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Reliefs sous-marins au large de Mayotte, relevé dans le cadre des missions océanographiques menées autour de la naissance d'un nouveau volcan sous-marin. © Campagne MAYOBS2

Phénomène sismo-volcanique à Mayotte : conclusions des campagnes océanographiques MAYOBS3 et MAYOBS4

Communiqués de presse - 02.08.2019
Les deux dernières campagnes océanographiques "MAYOBS3" et "MAYOBS4" menées au large de Mayotte ont pris fin le 31 juillet 2019. Une restitution scientifique a eu lieu à bord du Marion Dufresne afin de montrer les données récoltées durant les campagnes MAYOBS et d'expliquer le travail collectif mené par les scientifiques des différents instituts impliqués.

Les deux dernières campagnes océanographiques "MAYOBS3" et "MAYOBS4", financées dans le cadre d’un programme d’acquisition de connaissances par le ministère de la Transition écologique et solidaire et par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, ont pris fin mercredi 31 juillet. À cette occasion, une restitution scientifique a eu lieu à bord du navire océanographique Marion Dufresne, organisée en deux temps :

  • un premier temps d’échange le matin entre les scientifiques et les différentes parties prenantes à Mayotte (parlementaires, élus du Conseil départemental, maires, experts, membres du comité de présélection pour l’attribution du nom du volcan) ;
  • un second temps dans l’après-midi avec une conférence de presse.

Ces rencontres s’inscrivent dans la volonté du Gouvernement d’assurer en transparence la diffusion des connaissances scientifiques et de favoriser la compréhension du phénomène en permettant son appropriation par la population. Elles ont été l’occasion de montrer les données récoltées durant les campagnes MAYOBS et d’expliquer le travail collectif mené par les scientifiques de l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer), du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) et de Strasbourg (IPGS), de l’Université de La Réunion et de celle de Clermont Auvergne, sous la direction de Nathalie Feuillet (IPGP), Yves Fouquet (Ifremer) et Isabelle Thinon (BRGM).

Le sous-marin autonome embarqué pour la mission MAYOBS4, chargé d’acquérir des données microbathymétriques de haute précision des fonds. © Équipe MAYOBS4

Le sous-marin autonome embarqué pour la mission MAYOBS4, chargé d’acquérir des données microbathymétriques de haute précision des fonds. © Équipe MAYOBS4

La mission MAYOBS3 avait pour objectif de récupérer une partie des sismomètres fond de mer qui écoutent la zone, avant leur redéploiement en septembre 2019. Les sismomètres restés sur le fond permettront de poursuivre la surveillance.

Les campagnes "MAYOBS3" et "MAYOBS4" ont permis de cartographier la ride volcanique entre le volcan actif (à environ 50 km de l’île) et la zone sismique (à environ 15 km de l’île). La sismicité a diminué. Les séismes sont profonds (20 à 50 km). Des séismes profonds ont également été localisés entre la zone sismique principale (15 km de l’île) et la terre. Présents depuis le début, ils n'avaient pas été localisés lors des précédentes missions en raison de leur faible magnitude (entre 1 et 3).

Une nouvelle coulée identifiée

Les données récoltées confirment que la hauteur du volcan n’a pas évolué (sommet à 2850 mètres de profondeur). En revanche, depuis le mois de juin, une nouvelle coulée volcanique a été identifiée sur le flanc ouest du volcan sous-marin. Son épaisseur atteint plus de 150 mètres. Le volume estimé est de 0,3 km3.

Bathymétries relevées lors des campagnes MAYOBS2 et MAYOBS4. La nouvelle coulée est visible sur l'image de droite. © Équipe MAYOBS4

Bathymétries relevées lors des campagnes MAYOBS2 et MAYOBS4. La nouvelle coulée est visible sur l'image de droite. © Équipe MAYOBS4

Les campagnes "MAYOBS3" et "MAYOBS4" ont également permis de détecter des émissions de fluides ainsi que des panaches d’origine volcanique. Ces panaches n’atteignent pas la surface. Ceux du sommet du nouveau volcan, détectés en mai et juin, n’existent plus, alors que d’autres, plus petits, ont été détectés sur la nouvelle coulée.

Les premières images du fond

Deux plongées scampi (caméra près du fond) ont été réalisées sur le volcan. Elles montrent des laves en coussins et des laves cordées typiques de laves plus fluides. Des prélèvements de fluides ont été réalisés dans les panaches ; les analyses sont en cours. 

Lave en coussins. Photo prise par la caméra de fond Scampi sur la nouvelle coulée. © Équipe MAYOBS4

Lave en coussins. Photo prise par la caméra de fond Scampi sur la nouvelle coulée. © Équipe MAYOBS4

Laves cordées. Photo prise par la caméra de fond Scampi sur la nouvelle coulée. © Équipe MAYOBS4

Laves cordées. Photo prise par la caméra de fond Scampi sur la nouvelle coulée. © Équipe MAYOBS4

Des prélèvements de roches effectués sur les coulées récentes

Des prélèvements de roches ont été effectués sur les coulées récentes grâce à quatre dragues.

Roches draguées sur le nouveau volcan. © Équipe MAYOBS4

Roches draguées sur le nouveau volcan. © Équipe MAYOBS4

Les campagnes MAYOBS ont donc permis une très riche collecte de données. Les équipes scientifiques poursuivront à terre l’analyse de ces données pour mieux appréhender les risques éventuels associés à ces phénomènes sismo-volcaniques.

POUR ALLER PLUS LOIN

Télécharger le communiqué de presse de la préfecture de Mayotte

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