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Les résurgences du cirque de Choranche. Elles drainent les eaux du massif des Coulmes vers la Bourne (Pont en Royan, Isère, 2009). © BRGM - François Michel

Etat des nappes d’eau souterraine au 1er mai 2012

Notes d'information - 15.05.2012
Une grande majorité des nappes phréatiques (77%) affichent un niveau inférieur à la normale. En cette période de printemps 2012, sur l’ensemble du territoire, un tiers des niveaux (35%) est orienté à la hausse et une grande partie (40%) est désormais stable.

Résumé de la situation

Situation du niveau des nappes

Le niveau des nappes au 1er mai 2012 est hétérogène d’une région à l’autre.

Une grande majorité des réservoirs (77%) affichent un niveau inférieur à la normale. C’est le cas sur la plus grande partie du Bassin parisien, sur le secteur du Rhône et dans le sud-ouest pour plusieurs grands aquifères. On peut citer les nappes de Beauce, la nappe de la Craie en Touraine, ou encore les nappes du bassin de la Garonne aval et de la Dordogne. Cette situation est le résultat de plusieurs années de déficit pluviométrique.

Tendance d’évolution du niveau des nappes

En cette période de printemps 2012, sur l’ensemble du territoire, un tiers des niveaux (35%) est orienté à la hausse et une grande partie (40%) est désormais stable. 25% seulement des indicateurs présentent des niveaux qui sont encore en baisse.

Une tendance à la stabilisation des niveaux marque les grands bassins, Parisien et Aquitain, ainsi que le quart sud-est du pays. Si, à l’échelle nationale, la période de recharge hivernale des nappes n’a pas été très efficace, les pluies de printemps ont eu, quant à elles, un effet très bénéfique sur la nouvelle tendance d’évolution du niveau des nappes observée fin avril.

La carte de France de la situation des nappes au 1er mai 2012

La carte de France de la situation des nappes au 1er mai 2012

Les cumuls de précipitations du mois d’avril 2012 ont été excédentaires sur la plus grande partie du territoire. Pour quelques endroits comme le littoral est de la Corse, l’intérieur du Roussillon et le sud du plateau lorrain ils sont cependant déficitaires de 25 à 50 %. Les régions du sud de Midi-Pyrénées au pourtour du golfe du Lion, ainsi que de la Bresse à la Moselle et au Bas-Rhin sont proches des normales. L’excédent atteint 2 à 3 fois la normale sur le sud des Alpes, sur le sud-ouest de l’Yonne, l’ouest de l’Aube et des Ardennes, de la région lilloise à l’Artois, et plus généralement de la Basse-Normandie et de la Bretagne aux Landes et à l’ouest du Massif central, hormis en Vendée.

Sur l’ensemble de la France, le cumul des pluies efficaces depuis septembre 2011 est cependant déficitaire ou proche de la normale, hormis sur l’est des Pyrénées-Orientales et le relief de l’est de la Haute-Corse où l’excédent est de 25 à 100 % dû aux précipitations importantes de l’automne 2011. Le déficit représente 50 à 75 % de la normale du littoral vendéen aux Pays de la Loire, localement sur le Bassin parisien et le Massif central, près de la vallée de la Saône, sur la Balagne et l’extrême sud de la Corse, et particulièrement en région Midi-Pyrénées, de l’est de la Moselle au Bas-Rhin et en région marseillaise où le déficit atteint par endroits 75 à 100%.

Cette situation pluviométrique conduit à observer pour ce mois d’avril 2012 une évolution des ressources en eau souterraine vers la stabilité voire la hausse pour la très grande majorité des points de suivi (75%). Seule une partie désormais plus réduite des points (25%) est encore baisse en ce mois d’avril. La période habituelle de recharge des nappes de début d’année a été peu efficace jusqu’en mars mais les pluies d’avril ont sensiblement amélioré la situation. Les situations restent, certes, assez contrastées selon que l’on considère les nappes fortement capacitives ou plus réactives mais les niveaux demeurent encore le plus généralement inférieurs aux normales.

Le niveau des nappes à fin avril 2012 est en hausse pour 35% d'entre elles, en baisse relative pour 25% et stable pour les 40% restant.

L’état de remplissage des aquifères se maintient très majoritairement sur des valeurs inférieures à la normale en cette fin avril 2012. Il est assez peu contrasté : inférieur à la moyenne pour 77 % des points suivis, égal à la moyenne pour 12 % et supérieur à la moyenne pour les 10 % restants.

Malgré une amélioration, plusieurs situations déficitaires, encore assez marquées, sont observées dans le Bassin Parisien, dans le Bassin Aquitain ou dans la vallée du Rhône. Quelques situations proches de la normale marquent malgré tout le territoire dans les contextes aquifères de certains secteurs des régions Languedoc-Roussillon, Poitou-Charentes, Provence-Alpes-Côte-D’azur et Centre.

Pour les nappes qui présentent une situation déficitaire on peut citer :

  • La nappe des sables du Maine ou de la craie de Touraine qui présentent des niveaux très inférieurs à la normale. La tendance à la stabilisation voire à un retour à la hausse des niveaux pour certains points de suivi traduit cependant une évolution positive.
  • Les nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne qui présentent des niveaux inférieurs à très inférieurs à la normale pour un grand nombre des points de suivi. La stabilisation des niveaux est cependant actée pour de nombreux indicateurs, elle traduit une période charnière vers, peut-être, une prochaine phase de recharge des nappes.
  • Les alluvions et corridors fluvio-glaciaires du Rhône amont et aval, qui présentent des niveaux toujours globalement inférieurs aux valeurs normales, à l’image de la nappe de la Molasse ou de la nappe de l’est Lyonnais pour les couloirs d’Heyrieux ou de Meyzieu. Une légère amélioration de la situation du secteur est observée.
Pour les nappes qui présentent des situations plus favorables, à la faveur des précipitations assez marquées de ce mois d’avril, on peut citer :
  • L’aquifère multicouche du Roussillon qui présente des niveaux globalement peu déficitaires mais pour lesquels cependant une légère tendance à la baisse est observée sur plusieurs point de suivi.
  • Les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau dans le bassin Adour-Garonne qui présentent des niveaux proches de la normale pour cette période de l’année. La recharge reste cependant tardive comme sur le quart sud-ouest du territoire.
  • La nappe d’Alsace au sud de Colmar qui présente des niveaux légèrement en baisse voire stables pour certains. Plusieurs niveaux du centre de la plaine d’Alsace sont proches de la normale, tout comme les secteurs dont l’alimentation principale provient du Rhin.

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