Dans un contexte marqué par l’accélération des transitions énergétique et numérique, la question de l’origine et de la traçabilité des matières premières critiques, utilisées notamment dans les batteries ou les technologies renouvelables devient stratégique. Le projet européen MaDiTraCe, coordonné par le BRGM, traitait de cet enjeu central pour l’Europe. Après trois années de travaux, il s'est terminé en juin 2026.
1 juillet 2026
Manipulations de laboratoire avec le Neptune du BRGM, spectromètre de masse à source plasma (Orléans, 2023).

Manipulations de laboratoire avec le Neptune du BRGM, spectromètre de masse à source plasma (Orléans, 2023).

© BRGM - S. Perret

Enjeux et besoins

Les matières premières critiques sont très importantes pour la transition écologique et numérique. L'Europe dépend fortement des importations en provenance de pays tiers, mais cherche à mettre en place des chaînes d'approvisionnement à la fois résilientes et durables. C’est en partie l’objet du Critical Raw Materials Act, réglementation de l'Union européenne pour sécuriser ses approvisionnements en métaux.

La diligence raisonnable en matière d'approvisionnement, d'extraction et de traitement durables des minéraux est dictée par des facteurs sociétaux et réglementaires qui exercent une pression croissante sur le contrôle de la chaîne d'approvisionnement de l'industrie. En conséquence, l'industrie a besoin de systèmes de certification normalisés qui garantissent une vision transparente de leurs chaînes d'approvisionnement (respect des exigences du Critical Raw Materials Act et du futur passeport batterie par exemple).

MaDiTraCe est un projet de recherche et d'innovation financé par le programme Horizon Europe de 2023 à 2026. Il avait pour objectif de développer des approches numériques et géochimiques pour les normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) pour les matières premières critiques et de les intégrer à un système de certification générique. L'objectif était de garantir des chaînes d'approvisionnement en métaux durables et transparentes basées sur des normes ESG généralement acceptées.

Le projet s'est concentré sur les matériaux essentiels à la transition énergétique : le lithium, le cobalt et le graphite naturel pour les batteries, ainsi que les terres rares nécessaires pour les aimants permanents.

Résultats

Avec MaDiTraCe, le BRGM et ses partenaires ont exploré des solutions innovantes combinant outils numériques, cadres de gouvernance, technologies de passeport numérique des produits (DPP) et méthodes d’identification des matériaux.

Le projet se structurait autour de plusieurs grandes tâches :

  • Développer des outils et une base de données pour la traçabilité géologique et géochimique de l’origine des métaux (lithium, cobalt, graphite naturel et terres rares).
  • Traçabilité numérique des informations le long de la chaine d’approvisionnement à partir des systèmes comme la blockchain.
  • Comparaison entre différents systèmes de certification environnementales, sociales et de gouvernance pour les matières premières.
  • Intégration des informations sur la diligence raisonnable des métaux dans un passeport digital du produit et notamment le futur passeport batterie.

Les travaux ont notamment mis en avant la nécessité de systèmes interopérables et de standards communs pour assurer un partage fiable des données à l’échelle internationale. Ils ont également souligné l’importance d’adapter les dispositifs de traçabilité aux niveaux de risque variables selon les chaînes d’approvisionnement.

La traçabilité des matières premières s’inscrit désormais dans les priorités internationales. Certains pays miniers, comme l’Australie ou le Canada, envisagent le déploiement de systèmes de « preuve d’origine ». Dans ce contexte, les résultats de MaDiTraCe apportent des pistes concrètes pour l’Europe et au-delà.

Un constat partagé s’est imposé : la traçabilité ne constitue pas une fin en soi, mais un levier essentiel pour mieux gérer les risques, renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et favoriser un approvisionnement responsable.

Les travaux du projet se poursuivent avec la publication progressive de résultats, recommandations et outils sur des plateformes ouvertes. Un module de formation e-learning développé par le BRGM a également été présenté.

À travers MaDiTraCe, le BRGM contribue à structurer une vision partagée de la traçabilité, fondée sur la coopération, la confiance et un engagement en faveur d’un approvisionnement durable des matières premières.

MaDiTraCe : le BRGM clôture un projet européen clé sur la traçabilité des matières premières

Après trois années de travaux, le projet européen MaDiTraCe, coordonné par le BRGM, a tenu son événement final les 10 et 11 juin 2026 à Espoo (Finlande). Cette rencontre a rassemblé partenaires, industriels, décideurs publics et experts internationaux autour d’un enjeu central pour l’Europe : renforcer la transparence et la confiance dans les chaînes de valeur des matières premières.

© MaDiTraCe

Rôle du BRGM

Le BRGM était le coordinateur du projet MaDiTraCe et leader de la tâche autour de la traçabilité géochimique des matériaux. Il disposait déjà d’une expérience dans le domaine à partir notamment des travaux publiés récemment sur le cas du lithium ainsi comme les études sur la traçabilité de l’or.

Partenaires

  • BRGM
  • GTK
  • DMT
  • Université de Leiden
  • Université de Gent
  • CEA
  • Spherity
  • AHK
  • Fundacion Icamcyl
  • IMSC
  • EIT Raw Materials
  • Montanuniversität Leoben
  • Metso Outotec
  • Funditec