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Cône de l’Yvrande ayant fait l’objet des prélèvements par carottage. © BRGM - Ingrid Girardeau

Sectorisation hydrogéologique des aquifères du bassin Seine-Normandie

09.10.2017
La Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE-2000/60/CE) introduit la notion de « masses d’eau souterraine », destinées à servir d’unités d’évaluation avec l’objectif de parvenir à un bon état de la ressource à terme.

Fiches de proposition d’ajustement. © BRGM

Contexte

La délimitation des masses d’eau souterraine (MESO) est principalement fondée sur des critères naturels (géologiques, hydrogéologiques, hydrologiques) puis éventuellement sur la considération d’autres critères (limites administratives, zones à pressions anthropiques importantes, panaches de pollution, etc...). Depuis la première délimitation des masses d’eau en 2004, les connaissances sur la structure et le fonctionnement des aquifères du Bassin parisien se sont enrichies et un nouveau référentiel hydrogéologique, BDLISA, a été mis en place. Ces évolutions méritent d’être prises en compte dans le processus de révision des contours des masses d’eau qu’il est possible de réaliser en vue du prochain cycle de rapportage.

Objectifs

L’enjeu est de pouvoir disposer de secteurs de masses d’eau dont le fonctionnement hydrogéologique est homogène et stable dans le temps, dans le but de rendre plus pertinentes et plus efficaces les politiques de gestion d’une part, et les exercices d’évaluation de l’état (quantitatif et qualitatif) en vue du rapportage d’autre part.

Programme des travaux

La définition des secteurs repose en premier lieu sur l’exploitation de la BDLISA. Le fait de disposer d’un référentiel régulièrement mis à jour et exploitable au format POSTGRES/POSTGIS représente un atout clé dans la réussite d’un tel projet.

En effet, le développement et le déploiement de traitements automatiques permettant de rassembler en un même objet géomatique des secteurs partageant les mêmes caractéristiques est, dans ces conditions, facilité, et relativement rapide compte tenu de la complexité des contextes rencontrés.

Ainsi, il est possible de distinguer l’ensemble d’une zone dans laquelle deux aquifères sont en contact et constituent localement un aquifère unique, qu’il faut distinguer d’un secteur où une éponte imperméable constitue un écran entre ces deux aquifères.

Résultats obtenus

L’ensemble des zones sous couverture imperméable est distingué, permettant de mettre en évidence des secteurs dans lesquels la vulnérabilité des hydrosystèmes souterrains est moindre, du fait de la présence d’un écran imperméable en surface, à l’inverse de zones où  la vulnérabilité des aquifères vis-à-vis des différentes pressions est plus forte, en raison de l’absence de cette protection.

Le cas particulier des zones alluviales mérite ainsi d’être mentionné. Ces secteurs d’échanges entre eaux de surface et eaux souterraines sont désormais identifiés et cartographiés très finement à l'échelle des masses d’eau, permettant ainsi aux gestionnaires d’exercer une vigilance particulière dans des secteurs particuliers.

Enfin, le cas des zones à fonctionnement karstique fait également l’objet d’un traitement particulier, de manière à prendre en compte leur fonctionnement spécifique. Pour ce faire, différentes sources d’informations complémentaires sont exploitées (BDCavité, BD Bétoires et BD Traçages). Les informations complémentaires permettent ainsi de préciser, le cas échéant, les secteurs particulièrement affectés par les phénomènes de karstification, et d’en déduire l’existence des bassins versants souterrains dont l’extension géographique pourrait s’éloigner des bassins versants habituellement définis sur la seule base des charges hydrauliques mesurées.

Le travail de sectorisation s’appuie par ailleurs sur le fait de pouvoir disposer, à l’échelle du bassin Seine-Normandie, d’informations concernant l’usage de l’eau, et notamment de pouvoir comprendre quels aquifères sont exploités pour l’alimentation en eau potable. Ainsi, un certain nombre de préconisations a été émis, visant à rassembler dans une même masse d’eau des secteurs aujourd’hui séparés, mais dont les usages constatés et les réseaux de suivis ne concernent qu’un seul et même objet hydrogéologique.

Le fait de disposer d’un référentiel extrêmement complet, à l’échelle du 1/50 000 tel que la BDLISA, et de différentes sources d’informations complémentaires telles que les points de suivis, de surveillance et leurs liens vers la BDLISA ou les masses d’eau, autorise une approche systémique à l’échelle du bassin Seine-Normandie. Lorsque cela est possible, d’autres sources d’informations sont prises en compte, même lorsque l’information est hétérogène ou non-exhaustive à l’échelle du territoire. Néanmoins, les travaux d’amélioration de ces bases de données d’informations complémentaires laissent entrevoir des possibilités d’améliorer, à terme, les secteurs définis dans l’état actuel des connaissances. Deux pistes principales sont identifiées : les zones à fonctionnement karstique pour lesquelles les travaux de recensement et de bancarisation sont en cours, et les zones de socle pour lesquelles des travaux d’amélioration de la BDLISA sont en voie d’amorçage.

Le résultat de la sectorisation en entités hydrogéologiques homogènes ouvre par ailleurs la voie à des approches complémentaires permettant de rendre compte, à une échelle plus fine encore, des contextes particuliers pouvant être rencontrés à l’échelle d’un territoire aussi vaste. Il pourra par exemple s’agir de surimposer des informations liées aux différents usages du sol, ou la présence de sources de pollutions ponctuelles, passées ou actuelles, permettant de prendre en compte ces pressions dans le contexte hydrogéologique particulier défini au sein d’un secteur.

PARTENAIRE

Agence de l’eau Seine-Normandie

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34