Le projet SURFER, fruit d’un travail de 4 années de recherche, a réuni le BRGM, le CNRS et l’ADEME pour évaluer les besoins en matières premières, énergie, eau et sols pour mener la transition énergétique en France sur la période 2015-2050.
6 septembre 2021
 Tas de sel dans le salar d'Uyuni, désert de sel et plus grand gisement mondial de lithium

Tas de sel dans le salar d'Uyuni, désert de sel et plus grand gisement mondial de lithium (Bolivie, 2012). 

© Vladimir Melnik – Fotolia 

Coordonné par le BRGM en partenariat avec CNRS-ISTerre et cofinancé par l’ADEME, le projet SURFER fournit des éléments de réponse sur la faisabilité de la transition énergétique française au regard des besoins en matières minérales, énergie, eau et sols qui en découlent.

Les objectifs de ce projet d’une durée de 4 ans étaient les suivants :

  • fiabiliser les données des besoins en matière en recherchant les données les plus pertinentes,
  • alerter sur le manque de représentativité le cas échéant,
  • sélectionner certaines sous-technologies en fonction de la disponibilité des données,
  • évaluer les besoins en énergie, eau et sol,
  • évaluer les risques d’approvisionnement.
Cathodes de cuivre de la mine de Las Cruces

Cathodes de cuivre de la mine de Las Cruces (Espagne).

© BRGM - Guillaume Bertrand

Quels besoins en matériaux et métaux pour la transition énergétique ?

La transition énergétique des pays européens est une ambitieuse mutation du mix énergétique pour réduire les émissions carbonées, qui amène à une plus grande part d’énergies renouvelables, l’électrification des moyens de transport et également la réduction de certains postes de consommation notamment les bâtiments.

Cette transition ne sera pas neutre en demande de matériaux structurels (acier, béton, cuivre, aluminium) mais également en métaux rares (cobalt et lithium pour les batteries, certaines terres rares pour les générateurs de certains types d’éoliennes…), d’où la question initiale du projet et que plusieurs pays se posent également : la transition énergétique va-t-elle remplacer une dépendance aux énergies fossiles et fissiles par une dépendance aux métaux ?

Un inventaire des besoins en matières minérales, énergie, eau et sols des technologies de la transition énergétique

Le principal résultat de ce projet est la publication, en mai 2021, d’un rapport sur la caractérisation des « intensités matières » des principales technologies du système énergétique (systèmes de production d’électricité et chaleur, véhicule électrique, réseaux électriques et de chaleur).

Les intensités matières correspondent à la quantité de matière minérale (pour une dizaine de substances) ainsi qu’à l’eau, l’énergie et les sols mobilisés pour une performance énergétique donnée.

Ce rapport est le fruit d’un travail conséquent de recherche bibliographique (plus de 200 références analysées). Il s’est attaché à fiabiliser les données, alerter sur le manque de représentativité le cas échéant et distinguer les sous-technologies.

Par la suite, ces intensités matières pourraient permettre d’estimer les flux et stocks de matières mobilisés selon différents scénarios énergétiques et d’étudier les risques d’approvisionnement associés.