L’État, via l’ADEME Île-de-France, la Région Île-de-France et le BRGM, présentaient ce jour les résultats du programme Géoscan Île-de-France, visant à identifier les zones les plus favorables au développement de la géothermie profonde dans l’ouest et le sud du territoire francilien.
19 mai 2026

Alors que la France s’est fixée des objectifs ambitieux en matière de décarbonation, en Île-de-France, près de 45% de la consommation énergétique finale est liée à des besoins en chaleur. Or, la production de chaleur repose encore aujourd’hui fortement sur des énergies fossiles carbonées.

Dans ce contexte, la géothermie constitue un levier stratégique pour accélérer la transition énergétique et réduire notre dépendance aux énergies fossiles, en proposant une énergie renouvelable, locale et à coût maîtrisé.

Les résultats du programme Géoscan Île-de-France, en offrant une meilleure vision du sous-sol francilien, vont permettre dès cette année aux collectivités de développer des projets de géothermie profonde.

Géothermie profonde en Île-de-France : un potentiel à exploiter

Le territoire francilien concentre aujourd’hui le plus grand nombre d’installations de géothermie profonde en France et en Europe, avec 54 installations actives en 2025. Elle est en revanche moins développée dans l’ouest et le sud de l’Île-de-France, notamment en raison d’une connaissance encore incomplète du sous-sol dans ces secteurs.

Pour y remédier, le programme Géoscan Île-de-France a permis d’étudier le sous-sol au droit de près de 300 communes, sur près de 2000 km² du territoire.

Initié en novembre 2023 pour une durée deux ans, le projet a débuté par la préparation d’une campagne d’acquisition de données géophysiques d’une ampleur inédite avec 280 km de mesure sur l’ensemble des 6 départements de la région et sur près de 100 communes. Réalisée de nuit entre mars et avril 2024, cette opération, menée par le biais de camions vibreurs qui génèrent des ondes acoustiques qui se propagent dans le sous-sol – afin de l’imager à l’instar d’une échographie –, vise à en améliorer la connaissance afin de faciliter l’exploration géothermique.

À l’issue de ces acquisitions, le BRGM a procédé à l’analyse et l’interprétation des différentes données disponibles afin d’élaborer un modèle géologique 3D du sous-sol du territoire et un "modèle de réservoir" pour les couches géologiques concernées, l’Oxfordien et le Dogger. Ces travaux ont permis d’affiner la compréhension des propriétés du sous-sol et d’évaluer sa favorabilité au développement de la géothermie profonde.

Les premiers résultats du programme Géoscan (détaillés dans le dossier de presse) sont accessibles aux élus, décideurs et acteurs de la transition écologique qui le souhaitent via le site dédié. D’autres résultats seront mis en ligne d’ici l’été.

Après deux ans de travaux : quels résultats ?

L’étude Géoscan constitue une avancée majeure pour la connaissance du sous-sol de l’ouest et du sud francilien, dans l’objectif du développement de la géothermie profonde. Sur un territoire de près de 2 000 km² allant du sud du Val d’Oise au nord de l’Essonne et de l’est des Yvelines aux Hauts de Seine, elle répond à une question clé : où se trouvent les zones favorables au développement de la géothermie profonde ?

L'étude Géoscan Île-de-France apporte des informations inédites sur trois réservoirs géologiques essentiels (par ordre de profondeur croissante) :

Encore jamais exploité en géothermie en Île-de-France, il apparaît comme une ressource très prometteuse, sur une grande partie de la zone étudiée. Le récent forage d’Alfortville à l’ouest du Val-de-Marne a par ailleurs confirmé ce potentiel avec des débits testés très encourageants. Même si ses températures sont plus faibles que le Dogger, entre 40°C et 65°C, il pourrait devenir une nouvelle ressource majeure pour la géothermie régionale, notamment en combinaison avec des pompes à chaleur ou en extension de réseau de chaleur existant. Le BRGM souhaite poursuivre l’exploration de ce réservoir via des projets de recherche. Des mesures additionnelles telles que faites pour le forage récent d’Alfortville lors de la foration de projet au Dogger permettront d’apporter de nouvelles informations essentielles pour la caractérisation de cette ressource.

Aujourd’hui exploité par 54 installations avec près de 1,97 TWh produit en 2025, son potentiel restait incertain dans l’ouest et le sud francilien (les centrales existantes sont en effet concentrées dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis). Bien que moins performant qu’à l’est de Paris, ce réservoir présente un potentiel géothermique dans la zone. L’étude a permis de mieux localiser la présence des formations géologiques caractérisées par des facies marneux imperméables, moins favorables à la géothermie et les formations calcaires poreuses à cibler pour le développement de nouveaux projets. La température de cette ressource varie de 50°C jusqu’à près de 80°C d’ouest en est.

Les formations du Trias, également inexploité jusqu’ici en Île-de-France, sont désormais mieux comprises sur le plan structurel, et trois réservoirs d’intérêt ont pu être identifiés. Des investigations complémentaires ciblées sont cependant à envisager pour améliorer la connaissance de l’architecture complexe de ces réservoirs et envisager leur exploitation en limitant considérablement les risques d’échec.

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