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Dégâts sur l'église de Terre de Bas (archipel de Saintes) en Guadeloupe après le séisme du 21 novembre 2004 (Terre de Bas, Guadeloupe, 2005). © BRGM

Retour d’expérience suite au séisme de l’Ubaye du 7 avril 2014

24.07.2015
Le 7 avril 2014, un séisme de magnitude 5,2 a frappé l’Ubaye, le plus puissant enregistré en métropole depuis une dizaine d’années. Avec l’appui du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Energie (MEDDE) et en partenariat avec la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) PACA, le BRGM a conduit une mission de retour d’expérience sur ce séisme, ses conséquences, le comportement des populations, la communication, l’information et la gestion de la crise.

Ce travail a conclu à une série de recommandations visant à une meilleure prévention et gestion de ce risque, afin de réduire les conséquences d’événements futurs de ce type, ce séisme ayant heureusement causé des dommages très limités.

Pour le BRGM, l’étude approfondie de ce séisme revêtait un intérêt tout particulier, du fait notamment du contexte local :

  • il s’agit d’une zone montagneuse propice à l’apparition d’effets locaux tels que les mouvements de terrain ;
  • un exercice de crise sismique "RICHTER" avait été conduit quelques mois plus tôt sur le territoire des Alpes-de-Haute-Provence par le ministère de l’Intérieur et la préfecture avec le soutien actif du BRGM.

Localisation des épicentres des séismes du 7 avril 2014 et du 27 février 2012 dans le contexte géologique local (carte issue de la note de synthèse du BRGM du 8 avril 2014). © BRGM

Localisation des épicentres des séismes du 7 avril 2014 et du 27 février 2012 dans le contexte géologique local (carte issue de la note de synthèse du BRGM du 8 avril 2014). © BRGM

Contexte 

Le 7 avril 2014, un séisme de magnitude 5,2 a frappé l’Ubaye, le plus puissant enregistré en métropole depuis une dizaine d’années. Avec l’appui du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Energie (MEDDE) et en partenariat avec la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) PACA, le BRGM a conduit une mission de retour d’expérience sur ce séisme, ses conséquences, le comportement des populations, la communication, l’information et la gestion de la crise. 

Ce travail a conclu à une douzaine de recommandations visant à une meilleure prévention et gestion de ce risque, afin de réduire les conséquences  d’événements futurs de ce type, ce séisme n’ayant heureusement causé que des dommages très limités.

Pour le BRGM, l’étude approfondie de ce séisme revêtait un intérêt tout particulier du fait notamment du contexte local :

  • il s’agit d’une zone montagneuse propice à l’apparition d’effets locaux tels que les mouvements de terrain ;
  • un exercice de crise sismique "RICHTER" avait était conduit quelques mois plus tôt sur le territoire des Alpes-de-Haute-Provence par le ministère de l’Intérieur et la préfecture avec le soutien actif du BRGM.

Objectif

Les objectifs principaux de ce retour d’expérience visaient à :

  • améliorer la connaissance des phénomènes en jeu ;
  • mieux appréhender les facteurs de vulnérabilité du territoire en vue d'en augmenter in fine la résilience ;
  • garder la mémoire de ce séisme.

Le contenu thématique du retour d’expérience mené par le BRGM et la DREAL PACA couvrait les champs suivants :

  • comportement des populations ;
  • information des populations et communication sur l’événement ;
  • observations de traces du séisme sur le terrain, notamment des mouvements de terrain associés ;
  • bilan des dommages et des dysfonctionnements éventuels ;
  • conséquences économiques ;
  • gestion de crise (à la lumière notamment des enseignements de l’exercice de crise sismique RICHTER-04 conduit à l’automne 2013 sur le territoire concerné).

Programme des travaux

Dans le cadre des travaux de retour d’expérience conduits avec la DREAL PACA, le travail du BRGM a notamment consisté à :

  • procéder à des reconnaissances sur le terrain pour l’étude de mouvements de terrain induits ;
  • conjointement avec la DREAL, concevoir et diffuser des questionnaires dédiés aux services techniques (des collectivités notamment) et à la population, puis de procéder à leur analyse ;
  • réaliser une enquête sur le terrain auprès de la population résidente en zone épicentrale ;
  • collecter et analyser la documentation d’information préventive ;
  • analyser la réponse des réseaux sociaux dans les instants et les heures qui ont suivi l’occurrence du séisme ;
  • étudier les données satellitaires pour tenter de mieux caractériser le séisme.

Résultats obtenus

Outre la mise en évidence d’effets de site sur certaines zones, ainsi que d’effets induits invitant à poursuivre les efforts de caractérisation de l’aléa sismique local, ces travaux ont permis de tirer de précieux enseignements.

Ainsi est-il, par exemple, clairement apparu une large méconnaissance de la part de la population tant des consignes et de la conduite à tenir face à ce type d’événements que des documents d’information préventive. Bien qu’elle ait été rapide et efficace, la communication de crise aurait sans doute gagné à s’appuyer d’avantage sur les réseaux sociaux, dont l’analyse a par ailleurs montré de manière très claire le fort potentiel en matière de remontée d’information, tant sur l’occurrence du séisme que sur les effets induits.

Évolution du nombre de tweets traitant du séisme échangés les 7 et 8 avril 2014. © VIsibrain

Évolution du nombre de tweets traitant du séisme échangés les 7 et 8 avril 2014. © VIsibrain

Les échanges réalisés avec les acteurs locaux de la gestion de crise (préfecture, services de secours, communes, etc.) ont, quant à eux, permis de souligner l’apport que constituent les exercices de crise sismique de type RICHTER dans le renforcement des coopérations et les synergies entre services en charge de sa gestion. De même, il s’est avéré très utile et pertinent d’appréhender les conséquences humaines potentielles, non seulement sur la base des dégâts constatés sur le terrain, mais également à partir de l’interprétation des données pouvant être communiquées par les scientifiques, telles que celles produites en temps de crise par le BRGM.

L’ensemble des enseignements tirés de ce retour d’expérience a été compilé dans un rapport et a conduit à la formulation d’une quinzaine de recommandations visant à mieux appréhender la gestion de ce type d’événement. Ils ont par ailleurs fait l’objet d’une restitution nationale en décembre 2014, et ont donné lieu à la production d’un poster dédié pour l’exposition "Que nous enseignent les séismes passés ?" de l’Association Française du Génie Parasismique (AFPS).

Partenaires

Ministère en charge du développement durable (DREAL PACA), Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence et sous-préfecture de Barcelonnette et Société VisiBrain.

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34