

La mise en place des moyens de prévention et de protection adaptés à ce risque présente aujourd’hui un impact fort sur l’organisation des opérations de génie civil et sur la gestion des déchets occasionnés.

L’implication et les réponses du BRGM

Cartographie

Depuis 2010, le BRGM met à disposition sur son portail InfoTerre des cartographies de susceptibilité de présence dans le milieu naturel élaboré à partir des connaissances géologiques des terrains. Le Département de la Haute-Corse a ainsi été entièrement couvert à l’échelle 1/50 000. Les travaux de cartographie se poursuivent aujourd’hui pour proposer des échelles de cartographie de plus en plus précise (à l’échelle du 1/5 000, comme déjà réalisé pour les communes du grand Bastia, du Nebbio, de Murato, de Corte et de Bustanico).

Expertises géologiques et repérage des zones susceptibles d’être émettrices de fibres

Lors de ses campagnes de cartographies au 1/5 000, le BRGM identifie les principaux affleurements susceptibles de libérer des fibres d’amiante et formule des préconisations d’actions pour réduire le risque d’émission de fibre.

Le BRGM intervient parfois auprès d’entreprises publiques ou privées pour réaliser des études d’avant-projet dont l’objectif principal est le repérage des occurrences amiantifères tel qu’il recommandé dans les études de type A1 du guide INRS.

Dans le cadre de ses mission d’appui aux services de l’Etat, le BRGM peut intervenir en appuis à la DIRECCTE ou la DREAL pour donner des avis sur des dossiers d’expertises.

Etudes spécifiques

Le BRGM a appuyé les services de l’Etat sur des études concernant la gestion des déblais amiantifères en travaillant sur les thématiques Recommandations techniques de transport et Stockage de déblais amiantifères ainsi que sur l’accompagnement à la recherche de site pouvant accueillir ces déchets amiantifères.

Transmission et formation

L’ensemble des études BRGM ainsi que ces cartes sont disponibles sur le portail InfoTerre afin notamment de faciliter la réalisation des études de repérage d’amiante.

Un projet de plate-forme permettant de centraliser toutes les études réalisées sur la Haute-Corse est en cours, il permettra d’enrichir les sources d’information possible pour les diagnostics futurs. 

Le BRGM peut également réaliser à la demande des formations spécifiques sur les roches amiantifères présentes sur le territoire et les types d’occurrences susceptibles d’être rencontrées.

Le littoral : érosion du littoral et submersion marine

Le levé du trait de côte de la plage de Capu Laurosu - Portigliolo (Corse-du-Sud, 2008). © BRGM - Eric Palvadeau

Le levé du trait de côte de la plage de Capu Laurosu - Portigliolo (Corse-du-Sud, 2008). © BRGM - Eric Palvadeau

Les enjeux

Le littoral sableux de la Corse est naturellement mobile sous l’effet des vagues, des courants et du vent. Des actions humaines se conjuguent à ces facteurs naturels. Le positionnement de bâtiments ou structures fixes dans le périmètre de mobilité de la plage et du trait de côte les rend très vulnérables aux aléas érosion et submersion marines. Il est préconisé de traiter ces problématiques d’aléas côtiers et de mener la réflexion à l’échelle de la cellule hydro-sédimentaire pour prendre en compte les éventuels impacts d’une intervention sur l’ensemble des enjeux qui y sont présents. La compréhension des processus physiques impliqués à l’échelle de la cellule a minima est primordiale dans le cadre d’une gestion intégrée et concertée de la zone côtière.

Les problématiques d’érosion marine du littoral sableux sont actuellement prégnantes sur la Plaine orientale (de Bastia à Solenzara) et dans la baie de Calvi.

Des problématiques de submersion marine concernent de nombreuses zones basses de la Corse (Plaine orientale, plages de poche, fonds de golfes).

L'implication et les réponses du BRGM

Dans le cadre du Réseau d’Observation du Littoral de la Corse (ROL), une campagne de mesures de la topographie de la plage (zone émergée) et de l’avant plage (zone immergée) (mesures topo-bathymétriques) est menée chaque année depuis les années 2000, afin de quantifier les évolutions de la plage (trait de côte et pied de dune, flèches sableuses, etc.) et de l’avant-côte (barres sous-marines, etc.). La récurrence de mesures systématiques permet de développer une expertise locale de la vulnérabilité des sites à court terme (annuel) et moyen terme (décennie). Ces campagnes sont essentiellement menées dans le cadre de partenariats avec l’Office de l’Environnement de la Corse (qui bénéficie à cet effet d’un financement européen FEDER), la Collectivité de Corse et la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien. 

Les dix-sept sites concernés par ces mesures représentent un échantillon varié des plages corses en termes de morphologie et d’enjeux, et sont réparties sur l’ensemble du pourtour de l’île : les suivis du ROL intègrent des plages de poche, des plages sableuses de la Plaine Orientale ainsi que des plages de galets, sur un littoral sauvage à fortement anthropisé. Les résultats des campagnes sont mis en ligne sur le portail internet du ROL.

Le BRGM développe également des innovations pour améliorer la gestion du littoral et appréhender les effets prévisibles du changement climatique. Par exemple, le programme de coopération franco-italienne INTERREG MAREGOT vise à identifier les meilleures pratiques pour la gestion des territoires côtiers transfrontaliers et de réduire les risques liés aux changements climatiques : le BRGM y applique de nouveaux procédés d’observation, basés sur l’utilisation de caméra et sur la structuration et l’animation d’un réseau d’observateurs des phénomènes de submersion et d’érosion marines durant les évènements de tempête.

Concernant les phénomènes de submersion marine, en partenariat avec les services de l’Etat (DDTM et DREAL), le BRGM cherche à en améliorer la connaissance sur les principales zones à enjeux qui y sont soumises. Nous travaillons à identifier les zones basses potentiellement submersibles, dans une vision prospective tenant compte de l’élévation du niveau de la mer due au changement climatique, et à modéliser ces phénomènes de submersion marine par franchissement de paquet de mer pour mieux en caractériser les effets potentiels.

Les aspects de changement climatique sont également au cœur d’un partenariat avec le Conservatoire du littoral dans le cadre du programme Adapto.

Les risques de mouvements de terrain

Risque de chute de blocs après le passage de l'incendie, autour du village de Muna (Muna, Haute-Corse, 2000). © BRGM - Eric Palvadeau

Risque de chute de blocs après le passage de l'incendie, autour du village de Muna (Muna, Haute-Corse, 2000). © BRGM - Eric Palvadeau

Les enjeux

Du fait de sa géologie et de sa morphologie, la Corse est soumise de façon récurrente aux phénomènes de mouvements de terrain. Ecroulements en masse, chutes de blocs depuis des escarpements rocheux, glissements de terrain, érosion des sols et charriage torrentiel : la nature de ces mouvements est multiple, tant par les mécanismes mis en jeu que par les contextes géo-morphologiques concernés.

Ces mouvements de terrain peuvent avoir des répercussions lourdes sur la sécurité des biens et des personnes, et engendrer des conséquences économiques importantes. A ces égards, la caractérisation spatiale des zones soumises à ces aléas est essentielle, qui plus est dans un contexte de changement global où l’intensité des facteurs de déclenchement de ces évènements pourrait augmenter.

L'implication et les réponses du BRGM

Le BRGM intervient dans le cadre de sa mission d’appui aux politiques publiques principalement auprès des services de l’Etat (Préfecture, DREAL, DDTM) avec un lien fort avec les collectivités concernées, pour réaliser des caractérisations et des cartographies du risque de mouvement de terrain et accompagner ces services dans la prise en compte de ces phénomènes dans l’aménagement du territoire. Ainsi, le BRGM est intervenu à plusieurs reprises le long du sentier du GR20 pour caractériser les risques résiduels suite, notamment, à l’éboulement dramatique de juin 2015. En 2017, des programmes de caractérisation ont suivi un éboulement important à Ville-di Pietrabugno ayant conduit à l’évacuation temporaire de plusieurs logements. En 2018, le BRGM a démarré une étude complexe de caractérisation du risque d’écroulement d’une portion de la falaise de Bonifacio, associant notamment l’INERIS et le CEREMA, pour répondre aux interrogations de l’Etat et de la Collectivité de Corse.

Les incendies de l’été 2017 et de l’hiver 2018 ont également conduit à des diagnostics de risque de mouvements de terrain dans un contexte de sol dégradé, mis à nu par les feux, en cas de pluies violentes. Ces études ont permis de qualifier le sur-aléa mouvement de terrain lié aux feux de forêts : elles amènent des recommandations opérationnelles aux services de l’Etat et aux collectivités, pour prévenir les évènements destructeurs.

Un ensemble de partenaires publics et privés

En Corse, le BRGM collabore avec divers partenaires publics et privés :

  • Préfectures, DREAL, DDTM, DIRECCTE,
  • Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse,
  • Agence Française de la Biodiversité,
  • Collectivité de Corse, Office de l’Environnement de la Corse, Office de l’Equipement Hydraulique de la Corse,
  • Régie de l’eau de la communauté d’agglomération de Bastia (Aqua Publica), communauté de commune du pays Ajaccien,
  • Commune de Corte,
  • Centre de recherche viticole de la Corse (CRVI),
  • Conservatoire du littoral,
  • Société d’économie mixte Bastia Aménagement,
  • EDF-énergie nouvelle,
  • Fonds européens : INTERREG et FEDER.

Informations pratiques

Direction régionale Corse
Site de Bastia

BRGM
Direction régionale Corse
Immeuble Agostini
Zone Industrielle de Furiani
20600 Bastia

Tél. : 04 95 58 04 33
Fax : 04 95 30 62 10

Directeur régional
Anthony Rey
a.rey@brgm.fr

Ouverture au public
Du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h

Voir le plan d'accès

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34