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Erosion du littoral sur les plages de Rémire-Montjoly (Guyane, 2010). © BRGM - Ariane Blum

Évolution du trait de côte guyanais et suivi des plages de Cayenne

13.07.2015
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Gestion Intégrée du Trait de Côte élaborée par le MEDDE, la DEAL Guyane et le BRGM se sont associés pour mener deux projets visant à appréhender la dynamique du littoral à différentes échelles spatiales et temporelles.

Le premier projet concerne l’évolution régionale du trait de côte à un pas de temps pluri décennal. Le second s’attache à la mise en œuvre d’un suivi bimensuel, de 2011 à 2014, des plages de la presqu’île de Cayenne, qui subissent depuis quelques années une érosion importante.

Ces travaux respectivement réalisés d’une part à partir des images satellites et aériennes, et d’autre part de levés topographiques sur le terrain, mettent en évidence la grande variabilité du littoral guyanais, en lien avec la migration des bancs de vase d’origine amazonienne, ainsi que l’impact des tempêtes nord-atlantiques dans les situations dites "inter-bancs".

 Érosion dans l'anse de Rémire en janvier 2013 © BRGM

Érosion dans l'anse de Rémire en janvier 2013. © BRGM

Contexte

Les côtes de Guyane font partie des côtes les plus instables au monde. Elles sont soumises à des phénomènes d’érosion-sédimentation très importants, sous l’influence de la décharge sédimentaire de l’Amazone, qui se traduit, à la côte, par le passage successif de vastes bancs de vase migrant vers le Nord-Ouest. La côte de Guyane, selon cette dynamique, est donc en constante évolution, qui contraint fortement l’aménagement de la bande littorale. La presqu’île de Cayenne, qui se trouve en situation inter-bancs, ne bénéficient plus de la protection apportée par les fonds vaseux et présente en conséquence une vulnérabilité importante vis-à-vis des tempêtes marines.

Objectif

Face à ce contexte et dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Gestion Intégrée du Trait de Côte élaborée par le MEDDE, la DEAL Guyane et le BRGM se sont associés pour la réalisation de deux projets visant à appréhender la dynamique du littoral à différentes échelles spatiales et temporelles. Le premier concerne l’évolution régionale du trait de côte à l’échelle  pluridécennale. Le second s’attache au suivi de 2011 à 2014 des plages de la presqu’île de Cayenne.

Programme des travaux

L’évolution du trait de côte a été estimée à l’échelle pluridécennale (1950 à 2013) sur l’ensemble du littoral guyanais à partir des images satellites Landsat et des photographies aériennes de l’IGN. Le trait de côte a été défini comme la limite de front de mangrove et la limite de végétation pionnière sur les cordons sableux. Pour sa part, le suivi des plages de Cayenne et de Rémire-Montjoly a été réalisé de 2011 à 2014 sur la base de levés topographiques. Ces profils de plages ont été effectués de manière bimensuelle au moyen d’un tachéomètre laser puis d’un GPS centimétrique.

Calcul semi-automatique de l’évolution du trait de côte le long de transects

Calcul semi-automatique de l’évolution du trait de côte le long de transects.

Résultats obtenus

Ces résultats rappellent la grande variabilité de l’évolution de ce trait de côte dans le temps et dans l’espace, avec des amplitudes de variation parmi les plus importantes au monde. A titre d’exemple, les amplitudes maximales de variation du trait de côte dans les secteurs de Sinnamary et Iracoubo atteignent 6 km sur l’ensemble de la période étudiée et des variations annuelles moyennes de l’ordre de 100 à 200 mètres ont été observées. Dans certains secteurs comme entre Macouria et Sinnamary, l’alternance de phases d’érosion et de sédimentation est directement corrélée avec le passage des bancs de vases.

Au niveau de la presqu’île de Cayenne, bien que les  trois anses (Montabo, Monjoly et Rémire) présentent un comportement morphodynamique différent, elles affichent toutes une situation en érosion (jusqu’à -120m3 de perte cumulée sur un profil – de 100m de long et 1m de large - à l’Ouest de Montabo pendant l’hiver 2012-2013). Si la tempête de janvier 2013 a été le forçage majeur sur la période de mesure avec un déplacement vers l’Est du sable, il est toutefois prévisible de voir le sable revenir naturellement vers l’Ouest sous l’effet du phénomène de rotation de plage, typique des plages de poche. A moins que l’arrivée à l’Est du banc de vase, via le contournement de l’embouchure du Mahury, ne vienne interférer dans ces processus. Par ailleurs, les échanges de sable avec la partie immergée de la plage restent à éclairer.

Ces travaux ont permis de mettre en évidence l’importance d’un suivi pérenne et régulier du littoral guyanais afin de caractériser les évolutions considérables qu’il subit et de mieux gérer les impacts associés. Ils sont aujourd’hui poursuivis, en partenariat avec la DEAL, dans le cadre de l’Observatoire de la dynamique côtière de Guyane, qui s’attache au suivi topo-bathymétrique des plages de Cayenne, Kourou et Awala-Yalimapo . Le Conseil régional contribue également à la démarche par un suivi du trait de côte par télédétection spatiale sur l’ensemble du littoral régional.

Déplacement massif de sable sur cette partie de la plage suite à la tempête de 2013

Déplacement massif de sable sur cette partie de la plage suite à la tempête de 2013.

Partenaire

DEAL Guyane

RAPPORT PUBLIC

  • BRGM/RP-64243-FR - Suivi des plages de la presqu'île de Cayenne de 2011 à 2014. Rapport final - Télécharger le rapport
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