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Un filon pegmatitique dans la région de Kourou (Guyane, 2013). © BRGM - Matthieu Chevillard

Revalorisation du potentiel minier français : inventaire en cours

28.10.2013
Après plusieurs années d’un certain ostracisme minier, la France redécouvre son sous-sol, et envisage de l’exploiter à nouveau. Seulement voilà, les données les plus récentes datent de 1992, c’est-à-dire de la fin de l’inventaire minier. Le BRGM vient de lancer une réévaluation du potentiel en ressources minérales, avec un intérêt particulier sur la Guyane.

Dans un contexte général de tension sur les approvisionnements en ressources minérales métalliques, et face entre autres à la montée des enjeux sur les métaux rares, la France se réveille. Or, la connaissance du sous-sol national à des fins d’exploitation minière a un retard considérable à rattraper. Car l’inventaire minier, entrepris en 1975, fut laissé à l’abandon en 1992 pour cause de chute des cours et de problèmes budgétaires...

Réexploitation des données de l'inventaire minier national abandonné en 1992

Le BRGM a donc entrepris en 2012 la réexploitation des données de l’inventaire minier national. La méthodologie mise au point pour la métropole a pour objectifs de caractériser et prioriser les principales cibles déjà mises en évidence par l’inventaire, et d’en mettre en évidence de nouvelles à fort potentiel. La Guyane, de son côté, a fait l’objet d’une étude spécifique.

L’étude a été réalisée dans le cadre de la convention relative aux ressources minérales entre le ministère de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE) et le BRGM.

Une vision renouvelée du potentiel minier français

La méthodologie employée comprend plusieurs étapes : tout d’abord le recensement de l’ensemble des données pertinentes issues de l’ancien inventaire. Puis leur réévaluation face aux nouveaux besoins français en ressources dans le contexte économique actuel, ce qui permet de présélectionner les zones méritant de retenir l’attention. On applique alors un critère "filières industrielles et emplois" dont l’objectif est d’assurer une bonne adéquation entre les cibles à rechercher et leur impact sur l’activité en France et en Europe.

Vient ensuite une phase purement technique : le développement d’un SIG (système d’information géographique) national permettant de mettre dans un même référentiel toutes les données géologiques, métallogéniques, géochimiques, géophysiques, sociétales, etc. nécessaires à l’étude et d’en favoriser la consultation. Une évaluation du potentiel minier de la zone sera faite à la fois avec le SIG (croisement de données, calculs statistiques, etc.) et, le cas échéant, par des compléments d’échantillonnage sur le terrain.

Représentation géographique des sujets miniers français sélectionnés dans la présente étude, codés par substance et classe de priorité (hors substances énergétiques).

Représentation géographique des sujets miniers français sélectionnés dans la présente étude, codés par substance et classe de priorité (hors substances énergétiques). © BRGM

Enfin, l’application d’un critère "contraintes environnementales et réglementaires" et l’introduction de la dimension sociétale permettent d’introduire ces critères dans la grille d’analyse. À l’issue de ce réexamen, les zones sont hiérarchisées selon des priorités allant de 1 à 3. Un test de la méthode a été réalisé sur le sud-ouest du Massif central et les minéralisations à tungstène, permettant de confirmer l’intérêt d’une cible telle que Fumade.

Voilà qui donne une vision renouvelée du potentiel minéral français, avec déjà une première liste intéressante de "priorités 1" : Antully (Fe, Ba), Arrens (Ba, Zn), Chessy-les-Mines (Zn, Cu, Ba), Courcelles-Frémoy (F, Ba), Échassières (Sn, W, Li, Ta, Nb), Égreuil (Fe, Ba), Fumade (W), Pierre-Perthuis (Fe, Ba), Rouez (Pyr, Cu, Au), Salau (W) et Tréguennec (Sn, Ta, Nb, Li, Be). À cela s’ajoute une cinquantaine de cibles classées en priorité 2, issues d’un examen des données de près de 160 sujets, pour lesquels le BRGM est détenteur d’informations.

Des caractéristiques métallogéniques originales en Guyane

La Guyane donne lieu à une étude spécifique. Le territoire est exceptionnel sur le plan géologique. Il correspond à des terrains anciens de plus de 2 milliards d’années, avec des minéralisations et des caractéristiques métallogéniques sans aucun équivalent en France métropolitaine.

D’ores et déjà certaines thématiques sont à un stade avancé de prospection. Citons les minéralisations de columbo-tantalite avec des zones à tantale dominant, qui pourraient déboucher sur des exploitations. Le gisement de kaolin Charvein présente quant à lui les caractéristiques d’un gisement exploitable mais, son développement pourrait entrer en conflit avec la progression de l’urbanisation.

Enfin, là aussi, compte tenu de la richesse du milieu naturel guyanais, la mise en valeur de la ressource minière devra se faire de manière durable, en garantissant le respect de l’environnement.

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