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Un géochimiste prélevant des boues en lagune, pour analyse des pollutions (France, 2007). © BRGM

Caractérisation du risque de pollution industrielle des captages d’alimentation en eau potable en région Aquitaine

13.10.2017
Le BRGM a mené une étude nationale, en 2008 et 2009, permettant d’identifier les sites BASIAS ayant potentiellement une incidence sur les captages d’alimentation en eau potable (AEP). La relation existante entre les sites BASIAS et les captages AEP est définie grâce à la notion de distance, autour d’un captage AEP ou d’un site BASIAS. Cet outil de consultation est mis à disposition sur le site ADES , la méthodologie est exposée dans le rapport « Croisement BASIAS - captages AEP, Création d’une interface internet de consultation » paru en 2010.

Page d'accueil de l'application Access développée pour l'interrogation de la base de données. © BRGM

Page d'accueil de l'application Access développée pour l'interrogation de la base de données. © BRGM

Contexte

En 2009, dans le cadre du second Plan Régional Santé Environnement, l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Aquitaine a sollicité le BRGM pour approfondir cette étude en prenant en compte les aspects hydrogéologique et géochimique. Avec le soutien de l’Agence de l’eau Adour-Garonne et de la DREAL Aquitaine, une première phase a permis de caractériser la vulnérabilité des captages AEP (hors superficiels), suivis dans le cadre du contrôle sanitaire, en fonction des sites industriels. La vulnérabilité est définie à partir des bases de données BASIAS, BASOL[1], des installations classées et sites pollués (ICSP) en région Aquitaine (16 526 sites industriels géoréférencés) et de la nature de la géologie du sous-sol au droit des captages AEP et assimilés (1 646 ouvrages). On distingue :

  • une vulnérabilité intrinsèque du captage en fonction de son environnement hydrogéologique ;
  • une exposition aux sites industriels (présence d’un site industriel dans son périmètre de vulnérabilité, i.e. bassin versant ayant pour exutoire l’AEP), déterminée pour les captages AEP vulnérables intrinsèquement.

Pour les captages considérés comme exposés aux sites BASIAS, la phase suivante du projet doit permettre de définir le risque avéré en fonction des types de polluants (émis ou générés) utilisés sur les sites industriels.

Objectifs

La phase 2 vise donc à traduire la vulnérabilité (l’exposition) des captages AEP en un risque fonction de la nature des polluants potentiellement émis par les sites industriels. L’objectif ultime est de rationaliser les suivis chimiques sur les captages AEP soumis à pression industrielle en les orientant vers les substances toxiques qui présentent un risque de transfert des lieux d’émission vers les eaux souterraines destinées à être distribuées aux populations.

Il s’agit donc de hiérarchiser le risque des ouvrages AEP à être pollués par des polluants, plus ou moins toxiques, potentiellement émis par les sites industriels en fonction :

  • des caractéristiques intrinsèques des molécules qui guident leur devenir dans le milieu souterrain et leur transfert potentiel vers les aquifères (solubilité, volatilité, adsorption, demi-vie,...),
  • des caractéristiques structurelles du couple captage AEP – site BASIAS (distance, âge du site, durée du rejet, nature du sol, localisation hydraulique du rejet par rapport au captage …).

et selon l’état des connaissances :

  • de l’occurrence connue des substances dans les eaux souterraines,
  • de la toxicité des molécules et de leurs métabolites éventuellement connus dans les eaux souterraines,
  • et enfin (dans la mesure du possible) des volumes/flux émis et de la capacité d’épuration des polluants s’ils transitent par une station de traitement.

Programme des travaux

Une validation des résultats de la phase 1 a été réalisée en croisant les résultats obtenus avec les mesures géochimiques bancarisées dans ADES.

La méthodologie s’est appuyée sur la matrice « Activités-Polluants » réalisée en 2014 par le BRGM, qui permet de mettre en relation les activités industrielles avec les molécules potentiellement émises. Un important travail de « scoring » a été réalisé sur près de 400 molécules listées dans la matrice, permettant de définir pour chacune d’entre elles un indicateur de mobilité et de toxicité.

Ces indicateurs sont utilisés dans une analyse multicritères qui permet de définir une notion de risque de contamination potentielle par les sites industriels voisins pour chaque captage AEP.

L’analyse multicritères prend également en compte la distance entre le captage et chaque site industriel, pour l’ensemble des molécules potentiellement émises selon les activités des sites industriels présents dans les enveloppes de vulnérabilité des captages.

Résultats obtenus

Une base de données, interrogeable à l’aide d’une application sous Access, permet d’accéder aux résultats de l’analyse multicritères. En une troisième phase l’étude sera étendue à la Nouvelle Aquitaine et la base sera pérennisée par le développement d’un outil web autorisant son accès (restreint à des utilisateurs spécifiques) depuis le SIGES Aquitaine.

PARTENAIRES

Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle Aquitaine

DREAL Nouvelle Aquitaine

Agence de l’eau Adour-Garonne



[1] BASOL : Base des sites et sols pollués.

 

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