Ingrid Girardeau et Manuel Parizot, respectivement directrice régionale et directeur régional par intérim du BRGM à la Réunion et à Mayotte, pilotent des missions d’appui aux politiques publiques et des projets de recherche autour notamment de l’eau, des risques naturels, de la géothermie et des ressources minérales. Leurs équipes ont apporté un soutien précieux aux autorités locales lors du passage des cyclones Chido et Garance l’hiver dernier.
Comment le BRGM est-il impliqué dans la prévention des risques liés aux cyclones ?
Ingrid Girardeau - À la Réunion, comme à Mayotte, le BRGM produit les cartographies d’aléa des risques naturels, notamment les mouvements de terrain et la submersion marine. Ces documents aident les pouvoirs publics à réglementer l’urbanisation dans les secteurs les plus exposés, à travers les plans de prévention des risques naturels.
Manuel Parizot - En effet, les cyclones, selon leur intensité, provoquent glissements de terrain, inondations, recul de berges ou encore submersion marine. Il est donc important de limiter l’exposition des biens et des personnes à ces aléas.
Des tempêtes aux impact colossaux
Après le passage du cyclone Garance sur l’île de la Réunion, les équipes du BRGM ont réalisé plus de 130 diagnostics de risques géologiques sur des habitations, comme ici dans la ravine du Butor.
© BRGM
Quel a été votre rôle pendant les crises cycloniques de fin 2024 et début 2025 ?
I. G. - Durant chaque saison cyclonique, soit de novembre à mai, nous sommes d’astreinte pour réaliser en urgence des diagnostics des risques géologiques, notamment sur les routes. Nous sommes également intégrés aux procédures de gestion de crise cyclonique de la préfecture, pour notre expertise sur les mouvements de terrain et les situations de péril qu’ils peuvent engendrer pour les habitations, aux côtés de la DEAL Réunion. C’est sur la base de nos comptes-rendus que les autorités prennent des arrêtés d’évacuation et d’interdiction d’accès. Après Garance, nous avons dû faire venir des collègues de métropole pour nous aider à effectuer tous ces diagnostics, tandis que d’autres se sont mobilisés pour valider nos livrables, qui engagent la responsabilité du BRGM et peuvent avoir des conséquences majeures pour la population.
M. P. - Mayotte, qui n’avait pas connu de cyclone aussi dévastateur depuis un siècle, n’a pas la même culture du risque vis-à-vis de ce type d’événements. Face aux conséquences immédiates, la priorité était d’abord de rétablir les services de base, d’autant qu’une autre tempête, Dikélédi, a frappé l’île le 10 janvier suivant… Nous sommes ainsi intervenus pour des expertises de terrain plus de deux mois après le passage de Chido ! Il faut souligner aussi que nos comptes-rendus contiennent des recommandations à plus long terme pour atténuer les risques liés aux cyclones, principalement en termes d’études à mener.
Intervenez-vous encore, une fois la crise passée ?
I. G. - Oui, à la demande des autorités locales. Nous participons notamment à des réunions publiques qui visent à expliquer aux habitants les risques encourus et la nécessité d’évacuer les habitations, comme celles construites illégalement en fond de ravine. Nous sommes également sollicités pour la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle sur les communes concernées. Nous pouvons aussi accompagner les visites officielles de représentants de l’État venus constater les dégâts sur place.
M. P. - De notre côté, nous avons été consultés pour l’élaboration de la loi pour la reconstruction de l’île. Et nous nous tenons à la disposition des autorités pour mettre en œuvre ce programme ambitieux, qui vise à faire de Mayotte une île durable et résiliente.
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