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Reconnaissance et mesures du fond géochimique d'une source captée sur un versant glissant de la Montagne Pelée (La Montagne Pelée, Martinique, 2012). © BRGM - Mathilde Senergues

Évaluation de l’aléa érosion des berges de la Lézarde sur la commune du Lamentin

09.10.2014
Les berges de la rivière Lézarde, principale rivière de la Martinique, sont soumises à des phénomènes d'érosion, qui prennent la forme d’éboulements ou de glissements de terrain, menaçant notamment des habitations dans la commune du Lamentin.

Pour préciser l’aléa érosion de berges, des reconnaissances de terrain ont été menées le long des 8 km du cours d’eau étudié, afin de déterminer précisément la nature lithologique des berges et de leur encaissant, et de caractériser le type d’instabilités rencontrées. Par ailleurs, une analyse de l’évolution morphologique historique des berges et du lit mineur de la rivière a été faite par comparaison de photos aériennes.

Cette analyse a permis de comprendre le dynamisme hydro-morphologique global de la rivière et d’identifier, par tronçon, les principales causes responsables de l’érosion des berges, afin de guider la mairie et les bureaux d’études dans le choix des mesures de protection. La carte d’aléa produite, tenant compte surtout de la lithologie et des vitesses de recul observées ces 60 dernières années, constitue un outil opérationnel pour prendre des mesures de prévention et de réduction des risques.

Contexte de réalisation

La Lézarde, principale rivière de la Martinique, s’écoule depuis les contreforts des Pitons du Carbet jusqu’à son embouchure dans la baie de Fort-de-France. La majeure partie de son tracé concerne la commune du Lamentin. A cet endroit, les berges de la rivière sont soumises à des phénomènes d'érosion qui prennent la forme d’éboulements ou de glissements de terrain, et qui menacent des habitations, des parcelles agricoles et des infrastructures. Pour prendre en compte cette problématique, la Ville du Lamentin a demandé au BRGM de préciser l’aléa érosion de berges sur le territoire communal.

Exemple de berges alluvionnaires

Exemple de berges alluvionnaires. © BRGM - A. Nachbaur

Objectifs

L’objectif est de préciser l’aléa érosion des berges de la rivière Lézarde, de manière à pouvoir protéger les enjeux existants et à limiter les risques pour les enjeux futurs.

Programme de travaux

Pour préciser l’aléa érosion de berges, plusieurs types d’acquisition de données ont été nécessaires. Des reconnaissances de terrain ont été menées le long des 8 km du cours d’eau étudié, afin de déterminer précisément la nature lithologique des berges et de leur encaissant et de caractériser les types d’instabilités rencontrées. Par ailleurs, une analyse de l’évolution morphologique des berges et du lit mineur de la rivière a été faite par comparaison des photos aériennes de 1951, 2004 et de 2010. A partir de ces données, l’objectif de l’étude a ensuite consisté à identifier les facteurs explicatifs des reculs.

Résultats obtenus 

La carte d’aléa au 1/10 000 ème produite intègre plusieurs critères, dont la nature lithologique des berges et les vitesses de recul observées ces 60 dernières années. Elle constitue désormais, pour la mairie, un outil opérationnel pour prendre des mesures de prévention et de réduction des risques.

Berges de conglomérat reposant sur des hyalocastites

Berges de conglomérat reposant sur des hyalocastites. © BRGM

Il a été mis en évidence que la rectification du lit réalisée dans les années 1930, associée à d’autres évolutions de l’usage et de l’occupation du sol sur le bassin versant, a modifié les conditions hydrauliques appliquées aux berges, à l’échelle de l’hydrosystème. Ensuite, il a été montré que le mode d’adaptation à ces forçages externes dépendait surtout de la nature lithologique des berges. Ainsi, les plus mobiles sont les berges alluvionnaires (mobilité moyenne de 30 m sur 60 ans), qui divaguent latéralement, tandis que les berges constituées de laves ou de hyaloclastites sont les moins mobiles. La rivière s’incise dans son propre lit dans les secteurs où elle s’écoule sur des conglomérats altérés.

Cette analyse de la rivière a permis de comprendre son dynamisme hydro-morphologique global et d’identifier, par tronçons, les principales causes responsables de l’érosion des berges. Ceci permet donc de guider les bureaux d’études dans le choix des mesures de protection efficaces, cohérentes avec le dynamisme hydro-morphologique. Ainsi, sur le secteur compris entre le pont de Soudon et le pont de la RN1, compte tenu de la forte dynamique fluviale, il n’existe pas d’aménagements qui puissent s’avérer économiquement pertinents pour freiner l’érosion des berges. Ailleurs, au contraire, des mesures de réduction de l’érosion et du recul des berges sont envisageables (gestion des eaux de surface, entretien du cours d’eau, etc.).

PARTENAIRE

  • Mairie du Lamentin

RAPPORT PUBLIC

  • BRGM/RP-61872-FR - Evaluation de l'aléa érosion des berges de la Lézarde sur la commune du Lamentin (Martinique). Rapport final - Télécharger le rapport
BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34