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Résurgence à Navacelles (Gard, France, 1990). © BRGM - Urbain de Cayeux

Etat des nappes d'eau souterraine au 1er novembre 2020

Notes d'information - 13.11.2020
En octobre 2020, les niveaux des nappes phréatiques sont en phase de transition. Les précipitations importantes et la mise en dormance de la végétation permettent d’initier une recharge des nappes.

Résumé

Les niveaux sont en hausse sur les nappes réactives et les secteurs les plus arrosés tandis que les niveaux des nappes inertielles et des secteurs en déficits pluviométriques sont toujours en baisse ou se stabilisent.

La situation au mois d’octobre est satisfaisante sur une grande partie ouest du territoire. Sur ce secteur, le bénéfice de la recharge abondante de l’hiver dernier se ressent toujours, auquel s’ajoutent les apports de ce début de recharge. Les niveaux des nappes sont particulièrement hauts dans le bassin Adour-Garonne et en Bretagne.

La situation des nappes reste dégradée dans l’est. Les niveaux sont bas à très bas dans les régions Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et en Limousin. La recharge a cependant débuté et la situation s’améliore lentement.

En cette fin d’année, les tendances dépendront de la pluviométrie. La recharge devrait se généraliser à l’ensemble des nappes et la situation s’améliorer.

Carte de France de la situation des nappes au 1er novembre 2020. © BRGM

Tendances d’évolution

Le mois d’octobre 2020 est une période de transition pour les nappes. Les précipitations importantes de fin septembre et d’octobre et la mise en dormance de la végétation permettent une infiltration en profondeur des eaux. Cela se traduit sur les niveaux des nappes par une inversion des tendances, 23 des 31 indicateurs étant en hausse ou stables.

La période de recharge a débuté entre fin septembre et courant octobre sur une grande partie des nappes. Les niveaux sont ainsi en hausse sur les nappes du Massif armoricain, du bassin Adour-Garonne, du Massif central, de Lorraine, des couloirs de la Saône et du Rhône amont, du Roussillon, de l’est de la Provence et de la Corse. Le début de la recharge a été très excédentaire par rapport à la moyenne notamment en Bretagne et Adour-Garonne.

Concernant les nappes de la Beauce, du Bassin parisien et d’Artois-Picardie, la vidange se poursuit. Ces constats s’expliquent par l’inertie importante des nappes de ces secteurs. Les eaux infiltrées suite aux pluies importantes n’ont pas encore eu le temps d’atteindre les nappes. Cependant, les baisses de niveaux s’atténuent et le début de la recharge semble s’amorcer dans certains secteurs.

Enfin, les niveaux sont stables sur les secteurs ayant accusé des déficits pluviométriques, sur le pourtour méditerranéen, du Languedoc à l’ouest de la Provence et jusqu’au couloir du Rhône aval et moyen.

Situation par rapport aux moyennes des mois d'octobre

Les effets de la recharge exceptionnelle enregistrée durant l’automne et l’hiver 2019-2020 puis au printemps 2020 sur une grande partie du territoire ont permis de maintenir des niveaux satisfaisants durant la période estivale sur la plupart des nappes. En octobre, la situation s’améliore sur les nappes ayant débuté leur recharge, tandis qu’elle se maintient sur les nappes inertielles voire se dégrade légèrement sur les secteurs ayant connu un déficit pluviométrique.

La situation est satisfaisante sur l’ouest et le nord du territoire. En Bretagne, en Vendée et dans le bassin Adour-Garonne, les niveaux étaient déjà majoritairement supérieurs à proches de la moyenne en septembre. La forte pluviométrie d’octobre a permis d’améliorer la situation et les niveaux y sont très satisfaisants, de modérément hauts à très hauts. En Artois-Picardie et sur le Bassin parisien, la situation évolue peu depuis juillet, en raison de l’inertie des nappes.

La situation est moins satisfaisante en région Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Limousin, avec des niveaux modérément bas à bas. Le début de la recharge a toutefois permis d’améliorer les situations notamment celles des nappes les plus réactives.

Sur le littoral méditerranéen, la situation est plus contrastée, avec des niveaux de modérément hauts à bas. La situation se dégrade légèrement sur les nappes réactives du littoral languedocien, de la région de Nîmes et Montpellier et des secteurs amont de la Provence, du fait de précipitations faibles. La situation reste la même, avec des niveaux modérément hauts, sur les nappes de la Côte d’Azur, de la Corse et du Roussillon.

Plusieurs nappes présentent des situations favorables, avec des niveaux modérément hauts à très hauts par rapport aux mois d’octobre des années antérieures :

  • Les nappes alluviales du Plio-quaternaire et des calcaires de Vendée et du bassin Adour-Garonne ont débuté la recharge avec des niveaux très satisfaisants ;
  • Les nappes du socle breton et des calcaires jurassiques du Bessin ont bénéficié d’une première période de recharge conséquente ;
  • Les nappes alluviales de la côte d’Azur et de Corse ont bénéficié d’apports conséquents ces derniers mois.

Certaines nappes montrent des situations moins favorables, avec des niveaux modérément bas à bas par rapport aux moyennes de tous les mois d’octobre, nécessitant une surveillance renforcée :

  • La nappe alluviale de la plaine d’Alsace observe des niveaux bas à modérément bas, malgré des niveaux stables ou en hausse ;
  • Les nappes des calcaires jurassiques de Lorraine et du Berry ainsi que du socle du Massif Central en Auvergne et Limousin sont impactées par les déficits pluviométriques de cet été mais leur recharge a débuté et les situations s’améliorent ;
  • Les nappes des alluvions, cailloutis et corridors fluvio-glaciaires de Bourgogne, du Rhône amont et moyen ont commencé leur recharge précocement mais accusent toujours des déficits de recharge survenus ces derniers hivers.

Les prévisions saisonnières de MétéoFrance (« conditions plus sèches que la normale » au sud-ouest de la France et « pas de scénario privilégié » au nord-est) ne sont pas favorables à une recharge importante des nappes sur la période de novembre à janvier. Or, les tendances de ces prochaines semaines dépendront exclusivement des cumuls pluviométriques.

Une absence de pluviométrie suffisante engendrera des niveaux stables ou en baisse et une dégradation de la situation. Seules les niveaux des nappes inertielles pourraient se retrouver en hausse, du fait de l’infiltration des pluies de septembre et d’octobre. Au contraire, une pluviométrie suffisante permettra de maintenir et de généraliser la recharge. La situation des nappes s’améliorera alors rapidement pour les nappes réactives et les secteurs très arrosés et plus lentement sur les nappes inertielles.

POUR ALLER PLUS LOIN

Télécharger la carte de France de la situation des nappes au 1er novembre 2020

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