Le BRGM et ses partenaires vous proposent une série de portraits sur les métiers de l’eau.
15 avril 2020

Découvrez une série de portraits vidéo représentatifs de la variété des métiers existant dans le domaine de l’eau. Sous forme d’entretiens, ces chercheurs, ingénieurs ou techniciens présentent leurs activités, sur le terrain, au bureau ou encore en laboratoire.

Delphine Allier, hydrogéologue du BRGM 

Portrait vidéo de Delphine Allier, hydrogéologue au BRGM. L'hydrogéologie vise à mieux comprendre une ressource essentielle à la vie : l'eau. 

© Centre Sciences 

Après un bac S et une prépa scientifique, j'ai fait ma formation dans une école d'ingénieurs, l'ENTPE, l'Ecole nationale des travaux publics de l'État. Je me suis spécialisée ensuite dans l'environnement. Je voulais travailler dans l'environnement pour interagir aussi avec mon environnement. Et par conviction. C'est le domaine de l'eau qui m'a le plus attirée. 

Dans un 1er temps, je m'occupe de la cartographie de cette ressource, sachant que c'est une ressource invisible, donc assez difficile à cartographier. Il s'agit de comprendre comment elle interagit avec l'Homme, S'il y a des relations entre les eaux souterraines et les eaux de surface. Comment, quand on extraie de l'eau pour l'agriculture ou pour l'eau potable, on va agir sur cette eau souterraine. Si elle sera en quantité suffisante pour satisfaire tous ces besoins. Et puis, la qualité de celle-ci. On veille à ce qu'il y ait une bonne qualité. On essaye de voir si elle est protégée des pollutions de surface. 

On connaît très peu les aquifères et les nappes en France et dans le monde. Il y a encore beaucoup de choses à découvrir. Les métiers de la recherche sont déjà valorisants. On est garants, en quelque sorte, d'une science. Et puis, on la transmet. On fait beaucoup de conférences, on participe à des formations. On a l'impression de contribuer à la gestion des ressources. C'est aussi valorisant parce que ça reste assez concret. 

Un des avantages de la recherche scientifique, c'est qu'on est libre. On peut organiser son temps en fonction de ses projets. Et puis, ça peut être très varié. On peut faire du travail de bureau avec beaucoup de cartographie ou de la modélisation avec des outils informatiques. On peut aussi participer à des projets internationaux, se déplacer, aller sur le terrain. Ou aussi travailler avec des personnes au laboratoire, des techniciens. Il y a cette diversité de choix qui s'offre à nous. 

On est aussi force de propositions dans le montage des projets. S'il y a quelque chose qui nous tient à cœur ou des partenariats qui marchent bien sur des projets, on peut décider de monter des projets avec des équipes avec qui on s'entend bien. Ça laisse une grande liberté dans le choix de ses projets et dans le déroulement de son travail au quotidien. 

Métiers de l’eau : hydrogéologue agréé et responsable en ressource en eau

Arnaud Le Gal, hydrogéologue agréé et responsable ressource en eau au Syndicat Eau du Morbihan, nous présente son métier au travers d’une interview organisée par le SIGES Bretagne.

Gestion et optimisation des ressources en eau, maîtrise d’ouvrage des installations, Arnaud nous explique son métier et les spécificités d’un hydrogéologue agréé par le ministère de la santé.

© BRGM

Le Syndicat de l'eau du Morbihan, où je travaille, est une structure organisatrice du service public d'eau potable sur les aspects production et transport. A la carte, on exerce aussi la compétence de distribution, jusqu'à l'abonné. Mes différentes missions, c'est la partie gestion de la ressource, que ce soit avec les différents ouvrages, production, eaux souterraines, eaux de surface, les interconnexions, mais aussi les relations avec les exploitants de nos usines et nos installations de production. Et on exerce également la maîtrise d'ouvrage des installations, de la partie conception jusqu'à leur exploitation. Tous les travaux, les études, etc, qui sont en rapport avec ces ouvrages. Alors, dans notre secteur, dans le Morbihan, comme dans beaucoup de secteurs dans le massif armoricain, on est alimenté essentiellement en eaux de surface, à 80% environ. Les prélèvements se font en fonction des débits disponibles et des volumes restant dans les retenues. Donc un gros volet de mon activité consiste à la gestion et l'optimisation des ressources en eau qui alimentent notre réseau d'interconnexions. De formation, je suis géologue, j'ai fait ma licence et maîtrise de Sciences de la terre à Rennes. Et j'ai fait un DESS à l'université d'Orsay sur "Pollution chimique et environnement". Les qualités requises sont de s'intéresser à d'autres activités et d'autres compétences que l'hydrogéologie et la géologie. Notamment les aspects milieu naturel, pollution, agriculture, etc. Et surtout les aspects juridiques, pour monter les dossiers de demandes d'autorisation. Être hydrogéologue agréé, on est agréé par le ministère de la Santé en matière d'hygiène publique. Donc on intervient sur demande des Agences régionales de santé sur certains dossiers spécifiques. Si j'étais une goutte d'eau, je ne serais pas dans une nappe, mais plutôt dans une rivière. On a de magnifiques cours d'eau. C'est sympa de se promener au bord des rivières.

Métiers de l’eau : technicien de rivière

Guillaume Deray, technicien de rivière au Syndicat mixte du bassin versant de la Seiche, nous présente son métier au travers d’une interview organisée par le SIGES Bretagne.

Technicien de rivière, un métier qui vise à restaurer les cours d’eau vulnérables pour leur rendre leurs qualités naturelles. Découvrez les qualités et les études nécessaires pour exercer ce métier.

© BRGM

Je travaille au Syndicat mixte du bassin versant de la Seiche, dont la mission est la reconquête de la qualité de l'eau et des milieux aquatiques. Le cœur de mon métier, c'est la mise en oeuvre d'un programme de travaux de restauration des cours d'eau et des zones humides. Pour cela, il faut mener une concertation avec les riverains. On leur propose une étude sur le tronçon qui fera l'objet de travaux et sur le bassin versant en amont pour connaître les pressions. Lorsque l'étude est validée avec le propriétaire, on lance un marché public pour sélectionner l'entreprise qui va réaliser les travaux. Puis le technicien de rivière conduit les travaux pendant l'été, jusqu'à la réception. On mène deux types d'études : sur le bassin versant, qui se trouve à l'amont, pour connaître l'occupation du sol et différentes pressions, et sur le tronçon en lui-même, pour définir les dimensions du cours d'eau à restaurer. Cours d'eau et zones humides ont été fortement modifiés pendant les remembrements agricoles des années 60 et 70. Des travaux réalisés sur des grands territoires, et ont un impact global sur la qualité de l'eau. Les capacités autoépuratoires du cours d'eau naturel ont été dégradées. On a aussi une érosion importante de la biodiversité, sur les berges et le fond du lit. Et on a un impact important sur le régime hydrologique du bassin versant, avec des pics de crues importantes sur les parties avales des bassins versants, et des augmentations des sécheresses en période estivale. L'eau qui s'écoule dans un cours d'eau au fil de l'année provient surtout des eaux souterraines, nous sommes à un rapport de 50 à 60 %, le reste venant des eaux de ruissellement. Il faut savoir que le sous-sol breton est principalement constitué de roches granitiques et schisteuses, aux réserves d'eaux souterraines très faibles, donc on a des rivières aux débits très faibles l'été. Et on a donc des milieux très vulnérables. Ce que j'aime dans mon métier, c'est la polyvalence des tâches à accomplir. Dans l'année, on ne fait jamais la même chose, même d'une année sur l'autre, Et le contact avec les riverains, la rencontre avec des personnes. La concertation avec les riverains peut être très longue. On peut avoir une concertation de 3 ans pour 3 semaines de travaux. J'ai réalisé un Master 2 Gestion des bassins versants et des hydrosystèmes à Tours. Mais un BTS Gestion des protections des milieux suffit pour rentrer dans un Syndicat de bassin versant et faire ce métier. Il faut avoir un bon relationnel avec les propriétaires, il faut aller au contact des gens, être très curieux, et prendre des initiatives pour avancer sur le programme d'actions. "Le plus grand échec est de ne pas avoir essayé."