banner-ombre-top
banner-ombre-left
Les résurgences du cirque de Choranche. Elles drainent les eaux du massif des Coulmes vers la Bourne (Pont en Royan, Isère, 2009). © BRGM - François Michel

Etat des nappes d'eau souterraine au 1er octobre 2020

Notes d'information - 12.10.2020
En septembre, la vidange continue sur une grande partie du territoire et les niveaux des nappes phréatiques restent globalement en baisse.

Résumé

Durant le mois de septembre, la vidange se poursuit et la plupart des niveaux de nappes sont en baisse. Les épisodes pluviométriques survenus en septembre ont impacté uniquement les nappes réactives du sud du territoire. On observe sur ces dernières une stabilisation de leurs niveaux.

Le bénéfice de la recharge abondante de l’hiver dernier se ressent toujours et la situation au mois de septembre reste satisfaisante sur une grande partie ouest du territoire. Les niveaux des nappes sont particulièrement hauts en Corse, sur le pourtour méditerranéen et sur le Bassin aquitain. La situation des nappes est dégradée dans l’est, avec des niveaux bas à très bas dans les régions Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et en Limousin. Ces secteurs accusent plusieurs recharges successives déficitaires.

En octobre, les tendances devraient s’inverser sur les nappes réactives et la situation pourrait s’améliorer. Concernant les nappes inertielles, les tendances devraient rester orientées à la baisse ou se stabiliser mais la situation ne devrait évoluer que modérément.

Carte de France de la situation des nappes au 1er octobre 2020. © BRGM

Tendances d’évolution

La vidange a été initiée dès le milieu du mois de mars. Elle a été interrompue sur certains secteurs par les précipitations de début mai et de juin et s’est poursuivie à partir de fin juin.

En septembre, la vidange continue sur une grande partie du territoire et les niveaux restent globalement en baisse. Tant que la végétation ne se met pas en dormance, les précipitations génèrent rarement des pluies efficaces permettant de recharger les nappes, l’eau réussissant à s’infiltrer dans les sols étant entièrement reprise par la végétation. De plus, les eaux infiltrées suite aux pluies importantes de fin septembre n’ont pas encore eu le temps d’atteindre les nappes.

Les précipitations de septembre ont cependant des effets sur les secteurs les plus arrosés abritant des nappes réactives. Ainsi, des stabilisations voire des hausses de niveaux s’observent sur la nappe de la plaine alluviale d’Alsace, sur les nappes alluviales de la Garonne aval, amont et de ses principaux affluents et sur les nappes du littoral méditerranéen.

Situation par rapport aux moyennes des mois de septembre

Les effets de la recharge exceptionnelle enregistrée durant l’automne et l’hiver 2019-2020 puis au printemps 2020 sur une grande partie du territoire ont permis de maintenir des niveaux satisfaisants durant la période estivale sur la plupart des nappes.

En septembre, la situation n’évolue que peu par rapport à août. La sécheresse météorologique ou la pluviométrie n’ont que peu d’influence en période estivale sur les niveaux des nappes. De plus, les tendances à la stabilisation observées sur quelques nappes réactives n’ont pas eu d’effet sur les statistiques, les recharges ayant été insuffisantes. La situation se dégrade même légèrement sur certaines nappes réactives, du fait de l’absence de précipitations depuis plusieurs semaines, comme par exemple sur les calcaires du Berry, les alluvions du piémont pyrénéen et la nappe multicouche du Roussillon.

La situation reste satisfaisante sur une grande partie ouest du territoire et sur le pourtour méditerranéen où les niveaux sont majoritairement autour des moyennes mensuelles à modérément hauts. Ainsi, les niveaux sont particulièrement satisfaisants sur les nappes d’Artois-Picardie, de l’ouest et du sud du Bassin parisien, de Bretagne, du Bassin aquitain, du littoral méditerranéen et de Corse. Sur ces secteurs, la situation évolue peu depuis juillet.

La situation est moins satisfaisante en région Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et en Limousin, avec des niveaux bas à très bas. D’une part, les nappes réactives du Massif Central, des calcaires de Lorraine et du Jura sont sensibles à l’absence de précipitations. Leur situation s’est rapidement dégradée durant la sécheresse estivale et la vidange perdure en septembre. D’autre part, les nappes d’Alsace, d’Auvergne et des couloirs Rhône-Saône en Bourgogne et Rhône-Alpes ont connus plusieurs hivers successifs avec des pluies déficitaires. Les niveaux en fin d’hiver 2019-2020 étaient déjà préoccupants et se sont dégradés durant la période estivale.

Plusieurs nappes présentent des situations favorables, avec des niveaux modérément hauts à très hauts par rapport aux mois de septembre des années antérieures :

  • Les nappes alluviales, du Plio-quaternaire et des calcaires de Vendée et du bassin Adour-Garonne accusent encore les effets de la recharge hivernale abondante et d’apports exceptionnels en mai et juin ;
  • Les nappes de l’aquifère multicouche du Roussillon et des alluvions du littoral languedocien ont bénéficié d’une recharge hivernale satisfaisante et de pluies en avril et mai ;
  • Les nappes alluviales de la côte d’Azur et de Corse ont bénéficié d’apports conséquents ces derniers mois.

Certaines nappes montrent des situations moins favorables, avec des niveaux bas à très bas par rapport aux moyennes de tous les mois de septembre, nécessitant une surveillance renforcée :

  • La nappe alluviale de la plaine d’Alsace au nord de Colmar observe des niveaux très bas, malgré des niveaux en hausse, et des minima mensuels historiques sont atteints sur plusieurs piézomètres ;
  • Les nappes des calcaires jurassiques de Lorraine, du Jura et du Berry ainsi que du socle du Massif Central en Auvergne et Limousin sont impactées par les déficits pluviométriques de ces dernières semaines ;
  • Les nappes des alluvions, cailloutis et corridors fluvio-glaciaires de Bourgogne, du Rhône amont et moyen accusent des déficits de recharge survenus ces derniers hivers.

Suite aux précipitations de fin septembre, des niveaux en hausse ont été observés ponctuellement. Les pluies annoncées en octobre devraient permettre de confirmer l’inversion des tendances. La recharge devrait débuter début octobre, avec des niveaux en hausse, sur les nappes réactives les plus arrosées. Elle devrait se généraliser dans les prochaines semaines sur l’ensemble du territoire. Pour les nappes les plus inertielles, la vidange devrait se poursuivre au moins jusqu’à novembre.

En octobre, la situation des nappes devrait commencer à s’améliorer notamment sur les secteurs arrosés abritant des nappes réactives. Elle devrait demeurer similaire à celle de septembre sur les nappes très inertielles.

Les prévisions saisonnières de MétéoFrance (« conditions plus sèches que la normale ») ne sont pas favorables à une recharge importante des nappes sur la période octobre à décembre.

POUR ALLER PLUS LOIN

Télécharger la carte de France de la situation des nappes au 1er octobre 2020

CONTACT

Service presse

+33 (0)2 38 64 46 65
+33 (0)6 84 27 94 14

presse@brgm.fr

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34