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La Fontaine de Vaucluse, la plus grosse source de France (Fontaine-de-Vaucluse, Vaucluse, 2007). © BRGM - François Michel

Etat des nappes d'eau souterraine au 1er mars 2020

Notes d'information - 12.03.2020
Les pluies efficaces ont été particulièrement importantes durant l’automne et le début de l’hiver et ont permis aux nappes phréatiques d’enregistrer de fortes remontées.

Résumé

Après un étiage 2019 plus intense que la moyenne sur l’ensemble du territoire, la recharge a débuté précocement, dès octobre, et s’est généralisée à l’ensemble des nappes en novembre. Les pluies efficaces ont été particulièrement importantes durant l’automne et le début de l’hiver et ont permis aux nappes d’enregistrer de fortes remontées. La situation devient favorable sur la quasi-totalité des nappes.

Sur la moitié nord du territoire, les nappes poursuivent leur recharge et la situation s’améliore ; les niveaux sont désormais autour de la moyenne à hauts. Au sud, les tendances sont hétérogènes, du fait de déficits pluviométriques en janvier et février. La situation s’est alors dégradée mais demeure satisfaisante avec des niveaux autour de la moyenne à hauts. Seule exception, les nappes alluviales de l’Adour et du Gave du Pau affichent des niveaux sous la moyenne mensuelle. Enfin la situation est moins favorable sur les nappes du couloir rhodanien et de l’est du Massif Central. Ces dernières accusent toujours les déficits pluviométriques de ces dernières années, même si l’effet bénéfique de la recharge continue à se faire sentir.

Enfin, la situation devrait continuer à s’améliorer lentement sur les prochaines semaines. Le bilan de la recharge permet d’espérer des niveaux satisfaisants sur l’ensemble des nappes en sortie d’hiver, sauf si les déficits pluviométriques perdurent au sud.

Carte de France de la situation des nappes au 1er mars 2020. © BRGM

Tendances d’évolution

Les basses eaux ont été atteintes entre mi-octobre et novembre sur l’ensemble des nappes. Seuls certains secteurs sur les nappes très inertielles du Bassin parisien et de la Beauce affichent une recharge plus tardive débutant en décembre voire début janvier.

En février, les précipitations excédentaires ont été bénéfiques sur la moitié nord du territoire français. Elles ont permis d’assurer une recharge régulière et les niveaux des nappes sont à la hausse. Ce phénomène est habituel pour cette période de l’année, la végétation étant en dormance et une grande partie des pluies s’infiltre vers les nappes. Localement, les niveaux peuvent s’être stabilisés en février, du fait de légers déficits pluviométriques sur le nord de la nappe de la Beauce, le sud de la nappe des calcaires jurassiques du Berry et la nappe alluviale de la plaine d’Alsace au sud de Colmar.

Sur la moitié sud de la France, les pluies ont été moins abondantes en janvier et février 2020. Les tendances sont hétérogènes, selon la pluviométrie locale et la réactivité de la nappe considérée. Dans de nombreux secteurs, les niveaux sont stables ou en baisse. Cependant, la recharge se poursuit lors d’épisodes pluviométriques conséquents comme par exemple au droit de la nappe des calcaires jurassiques du sud de la Vendée, les nappes alluviales de la Garonne amont et les nappes du Roussillon. Concernant le couloir rhodanien, les nappes alluviales réactives enregistrent des niveaux en hausse tandis que les nappes à forte inertie sont le plus souvent stables.

Situation par rapport aux moyennes des mois d'octobre

L’étiage 2019 a été plus intense que la moyenne sur l’ensemble du territoire. Le début précoce de la recharge puis les remontées importantes des niveaux durant l’automne ont permis une amélioration conséquente de la situation. En février 2020, la situation est globalement satisfaisante, avec des niveaux modérément bas à hauts.

Sur la moitié nord, la recharge continue depuis octobre a permis d’améliorer la situation. En février, les niveaux sont globalement autour de la moyenne à modérément hauts. Les nappes les plus réactives, des calcaires jurassiques du Bessin et de Lorraine, affichent des niveaux hauts. Au droit de la nappe alluviale de la plaine d’Alsace au sud de Colmar, les pluies de ces dernières semaines ont permis d’atteindre des niveaux autour de la moyenne à modérément hauts sur de nombreux secteurs. Seuls les ouvrages à l’extrême sud de la nappe de la plaine d’Alsace restent à des niveaux très bas.

Sur la moitié sud de la France, la recharge a été souvent déficitaire en janvier et février. La situation s’est dégradée par rapport à décembre 2019 et est plus contrastée, avec des niveaux modérément bas à hauts. En Bretagne, en Adour-Garonne, sur le pourtour méditerranéen et en Corse, les niveaux étaient exceptionnellement hauts en décembre 2019. Les déficits pluviométriques de janvier et février ont permis aux nappes de redescendre à des niveaux autour de la moyenne à modérément hauts. La situation s’est donc dégradée mais reste satisfaisante pour un mois de février.

Sur les bassins du Rhône amont et moyen ainsi que de la Saône, les niveaux demeurent modérément bas mais la situation est différente selon la réactivité de la nappe. Les nappes alluviales réactives ont bénéficié d’apports pluviométriques conséquents sur leur bassin amont du Jura et des Alpes du nord. Leur situation est satisfaisante, leurs niveaux étant autour de la moyenne à hauts. Les nappes à forte inertie conservent des niveaux modérément bas à très bas (nappe des cailloutis du Sundgau ainsi que nappes des cailloutis et du fluvio-glaciaires de la Bresse au Bas-Dauphiné). Enfin, le déficit pluviométrique se fait ressentir sur les nappes du bassin amont de la Loire, situées en partie est du Massif Central : les niveaux sont modérément bas à très bas.

Parmi les nappes qui présentent les situations les plus favorables, avec des niveaux modérément hauts à hauts par rapport aux mois de février des années antérieures, on peut citer :

  • Les nappes du socle breton et des calcaires jurassiques du Bessin et du sud de la Vendée qui ont bénéficié d’une recharge excédentaire ces derniers mois. Les niveaux restent en hausse et hauts en février ;
  • Les nappes du Tertiaire, de la craie et des calcaires jurassiques de l’est du Bassin parisien, qui poursuivent leur recharge et observent des niveaux modérément hauts à hauts ;
  • Les nappes du Plio-quaternaire aquitain, alluviales de la Garonne et du littoral languedocien ainsi que multicouches du Roussillon, qui malgré une recharge déficitaire en février affichent des niveaux modérément hauts à hauts.

Plusieurs secteurs montrent des situations moins favorables, avec des niveaux modérément bas par rapport aux moyennes de tous les mois de février :

  • La nappe d’Alsace au sud de Colmar qui, malgré la recharge de février, enregistre des niveaux modérément bas ;
  • Les nappes des cailloutis de Bourgogne, les nappes des couloirs fluvioglaciaires du Rhône amont et moyen et les nappes de l’est du Massif Central, qui sont fortement impactées par les déficits pluviométriques successifs depuis 2017. Les tendances sont stables ou à la hausse et la situation s’améliore lentement mais demeure contrastée. Certains piézomètres affichent encore des niveaux très bas et nécessitent une surveillance renforcée ;
  • Les nappes alluviales de l’Adour et du Gave du Pau qui, en réaction au déficit pluviométrique de janvier et février, sont en baisse et modérément basses.

En mars 2020, la pluviométrie devrait permettre de poursuivre la recharge de l’ensemble des nappes. Les éventuels déficits pluviométriques locaux auront un impact principalement sur les nappes réactives.

Les situations devraient continuer à s’améliorer lentement jusqu’à la fin de la recharge, cette dernière se manifestant par des pluies mensuelles plus faibles, l’augmentation de l’évapotranspiration ou par la reprise de la végétation au printemps. Les nappes les plus inertielles présentent un temps de réponse long et la hausse des niveaux devrait perdurer un voire deux mois après l’arrêt de l’infiltration des pluies en profondeur.

POUR ALLER PLUS LOIN

Télécharger la carte de France de la situation des nappes au 1er mars 2020

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