Les muons, des particules cosmiques, vont permettre aux scientifiques du BRGM de mieux connaître le rempart du Maïdo à la Réunion. Cette paroi de 1000 mètres de hauteur se fissure et menace de s'effondrer.
13 janvier 2022

Télescope à muons : le rempart du Maïdo sous haute surveillance

À La Réunion, les muons, des particules cosmiques, vont permettre aux scientifiques de mieux connaître le rempart du Maïdo, une paroi verticale de 1000 mètres de hauteur qui se fissure. Mais à quel point ? C'est ce que le télescope va nous permettre de savoir. À la manière d'une radiographie, il va capter les différences de densité à l'intérieur du rempart et ainsi caractériser la forme, le volume et la profondeur des fissures.

© BRGM

Le "rempart" du Maïdo est une paroi de très grande hauteur (près de 1000 mètres) avec une pente variable entre 50 et 60 délimitant la bordure ouest du cirque de Mafate à La Réunion. Ce site est caractérisé par la présence de compartiments rocheux potentiellement instables : les "écailles de rempart". Ouvertes de plus d’un mètre au maximum et sur une hauteur connue qui peut atteindre plus de 10 mètres, ces fissures sont observées jusqu’à plus de 100 mètres du bord du rempart du Maïdo.

Évaluer le risque d'effondrements 

Les événements d’effondrement de rempart à La Réunion constituent une menace à la fois pour les enjeux situés à l’aval, et pour des enjeux situés en tête de rempart, avec un recul brutal possible sur plusieurs centaines de mètres.

En 2019, pour évaluer le risque d'effondrements de rempart potentiellement majeurs, le BRGM a installé trois stations sismiques sur le site du Maïdo.

Aujourd'hui, c'est par ce processus de captage de muons traversant le rempart que le BRGM surveille l'évolution des fissures. Le télescope est orienté pour viser les fissures qui se trouvent au sommet de la paroi. Le but est de déterminer le plus précisément possible le moment où les blocs vont s'effondrer et ainsi d'anticiper au mieux ce risque.

Partenaires

Ce projet est mené avec le soutien financier de l'Union européenne et de la région Réunion, et en partenariat avec ip2i (Institut de Physique des 2 Infinis), IRIS Instruments et Muodim.