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Sonde BRGM dans le fleuve Kourou (Guyane, 2012). © BRGM - Anita Slansky

Déforestation agricole et minière en Guyane : impacts sur les concentrations en mercure dans les eaux

07.11.2019
Cette étude renforce les connaissances sur les quantités de mercure et méthylmercure (MMHg) présentes dans les eaux et les matières en suspension dans différents contextes de perturbation des sols guyanais.

Zone minière après régalage du sol (Guyane). © BRGM - Nicolas Brisset

Le besoin

Les sources potentielles de mercure en relation directe avec les sols et sédiments sont à la fois naturelles (litière, sédiments et colloïdes) et anthropiques (mercure d’origine anthropique historique et actuel et remise à disposition du mercure naturel). Toute perturbation des sols guyanais entraine un relargage du mercure des sols vers les eaux. Suivant les contextes agricoles ou miniers, le mercure peut être transféré d’un milieu à un autre mais aussi transformé, c’est-à-dire qu’il peut être oxydé (Hg0 à Hg2+), réduit (Hg2+ à Hg0) ou méthylé/déméthylé avec formation de monomethylmercure (MMHg), neurotoxique bioaccumulable dans la chaine trophique. Il est donc important d’identifier les perturbations ayant un impact sur le relargage du mercure mais aussi d’identifier les zones et les actions susceptibles de produire du MMHg.

Les résultats

En contexte agricole, les valeurs de turbidité (teneur d’un fluide en matières qui le trouble) n’augmentent pas après l’abattage des arbres. Il faut attendre l’étape du brûlage, pendant la petite saison des pluies, pour que la turbidité augmente. De nombreux travaux ont montré l’impact de la modification des sols forestiers en sols agricoles par la technique du slash-and-burn ; cette technique cause en effet des modifications par l’érosion des sols et l’entrainement des particules fines vers les rivières. Au moment du brûlage, les concentrations en mercure réactif (HgII) augmentent fortement (de < 2 ng/L à > 8 ng/L. Pour rappel, la limite de qualité pour l’eau potable est fixée à 1 microgramme par litre). De plus, on observe une augmentation du MMHg dissous de même que le pourcentage de MMHg par rapport au Hg total (HgT), surtout à l’aval et avec un décalage dans le temps qui semble persister. Ceci est tout à fait cohérent avec le fait qu’au moment du brûlage, du mercure soit libéré puis au cours du temps que ce mercure soit méthylé. Il est difficile de prédire une éventuelle pérennité de cette méthylation augmentée.

En contexte minier, les concentrations en Hg2+ dans les matières en suspension (MES) sont inférieures à 0,3 mg/kg (qui peut être comparé au seuil national de 0,1 mg/kg de matière sèche permettant, en termes de qualité chimique, la valorisation des terres excavées dans un projet d’aménagement en métropole) et les conditions ne sont pas favorables à la méthylation (pas d’horizon A riche en matières organiques). En revanche, on constate une augmentation de la turbidité à chaque événement pluvieux ou/et à chaque activité sur le site (régalage et orpaillage). L’impact certain du régalage sur l’érosion et la charge en MES ponctuellement dans le cours d’eau appelle à encourager ce régalage le plus rapidement possible après l’arrêt de l’exploitation afin de ne pas perturber trop longtemps un écosystème.

L’utilisation

Au vu de ces résultats, il semble important d’ajouter le HgT mais aussi le MMHg sur la liste des substances à suivre spécifiquement en Guyane dans le cadre de la DCE. Cela permettrait déterminer la « ligne de base de ces teneurs en Hg » et ainsi pouvoir facilement repérer une anomalie.

Zone de brûlis à Montsinéry (Guyane). © Laura Bechelen

Les partenaires

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RAPPORTS PUBLICS

Caractérisation de l’impact de la pression d'orpaillage sur les masses d’eau de surface de Guyane

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