LESELAM : lutte contre l'érosion des sols et l'envasement du lagon à Mayotte

Le projet LESELAM, financé par l’Union européenne dans le cadre du FEADER, s’inscrit dans le cadre de la Feuille de Route Erosion à Mayotte. Il vise d’une part à comprendre les phénomènes qui conduisent à l’érosion des sols et d’autre part à sensibiliser les populations, élus, associations à adopter des techniques limitant au maximum les pertes de sols, tant en milieu urbain qu’en zone agricole.
30 mars 2021

Lutte contre l’érosion des sols à Mayotte

Le projet LESELAM vise à lutter contre l'érosion des sols à Mayotte, pour une adéquation durable entre le développement de l’agriculture et de l’habitat rural d’une part, et la qualité du milieu lagonaire, d’autre part. 

© Naturalistes de Mayotte 

Contexte et enjeux

L'érosion des sols à Mayotte résulte de l'impact des fortes pluies tropicales sur des sols peu ou pas protégés :

  • en milieu urbain, les chantiers de construction, les talus de route et piste non végétalisés, les jardins avec des sols nus,
  • en zone agricole, les parcelles cultivées sur pentes moyennes à fortes, souvent en monoculture, sans couverture végétale ou paillage au sol,
  • en zone naturelle, les parcelles forestières coupées ou brûlées pour une mise en culture, et les badlands (padzas), etc.

La forte pression anthropique tend à accélérer le phénomène d'érosion : extension plus ou moins contrôlée de l'urbanisation, déforestation, transformation de l’agriculture d’un mode extensif (le jardin mahorais) vers une monoculture laissant les sols sans protection, etc. Cette érosion très active en saison des pluies constitue une menace forte sur le lagon de Mayotte, l’un des plus beaux lagons du monde.

Le projet LESELAM est né pour mieux comprendre, prévenir et remédier à ces problèmes d'érosion des sols à Mayotte.

Il vise tout d'abord à produire une connaissance permettant de répondre aux questions posées par les acteurs de terrain. Quelles sont les principales sources d’érosion et dans quelle mesure contribuent-elles à l’envasement du lagon ? Quelle est l’efficacité des différentes mesures de remédiation proposées ?

Résultats des deux premières phases du projet

Le projet LESELAM a fait l’objet de deux premières phase de travail :

  • LESELAM 1, de 2015 à 2017, avec comme partenaires le BRGM, le CIRAD, l’IRSTEA, les Naturalistes de Mayotte, et la CAPAM.
  • LESELAM 2, 2018 à 2020, porté par le BRGM et les Naturalistes de Mayotte, avec l’appui de sous-traitants (Université de Tours, Kermap, Capam, Agrikagna, ADINM).

Ces deux phases ont permis :

  • la mise en place d’un observatoire Erosion sur trois bassins versants comme base d’une évaluation de l’érosion sur l’ensemble de l’île,
  • la réalisation de Guides de bonnes pratiques,
  • un travail de sensibilisation des populations et des agriculteurs,
  • une analyse prospective à l’horizon 2035 ayant conduit à la mise en place d’une stratégie de lutte contre l’érosion.

LESELAM 3, de 2021 à 2023

Une troisième phase du projet est en cours, avec pour partenaires le BRGM, les Naturalistes de Mayotte, l’EPFAM et le CEA.

Outre la poursuite du suivi de l’observatoire LESELAM, l’objectif de LESELAM 3 est la valorisation des données et des connaissances acquises, en répondant à la problématique de l’usage de l’eau et des conflits qu’ils engendrent sur le bassin de Dzoumogné, au transfert de pratiques tant en milieu urbain (Doujani) qu’agricole (Mro Mohou), qu’aux besoins de communication au niveau général (média) ou éducatif (milieu scolaire).